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Définitions : gros œuvre et second œuvre
La distinction repose sur une idée simple :
- Le gros œuvre regroupe tout ce qui assure la stabilité, la solidité et la pérennité du bâtiment : la structure porteuse et l’enveloppe.
- Le second œuvre concerne les travaux qui rendent le logement habitable et confortable : isolation, réseaux, cloisons, équipements, finitions.
En pratique, un même chantier peut inclure les deux. Par exemple, une extension de maison implique des fondations (gros œuvre) puis l’isolation, l’électricité et les sols (second œuvre).
Quels travaux sont inclus ? (exemples concrets)
Travaux typiques du gros œuvre
- Terrassement : fouilles, nivellement, évacuation des terres.
- Fondations : semelles, longrines, radier selon le sol.
- Soubassement et dalle : dallage, plancher béton, vide sanitaire.
- Murs porteurs : parpaings, briques, béton banché, pierre, ossature selon le système constructif.
- Charpente : traditionnelle ou fermettes.
- Couverture : tuiles, ardoises, zinc (souvent considérée comme gros œuvre car elle protège le bâti).
- Étanchéité : toitures-terrasses, murs enterrés, points singuliers.
- Menuiseries extérieures (selon les marchés) : pose des fenêtres/portes pour « mettre hors d’eau/hors d’air ».
- Ouvertures structurelles en rénovation : création d’une baie avec linteau, pose d’IPN/HEB, reprise en sous-œuvre.
Exemple concret : si vous abattez un mur porteur pour ouvrir une cuisine sur séjour, ce n’est pas du second œuvre. Il faut un dimensionnement (ingénieur/maçon), des étais, une poutre, et parfois des fondations renforcées.
Travaux typiques du second œuvre
- Isolation : murs, combles, rampants, planchers (laine minérale, ouate, fibre de bois, etc.).
- Cloisons et doublages : placo, carreaux de plâtre, contre-cloisons techniques.
- Plomberie : alimentation, évacuations, chauffe-eau, sanitaires.
- Électricité : tableau, gaines, prises, éclairages, VDI.
- Chauffage et ventilation : radiateurs, plancher chauffant, PAC, VMC simple/double flux.
- Revêtements : carrelage, parquet, stratifié, sols souples.
- Finitions : peinture, enduits intérieurs, faïence, plinthes.
- Menuiseries intérieures : portes, placards, escaliers (souvent coordonné en second œuvre).
Exemple concret : refaire une salle de bain sans toucher aux murs porteurs est quasi intégralement du second œuvre (plomberie, étanchéité sous carrelage, cloisons, finitions).
Ordre logique des travaux et interactions
Sur un chantier, l’ordre compte autant que la nature des lots. La règle générale : on sécurise et on protège d’abord, on équipe ensuite.
Les grandes étapes (construction ou rénovation lourde)
- Études et diagnostics : plan, structure, humidité, amiante/plomb si nécessaire.
- Gros œuvre : fondations, structure, charpente, couverture.
- Mise hors d’eau : toit étanche.
- Mise hors d’air : menuiseries extérieures posées, bâtiment fermé.
- Second œuvre technique : réseaux (élec/plomberie/VMC), isolation, cloisons.
- Second œuvre de finition : sols, peinture, appareillages, sanitaires.
- Réglages et mise en service : ventilation, chauffage, conformité électrique.
Pourquoi cette logique est cruciale
- Une isolation posée avant d’avoir traité une infiltration (gros œuvre/étanchéité) peut être ruinée en quelques semaines.
- Passer la plomberie après les finitions entraîne des reprises coûteuses (carrelage, peinture, plafonds).
- Les choix de second œuvre (VMC, PAC, épaisseurs d’isolant) influencent les réservations et passages à prévoir dès le gros œuvre.
Coûts : fourchettes et facteurs de prix
Les prix varient selon la région, l’accès au chantier, la complexité, et le niveau de gamme. Voici des ordres de grandeur utiles pour vous repérer.
Gros œuvre : pourquoi c’est souvent le plus coûteux
Le gros œuvre mobilise des engins, de la main-d’œuvre qualifiée et des matériaux lourds. En construction neuve, il représente fréquemment une part importante du budget global.
- Terrassement et fondations : très dépendants du sol (argile, roche, nappe) et de l’étude géotechnique.
- Structure et maçonnerie : surface, nombre de niveaux, type de plancher.
- Charpente/couverture : complexité de toiture, matériaux, accès.
Second œuvre : le budget “qui gonfle” avec les choix
Le second œuvre peut dépasser le gros œuvre dès que vous montez en gamme (menuiseries performantes, chauffage haut rendement, finitions premium).
- Isolation/VMC : dépend de la performance visée et des contraintes (ITI/ITE, ponts thermiques).
- Électricité/plomberie : dépend du nombre de points, de la configuration et des équipements.
- Revêtements : carrelage grand format, parquet massif, finitions de peinture soignées peuvent fortement peser.
