Les garanties liées à l’électricité dans un contrat MRH

Dans la plupart des contrats d’assurance habitation (multirisque habitation, ou MRH), l’électricité n’est pas une garantie « à part » : elle intervient au travers de plusieurs garanties, selon la cause et les conséquences du problème.

Garantie incendie

Si un court-circuit ou un défaut électrique déclenche un incendie (ou un début d’incendie), la garantie incendie peut prendre en charge :

  • les dommages aux murs, sols, plafonds, mobilier, équipements ;
  • les frais de déblai, de nettoyage, de relogement (selon contrat) ;
  • parfois les dommages causés par les fumées, la suie ou l’intervention des pompiers.

Garantie dommages électriques (option fréquente)

Souvent proposée en option ou incluse selon les formules, la garantie dommages électriques vise surtout les dégâts aux appareils électriques et électroniques (four, TV, box, ordinateur, électroménager…) après une surtension, un court-circuit ou un incident sur le réseau.

Garantie événements climatiques / tempête / foudre

Après un orage, ce n’est pas rare de subir une surtension liée à la foudre (directe ou indirecte). Selon les contrats, l’indemnisation peut passer :

  • par la garantie « foudre » intégrée à l’incendie ;
  • ou par une garantie « dommages électriques » ;
  • ou par un volet événements climatiques.

Responsabilité civile

Si un problème électrique dans votre logement cause un dommage chez un voisin (ex. départ de feu, dégât lié à une installation défaillante), votre responsabilité civile peut être mobilisée pour indemniser les tiers, sous réserve des conditions et des exclusions.

Ce que l’assurance couvre le plus souvent

Sans entrer dans le détail de chaque contrat, voici les situations généralement indemnisées lorsqu’elles sont accidentelles et correctement déclarées.

Incendie d’origine électrique

Un câble qui surchauffe, un appareil qui prend feu, un défaut dans le tableau : si l’incendie est avéré, l’assurance couvre habituellement les dommages matériels (bâtiment et/ou contenu selon votre statut occupant/locataire) et parfois des frais annexes.

Surtension après orage ou incident réseau

Une surtension peut griller des cartes électroniques et alimentations (TV, chaudière, portail, VMC, électroménager). Avec une garantie dommages électriques, l’assureur indemnise souvent :

  • la réparation de l’appareil ;
  • ou son remplacement si la réparation est impossible ou économiquement non viable ;
  • parfois les denrées du congélateur en cas de panne prolongée, si une option le prévoit.

Court-circuit et dommages aux équipements

Un court-circuit peut être local (prise, multiprise, appareil) ou lié au tableau. Selon les preuves et l’origine, l’assurance peut couvrir les dommages aux appareils et aux installations (ex. tableau brûlé) s’il s’agit d’un événement soudain.

Dommages consécutifs

Ce point est crucial : l’assureur indemnise plus facilement les conséquences d’un incident (fumées, murs noircis, mobilier détérioré) que la cause elle-même. Exemple : le remplacement d’un câble vétuste n’est pas toujours pris en charge, mais les dégâts qu’il a causés peuvent l’être.

Ce qui est souvent exclu (et pourquoi)

Beaucoup de litiges viennent d’une confusion : l’assurance couvre un sinistre, pas l’entretien normal d’un logement. Voici les exclusions fréquentes ou les cas où l’indemnisation est difficile.

Usure, vétusté et défaut d’entretien

Une prise qui se desserre, un interrupteur fatigué, un tableau ancien non adapté aux usages actuels… L’usure est généralement considérée comme prévisible. L’assureur peut refuser ou réduire l’indemnisation si le sinistre découle d’un manque d’entretien évident.

Installation non conforme ou bricolage dangereux

Un raccordement fait « au domino » dans une boîte non adaptée, un disjoncteur mal calibré, une absence de différentiel 30 mA, une mise à la terre inexistante… Une installation électrique non conforme peut entraîner :

  • une exclusion si le contrat vise le non-respect des règles de sécurité ;
  • ou une réduction d’indemnité si la non-conformité a aggravé le sinistre.

