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Comprendre ce qu’englobe le gros œuvre
Le gros œuvre correspond à tout ce qui assure la stabilité et la pérennité du bâtiment : portance, résistance aux charges, protection contre l’humidité et les mouvements du sol. On y trouve généralement :
- l’implantation et le terrassement (décapage, fouilles, évacuation des terres),
- les fondations (semelles filantes, radier, plots) et le béton de propreté,
- le soubassement (parpaings, blocs à bancher, vide sanitaire),
- les dalles et planchers (dalle sur terre-plein, plancher poutrelles-hourdis),
- les murs porteurs et parfois les poteaux/poutres,
- les éléments structurels (linteaux, chaînages, ferraillage),
- selon le projet : charpente, planchers intermédiaires, escaliers béton.
À l’inverse, les finitions (cloisons, isolation, électricité, revêtements) relèvent le plus souvent du second œuvre. Pour comparer des devis, vous devez être sûr que le périmètre est identique.
Décrypter la structure d’un devis : les mentions indispensables
Un bon devis de maçonnerie/gros œuvre doit être lisible et complet. Avant même de regarder le prix, vérifiez :
Les informations légales
- raison sociale, adresse, SIRET, assurance responsabilité civile et idéalement décennale,
- date d’édition, durée de validité de l’offre,
- coordonnées du client et adresse du chantier.
Le cadre contractuel
- délais d’exécution (ou planning prévisionnel),
- modalités de paiement (acompte, situations, solde),
- conditions de révision de prix (rare chez les particuliers, mais possible),
- conditions de gestion des travaux supplémentaires (avenants).
Le descriptif technique
C’est le cœur du devis : il doit détailler les ouvrages, les quantités, les unités et les matériaux. Un devis trop vague (ex. « dalle béton : forfait » sans surface/épaisseur/acier) est difficile à comparer et risqué.
Les postes à retrouver (et à vérifier) sur un devis de gros œuvre
Pour comparer, faites une checklist et cochez la présence de chaque poste avec des précisions suffisantes.
Terrassement et évacuation
- nature des opérations : décapage, fouilles, tranchées, nivellement,
- quantités (m³) et hypothèses (profondeur des fouilles),
- évacuation des déblais : volume, distance, mise en décharge,
- accès chantier (mini-pelle, camion), protection des abords.
Point clé : l’évacuation peut exploser si elle est sous-estimée ou non incluse.
Fondations et béton
- type de fondations (semelles, radier),
- classe de béton (ex. C25/30), dosage si indiqué,
- ferraillage : mention d’aciers (HA), treillis, cadres,
- profondeur hors gel et adaptation au sol (selon étude).
Si le devis ne fait aucune référence au sol (argile, remblai, pente), demandez quelles hypothèses ont été retenues.
Soubassement, vide sanitaire, drainage
- hauteur de soubassement, nombre de rangs, type de blocs,
- présence d’un vide sanitaire (hauteur, accès),
- étanchéité/rupture capillaire (arase étanche),
- drain périphérique : diamètre, géotextile, gravier, exutoire.
Le drainage n’est pas systématique, mais son absence doit être un choix justifié.
Dalles et planchers
- surface (m²), épaisseur de dalle (cm),
- polyane, isolant sous dalle le cas échéant,
- treillis soudé (type et recouvrements),
- joints de fractionnement et traitement des points singuliers.
Deux dalles « identiques » sur papier peuvent diverger fortement selon l’épaisseur, l’acier et la préparation du support.
Murs porteurs, linteaux, chaînages
- type de maçonnerie (parpaing, brique, béton banché),
- épaisseur (ex. 20 cm), surface (m²) ou métrés linéaires,
- chaînages horizontaux/verticaux, poteaux, linteaux,
- réservations (passages de gaines, évacuations) si prévues.
Attention aux devis qui comptent des surfaces mais omettent les chaînages, pourtant essentiels en structure.
Prestations annexes souvent oubliées
- installation de chantier, protections, nettoyage,
- location d’engins, grutage si nécessaire,
- étaiement, reprises en sous-œuvre (si rénovation),
- évacuation des gravats et fin de chantier.
Comparer les prix : méthode simple et facteurs de variation
Pour une comparaison de devis fiable, travaillez en trois étapes :
- Alignez le périmètre : même liste de postes, mêmes surfaces, mêmes hypothèses (accès, évacuation, niveau fini).
- Comparez ligne par ligne : quantités (m², m³, ml) puis prix unitaires. Un prix unitaire faible avec une quantité surévaluée peut masquer une hausse.
- Vérifiez les “non compris” : tout ce qui est exclu doit être écrit (ex. étude de sol, raccordements, drainage, évacuation).