Facteurs qui font varier le prix (dans les deux cas)
- Accessibilité : centre-ville, étage sans ascenseur, ruelle étroite.
- État existant en rénovation : surprises (humidité, planchers, fissures).
- Délais : urgence = surcoûts potentiels.
- Coordination : plusieurs artisans vs entreprise générale.
Matériaux et options : ce qui change le budget
En gros œuvre
- Type de structure : parpaing (souvent économique), brique (performances), béton banché, ossature bois.
- Couverture : tuiles mécaniques, ardoise, zinc ; chaque solution a ses contraintes (pente, entretien, coût).
- Menuiseries extérieures : PVC, alu, bois, double/triple vitrage ; impact direct sur le confort et les pertes de chaleur.
En second œuvre
- Isolation : laine de verre (bon rapport coût/perf), ouate de cellulose (bon déphasage), fibre de bois (confort d’été).
- Chauffage : chaudière gaz, pompe à chaleur air/eau, poêle, plancher chauffant (coût d’installation vs économies).
- Pièces d’eau : receveur extra-plat, douche à l’italienne (étanchéité irréprochable), robinetterie encastrée.
- Finitions : niveaux de préparation des murs, qualité des peintures, choix des sols.
Erreurs fréquentes à éviter
- Confondre “c’est juste une ouverture” avec un travail léger : toucher à un porteur relève du gros œuvre et engage la sécurité.
- Oublier l’étanchéité : une toiture, une terrasse ou une salle de bain mal étanchée dégrade rapidement l’ouvrage.
- Sous-estimer la ventilation : une maison mieux isolée sans VMC adaptée = condensation, moisissures, inconfort.
- Ne pas anticiper les réseaux : passages de gaines, attentes, évacuations mal placées = reprises coûteuses.
- Choisir les finitions trop tôt ou trop tard : trop tôt, vous risquez de changer d’avis en cours de chantier ; trop tard, vous bloquez les commandes et le planning.
- Comparer des devis non comparables : absence de détails (épaisseurs d’isolant, marque de menuiseries, niveau de finition) = mauvaises surprises.
Quand faire appel à un professionnel ?
Pour un particulier, la frontière la plus importante n’est pas « je sais faire » mais « je peux le faire sans risque et en étant couvert ».
Intervention pro fortement recommandée (voire indispensable)
- Tout ce qui touche à la structure : murs porteurs, planchers, charpente, fissures évolutives, reprise en sous-œuvre.
- Étanchéité de toiture-terrasse et points singuliers.
- Électricité : mise en sécurité, tableau, conformité (et assurance en cas de sinistre).
- Plomberie encastrée et salles de bain complexes : un défaut peut rester invisible avant de provoquer des dégâts.
À minima : faites valider les points clés
Si vous réalisez une partie du second œuvre vous-même (peinture, revêtements, petites cloisons), il peut être pertinent de faire valider la conception : ventilation, épaisseurs d’isolation, passages de réseaux, compatibilité des matériaux (humidité, supports).
Conclusion
Le gros œuvre concerne la structure et l’enveloppe (stabilité, hors d’eau/hors d’air), tandis que le second œuvre rend le logement confortable et fonctionnel (isolation, réseaux, cloisons, finitions). Cette distinction vous aide à mieux lire un devis, planifier le chantier et arbitrer le budget. Pour les travaux structurels et l’étanchéité, privilégiez des professionnels qualifiés : c’est là que les erreurs coûtent le plus cher.
FAQ
La toiture fait-elle partie du gros œuvre ou du second œuvre ?
Le plus souvent, la charpente et la couverture sont rattachées au gros œuvre car elles assurent la protection du bâtiment (mise hors d’eau). Certains devis séparent néanmoins la couverture en lot à part.
Les fenêtres sont du gros œuvre ou du second œuvre ?
Selon les marchés, les menuiseries extérieures peuvent être intégrées au gros œuvre (objectif hors d’air) ou au second œuvre. L’important est de savoir à quel moment elles sont posées dans le planning.
En rénovation, abattre une cloison, c’est du gros œuvre ?
Si la cloison n’est pas porteuse, c’est généralement du second œuvre. Si elle est porteuse (ou si vous n’êtes pas certain), cela relève du gros œuvre et nécessite une étude et des précautions (étais, poutre, reprises).
Pourquoi dit-on “hors d’eau / hors d’air” ?
“Hors d’eau” signifie que le bâtiment est protégé des infiltrations (toiture étanche). “Hors d’air” signifie que l’enveloppe est fermée (menuiseries posées), limitant les entrées d’air et permettant de démarrer les travaux intérieurs dans de bonnes conditions.
Quel lot vient en premier : isolation ou électricité ?
En général, on passe d’abord les réseaux (électricité/plomberie/VMC) dans les cloisons et doublages, puis on ferme (plaques), ensuite viennent les finitions. L’isolation peut être posée en même temps que les doublages selon la technique.