Important : non conforme ne veut pas dire automatiquement « non assuré ». Tout dépend du lien entre la non-conformité et le sinistre, et des clauses du contrat.

La panne sans dommage

Un circuit qui ne fonctionne plus, sans dégât matériel (pas de brûlure, pas d’appareil endommagé, pas d’incendie) relève souvent du dépannage, donc hors assurance, sauf assistance spécifique.

Les appareils trop anciens ou mal déclarés

Pour les équipements, l’indemnisation tient compte de la vétusté, et certains contrats limitent les remboursements pour le high-tech. Par ailleurs, des biens de valeur (home cinéma, matériel informatique professionnel) peuvent nécessiter une déclaration spécifique ou une extension.

Les travaux et malfaçons relevant d’une autre assurance

Si le problème vient de travaux récents (rénovation électrique, tableau refait), la MRH n’est pas forcément le bon interlocuteur. On peut basculer vers :

  • la garantie décennale de l’électricien (dommages graves, impropriété) ;
  • la responsabilité civile professionnelle ;
  • ou la garantie de parfait achèvement/bon fonctionnement selon le cas.

Indemnisation : franchise, vétusté, plafonds

Même quand un sinistre électrique est couvert, le montant remboursé peut être inférieur à ce que vous imaginez. Trois paramètres reviennent systématiquement.

La franchise

La franchise est la somme qui reste à votre charge. Elle peut être fixe (ex. 150 €) ou variable selon le sinistre. Un petit dommage électrique (ex. un micro-ondes HS) peut être peu intéressant à déclarer si la franchise absorbe l’indemnisation.

La vétusté (ou coefficient de dépréciation)

Les assureurs appliquent souvent une déduction pour vétusté sur les appareils et parfois sur certains éléments. Pour limiter cela, certains contrats proposent une option « valeur à neuf » sous conditions (âge maximum des biens, justificatifs, etc.).

Les plafonds et limites par catégorie

Les contrats fixent des plafonds (mobilier, objets de valeur, matériel informatique, électroménager). Vérifiez :

  • le plafond global « contenu » ;
  • les sous-plafonds pour l’électronique ;
  • les conditions de preuve (factures, photos, relevés bancaires).

Que faire en cas de sinistre électrique ?

La façon dont vous réagissez influence fortement la prise en charge. Objectif : sécuriser, limiter les dégâts, et constituer un dossier clair.

1) Sécuriser immédiatement

  1. Coupez le courant au disjoncteur général si vous suspectez un danger (odeur de brûlé, fumée, crépitements).
  2. Évacuez si nécessaire et appelez les secours en cas de départ de feu.
  3. Ne manipulez pas un tableau ou des fils endommagés : faites intervenir un électricien.

2) Conserver les preuves

  • Prenez des photos/vidéos (tableau, prise, appareil, traces de fumée).
  • Gardez les appareils endommagés (ne jetez rien avant accord).
  • Demandez un rapport d’intervention à l’électricien (cause probable, pièces remplacées, constats).

3) Déclarer rapidement à l’assureur

Déclarez le sinistre via l’espace client, par téléphone ou courrier selon les procédures. Respectez les délais indiqués au contrat (souvent autour de 5 jours ouvrés, à vérifier). Fournissez :

  • date et circonstances (orage, coupure réseau, odeur de brûlé…) ;
  • liste des biens endommagés et estimation ;
  • photos, factures, devis/diagnostic.

4) Ne pas engager de gros travaux sans accord

Vous pouvez faire des mesures conservatoires (mise en sécurité, dépannage urgent), mais évitez les travaux lourds avant le passage d’un expert si l’assureur le demande. Conservez les pièces remplacées quand c’est possible.

Prévenir les sinistres : mise en conformité et bonnes pratiques

La prévention n’est pas qu’une question de sécurité : elle réduit aussi le risque de discussion avec l’assureur sur l’origine du sinistre.

Mettre à niveau le tableau électrique

Dans un logement ancien, un tableau modernisé avec :

  • des interrupteurs différentiels 30 mA adaptés ;
  • des disjoncteurs correctement dimensionnés ;
  • un repérage clair des circuits ;
  • une protection contre les surtensions (parafoudre si pertinent) ;

améliore la sécurité et limite les dommages en cas d’incident.

