Définition du gros œuvre

On appelle travaux de gros œuvre toutes les interventions qui participent directement à la structure porteuse du bâtiment et à sa stabilité (résistance aux charges, au vent, aux mouvements du sol). Ils incluent généralement :

  • la mise hors d’eau (toiture) et une partie de la mise hors d’air selon les lots,
  • les éléments structurels (fondations, murs porteurs, planchers, poteaux/poutres),
  • certains travaux liés au sol (terrassement, drainage) indispensables à la pérennité.

Le gros œuvre se distingue du second œuvre qui concerne l’aménagement intérieur, l’isolation, les réseaux (électricité/plomberie), les cloisons, les finitions, etc.

Liste complète des travaux de gros œuvre

La liste exacte peut varier selon les contrats et les entreprises, mais voici les postes le plus souvent inclus dans un chantier de gros œuvre (construction neuve ou rénovation lourde).

1) Études et préparation (souvent en amont du gros œuvre)

  • Étude de sol (type G1/G2) pour dimensionner les fondations.
  • Implantation de la construction (repérage, nivellement).
  • Plans d’exécution structure (ferraillage, descentes de charges) si nécessaire.

2) Terrassement et travaux de sol

  • Décapage de la terre végétale.
  • Fouilles pour fondations (tranchées, puits).
  • Remblaiement et compactage.
  • Drainage périphérique et gestion des eaux (selon terrain).
  • Création d’accès chantier et plateformes.

3) Fondations

  • Semelles filantes ou isolées.
  • Radier (dalle de fondation).
  • Pieux ou micropieux (sol instable, surcharge).
  • Longrines et chaînages de liaison.
  • Étanchéité/anti-capillarité à la base des murs (rupture de capillarité).

4) Soubassement et dalle

  • Murs de soubassement (parpaings, béton banché).
  • Vide sanitaire (et ventilation) ou terre-plein.
  • Dallage (dalle béton) et treillis/armatures.
  • Planelles et rives, réservation des réseaux traversants.

5) Élévation des murs porteurs

  • Maçonnerie (parpaing, brique, béton cellulaire) ou béton banché.
  • Poteaux, poutres, linteaux.
  • Chaînages horizontaux et verticaux.
  • Ouvertures structurelles (création/agrandissement en rénovation) avec renforts.

6) Planchers et structures intermédiaires

  • Plancher poutrelles-hourdis (béton/terre cuite/polystyrène) + dalle de compression.
  • Dalles béton (plein, prédalles) et ferraillage.
  • Solivage et structure bois (selon conception).
  • Escaliers béton (ou structurels).

7) Charpente

  • Charpente traditionnelle (bois) ou fermettes.
  • Renforts (pannes, arbalétriers) et contreventements.
  • Reprises en rénovation (traitement, remplacement d’éléments porteurs).

8) Couverture et mise hors d’eau

  • Écran sous-toiture (selon système).
  • Couverture (tuiles, ardoises, zinc, bac acier selon région/PLU).
  • Faîtage, rives, noues, solins, abergements.
  • Gouttières et évacuations pluviales (souvent rattachées à la couverture).

9) Façades structurelles et éléments lourds

  • Enduit de façade (si prévu au lot maçonnerie) ou support d’enduit.
  • Isolation par l’extérieur sur support maçonné : parfois classée en second œuvre, mais dépend du lot.
  • Balcons, acrotères, murets et ouvrages béton.

À retenir : dès qu’un élément participe à la portance, à la stabilité ou à la mise hors d’eau, on est généralement dans le gros œuvre.

Gros œuvre vs second œuvre : ne pas confondre

La frontière n’est pas toujours parfaite, mais voici une distinction utile :

  • Gros œuvre : fondations, murs porteurs, planchers, charpente, couverture, ouvrages béton, structure.
  • Second œuvre : isolation, cloisons, menuiseries intérieures, électricité, plomberie, chauffage, ventilation, chapes, revêtements, peinture.

Un point fréquent : les menuiseries extérieures (fenêtres/portes) participent à la mise hors d’air mais sont généralement classées en second œuvre. La toiture, elle, est classée gros œuvre car elle garantit la mise hors d’eau.

Coûts : prix moyens et facteurs qui font varier le budget

Le budget de gros œuvre dépend fortement du terrain, du niveau de complexité et des choix de structure. En maison individuelle, le gros œuvre représente souvent une part majeure du coût total.

Ordres de grandeur

  • Terrassement + fondations : très variable selon sol et accès (terrain argileux, pente, évacuation des terres, pieux…).
  • Maçonnerie (élévation + planchers) : varie selon matériau (parpaing, brique, béton banché) et formes (angles, porte-à-faux).
  • Charpente + couverture : dépend du type de toiture (2 pans simple vs complexe), du matériau de couverture et des finitions (zinc, ardoise, tuiles).

Pour comparer, demandez des devis détaillés par lots (terrassement, fondations, élévation, planchers, charpente, couverture) avec quantités et hypothèses.

Principaux facteurs de prix

  • Nature du sol : nécessité d’un radier, de pieux, ou d’un drainage renforcé.
  • Accessibilité : engins, stationnement, grutage, évacuation des déblais.
  • Complexité architecturale : grandes portées, baies vitrées avec linteaux structurels, toits multiples.
  • Matériaux : parpaing vs brique, charpente traditionnelle vs fermettes, couverture ardoise/zinc.
  • Rénovation : reprises en sous-œuvre, démolition, étaiement, surprises (humidité, fissures, réseaux).