Les principaux facteurs qui expliquent des écarts de prix :
- nature du sol (argile, roche, remblais) et profondeur des fondations,
- accessibilité (stationnement, accès camion toupie, pente),
- niveau de qualité (béton, aciers, blocs, traitement humidité),
- complexité (ouvertures, poutres, reprises, murs de soutènement),
- délais (urgence, phasage, disponibilité des matériaux).
Comparez aussi le mode de chiffrage : un forfait peut vous rassurer si le périmètre est clair, mais il doit être très détaillé pour éviter les surprises en avenant.
Matériaux, options et niveaux de prestation : ce qui change tout
Deux devis peuvent viser le même résultat, mais pas le même niveau de performance. Voici les points à faire préciser :
Type de maçonnerie
- Parpaing : courant et économique, performance thermique dépend de l’isolation.
- Brique : meilleure inertie/thermique selon systèmes, souvent plus chère à la pose.
- Béton banché : très robuste, pertinent pour soutènements ou contraintes structurelles.
Gestion de l’humidité
- arase étanche, enduit de soubassement, membrane,
- drainage périphérique si nécessaire,
- vide sanitaire ventilé vs dalle sur terre-plein.
Qualité du béton et des aciers
Demandez la classe de béton, le type de treillis/armatures, et si le béton est livré (toupie) ou gâché sur place. La régularité et la traçabilité sont souvent meilleures avec livraison, selon les chantiers.
Erreurs fréquentes et pièges à éviter
- Devis trop succinct : impossible de comparer, risque de “plus-values” à répétition.
- Quantités non indiquées : sans m²/m³/ml, vous ne pouvez pas vérifier le chiffrage.
- Évacuation des terres/gravas floue : poste souvent source de litiges.
- Oubli des chaînages/linteaux : peut impacter la conformité et la solidité.
- TVA incorrecte : rénovation peut relever de taux réduits sous conditions (demandez l’attestation).
- Acompte trop élevé : privilégiez un paiement par étapes (surtout sur gros chantier).
- Assurance décennale non fournie : exigez l’attestation à jour, correspondant aux travaux réalisés.
Quand demander des précisions ou faire appel à un professionnel
Demandez des éclaircissements si :
- le devis ne cite pas les hypothèses (sol, profondeur, évacuation),
- des postes structurants sont en forfait sans détail (fondations, dalle),
- les “non compris” sont nombreux ou ambigus,
- l’entreprise ne fournit pas clairement ses assurances.
Faites-vous accompagner (maître d’œuvre, architecte, ou bureau d’études selon le projet) si vous êtes sur :
- une extension avec ouverture de mur porteur,
- une rénovation avec reprise en sous-œuvre, planchers à reprendre, fissures,
- un terrain en pente, argileux, ou avec suspicion de sol hétérogène,
- un budget important où une erreur de chiffrage coûte cher.
Un professionnel peut aussi vous aider à rédiger un descriptif unique (DCE simplifié) pour obtenir des devis comparables.
Conclusion
Lire un devis de gros œuvre, c’est vérifier un périmètre et des hypothèses avant de juger un prix. Assurez-vous que les postes clés (terrassement, fondations, dalle, murs porteurs, chaînages, évacuation) sont détaillés en quantités et matériaux, puis comparez ligne par ligne. Un devis un peu plus cher mais clair, cohérent et correctement assuré vaut souvent mieux qu’une offre attractive mais floue, source d’avenants et de tensions sur chantier.
FAQ
Quels documents demander avec un devis de gros œuvre ?
Demandez l’attestation d’assurance décennale et RC à jour, un planning prévisionnel, et si possible un descriptif détaillé (ouvrages, quantités, matériaux). Pour les fondations, une étude de sol peut être déterminante.
Comment savoir si les quantités (m², m³) sont réalistes ?
Comparez avec vos plans (surface de dalle, longueurs de murs) et faites préciser les hypothèses (épaisseur de dalle, profondeur des fouilles). En cas de doute, faites valider les métrés par un maître d’œuvre.
Un devis au forfait est-il moins risqué ?
Pas forcément. Un forfait protège si le périmètre est parfaitement décrit. S’il manque des détails, l’entreprise peut facturer des plus-values via avenants pour ce qui n’était pas explicitement inclus.
Quelles lignes doivent absolument apparaître pour une dalle béton ?
Au minimum : surface, épaisseur, préparation du support (hérisson, compactage), film polyane, type d’armatures (treillis), classe de béton, et finitions (tirage/règle, lissage).
Pourquoi deux devis de maçonnerie peuvent-ils varier autant ?
Les écarts viennent souvent du sol et des fondations, de l’évacuation des terres, de l’accessibilité, et du niveau de détail (chaînages, aciers, étanchéité). Un devis détaillé révèle parfois des postes que d’autres oublient.