Vérifier la terre et les liaisons équipotentielles

Une bonne mise à la terre protège les personnes et peut limiter certains dégâts. Dans les pièces d’eau, les liaisons équipotentielles sont essentielles.

Éviter les multiprises en cascade

Les surcharges sont une cause classique d’échauffement. Préférez :

  • des multiprises parafoudre de qualité pour l’électronique ;
  • des circuits dédiés pour four, plaques, lave-linge, sèche-linge ;
  • une prise renforcée ou une ligne adaptée pour certains usages (ex. véhicule électrique) avec installation professionnelle.

Faire un diagnostic lors d’un achat ou d’une rénovation

En cas d’achat, le diagnostic électrique donne une photographie mais ne vaut pas remise à neuf. Si vous rénovez, demandez un devis détaillé et des schémas, et conservez les factures : elles serviront en cas de sinistre.

Quand faire appel à un professionnel (et à qui) ?

Un sinistre électrique peut nécessiter plusieurs interlocuteurs.

Faire intervenir un électricien

Appelez un électricien dès que :

  • le tableau a chauffé ou présente des traces de brûlure ;
  • une prise a noirci ou fondu ;
  • le disjoncteur saute sans raison apparente ;
  • vous avez une odeur persistante de plastique brûlé.

Demandez un écrit (devis, facture, rapport). C’est souvent la pièce la plus utile pour l’assurance.

Solliciter l’assureur et l’expert

Pour des dommages importants (incendie, plusieurs appareils HS, tableau à remplacer), l’assureur peut mandater un expert. Préparez :

  • inventaire des biens ;
  • justificatifs d’achat ;
  • photos avant/après si vous en avez ;
  • devis de réparation/remplacement.

Vérifier les assurances des entreprises en cas de travaux

Si le problème fait suite à une rénovation, demandez l’attestation d’assurance (RC pro, décennale) de l’entreprise. Cela peut orienter le recours vers la bonne garantie.

Conclusion

En matière d’électricité et assurance habitation, tout se joue sur la cause du sinistre et les garanties souscrites : incendie, foudre, dommages électriques, responsabilité civile. Les conséquences d’un incident (dégâts matériels) sont souvent mieux indemnisées que la réparation d’une installation vieillissante. Pour éviter les refus, sécurisez les lieux, documentez les dommages, déclarez rapidement et conservez les justificatifs. Et surtout, une installation entretenue et modernisée (différentiels, mise à la terre, protections adaptées) reste la meilleure façon de limiter les risques… et les discussions au moment de l’indemnisation.

FAQ

L’assurance habitation rembourse-t-elle un tableau électrique à remplacer ?

Oui si le remplacement fait suite à un sinistre couvert (incendie, court-circuit avec dégâts, surtension) et selon les conditions de votre contrat. En revanche, un changement pour vétusté ou mise aux normes est généralement à votre charge.

Mes appareils ont grillé après un orage : que dois-je fournir ?

Photos, liste des appareils, factures (ou preuves d’achat), et idéalement un diagnostic/devis de réparation. Mentionnez l’orage et, si possible, toute information sur une coupure ou surtension dans le quartier.

Une simple panne électrique est-elle prise en charge ?

Le plus souvent non, sauf si votre contrat inclut une assistance dépannage (plombier/électricien) ou si la panne s’accompagne de dommages matériels couverts.

L’assureur peut-il refuser si l’installation n’est pas aux normes ?

Il peut discuter la prise en charge si une non-conformité est à l’origine du sinistre ou l’a aggravé, selon les clauses du contrat. D’où l’intérêt d’un entretien régulier et de factures de travaux réalisés par un professionnel.

Dois-je déclarer le sinistre si la franchise est élevée ?

Faites le calcul : si l’indemnisation estimée est proche ou inférieure à la franchise, la déclaration peut être peu avantageuse. En cas de doute (risque latent, début d’incendie, tableau endommagé), mieux vaut toutefois informer l’assureur.