Étapes d’un chantier de gros œuvre

  1. Étude de sol et calage technique des fondations.
  2. Implantation et terrassement (fouilles, plateforme, drainage si prévu).
  3. Fondations : ferraillage, coulage, temps de prise/séchage.
  4. Soubassement puis dalle (ou plancher bas sur vide sanitaire).
  5. Élévation des murs porteurs et mise en place des linteaux/chaînages.
  6. Plancher intermédiaire (si étage) puis poursuite de l’élévation.
  7. Charpente (pose, contreventement).
  8. Couverture : écran, tuiles/ardoises/zinc, accessoires, évacuation des eaux.
  9. Mise hors d’eau validée, puis passage au second œuvre.

Les temps de séchage et la météo comptent : un planning réaliste évite de « pousser » un béton trop tôt ou de poser une couverture dans de mauvaises conditions.

Contrôles qualité et points techniques à surveiller

  • Conformité des fondations à l’étude de sol (profondeur, largeur, ferraillage).
  • Niveau et aplomb des maçonneries : un défaut se répercute sur tout le chantier.
  • Chaînages et liaisons structurelles : indispensables pour la résistance (notamment en zones ventées/sismiques).
  • Gestion de l’humidité : drainage, coupure capillaire, étanchéité des soubassements selon situation.
  • Qualité de la toiture : solins, noues, points singuliers (cheminée, fenêtre de toit).

Un bon indicateur : un devis et un chantier qui détaillent les points singuliers (jonctions, reprises, réservations) limitent les litiges et les infiltrations.

Erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Faire l’impasse sur l’étude de sol : risque de fissures, tassements, surcoûts ultérieurs. Solution : prévoir l’étude dès le départ.
  • Sous-estimer le terrassement (évacuation des terres, accès) : budget qui explose. Solution : visite de chantier et quantités chiffrées.
  • Confondre hors d’eau et hors d’air : toiture terminée ≠ maison étanche au vent. Solution : clarifier les limites de prestation.
  • Négliger les réservations (gainage, traversées, attentes) : carottages et reprises fragilisantes. Solution : coordination gros œuvre/second œuvre.
  • Choisir uniquement au prix : un gros œuvre mal réalisé coûte très cher à corriger. Solution : vérifier assurances, références, descriptif précis.

Quand faire appel à un professionnel et comment le choisir

Le gros œuvre touche à la structure : dans la grande majorité des cas, il est préférable (voire indispensable) de passer par une entreprise qualifiée, surtout en rénovation (ouverture dans mur porteur, reprise en sous-œuvre, plancher, charpente).

Critères de choix

  • Assurance décennale en cours de validité (demandez l’attestation et vérifiez l’activité couverte).
  • Devis détaillé : quantités, sections, classe de béton, ferraillage, nature des matériaux.
  • Références sur des chantiers similaires (terrain en pente, extension, surélévation).
  • Planning réaliste incluant séchages et aléas météo.
  • Coordination avec les autres lots : réservations, seuils, niveaux finis.

Et côté démarches ?

Selon les travaux : déclaration préalable ou permis de construire, respect du PLU, et parfois intervention d’un bureau d’études structure. En copropriété, des autorisations peuvent être nécessaires pour les éléments porteurs.

Conclusion

Les travaux de gros œuvre regroupent tout ce qui fait la structure et la stabilité d’un bâtiment : du terrassement aux fondations, de la maçonnerie à la charpente, jusqu’à la couverture qui met la maison hors d’eau. Bien identifier ces postes, comprendre les facteurs de prix et exiger un descriptif précis dans les devis vous aidera à sécuriser votre projet, que ce soit en construction neuve, en extension ou en rénovation lourde.

FAQ

Le gros œuvre inclut-il les fenêtres et portes ?

En général non : les menuiseries extérieures sont plutôt classées en second œuvre, même si elles participent à la mise hors d’air. Le gros œuvre couvre surtout la structure et la mise hors d’eau (toiture).

Quelle est la différence entre mise hors d’eau et hors d’air ?

Hors d’eau signifie que la toiture (et ses points singuliers) empêche les infiltrations d’eau. Hors d’air

Est-ce que l’enduit de façade fait partie du gros œuvre ?

Ça dépend des marchés et des entreprises. L’enduit peut être inclus au lot maçonnerie (donc associé au gros œuvre), mais il est souvent compté à part. Dans tous les cas, il n’est pas structurel.

Peut-on réaliser soi-même une partie du gros œuvre ?

C’est possible sur de petits ouvrages (muret non porteur, dalle de terrasse), mais dès qu’il s’agit d’éléments porteurs (fondations, murs porteurs, planchers), les risques techniques et assurantiels sont importants. Faites valider la conception et privilégiez un pro assuré.

Quels documents demander avant de signer un devis de gros œuvre ?

Demandez a minima : l’attestation de décennale, un devis quantitatif (matériaux, ferraillage, béton), les hypothèses (étude de sol, drainage), le planning et les modalités de réception de chantier.