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À quoi sert un disjoncteur différentiel ?
Un disjoncteur différentiel compare en permanence le courant qui entre dans un circuit (phase) et celui qui revient (neutre). En fonctionnement normal, ces valeurs sont identiques. Si une partie du courant “s’échappe” (fuite vers la terre, carcasse métallique d’un appareil, humidité, isolement défectueux), la différence devient détectable.
Au-delà d’un seuil, le dispositif déclenche :
- Protection des personnes : en 30 mA, il limite le risque d’électrisation/électrocution.
- Protection contre certains risques d’incendie : une fuite importante et durable peut échauffer des matériaux ; le différentiel aide à limiter ce risque.
- Mise hors tension rapide d’un circuit ou d’un ensemble de circuits en défaut.
Concrètement, si votre lave-linge présente un défaut d’isolement ou si une prise extérieure prend l’humidité, le différentiel peut couper avant qu’un contact indirect ne devienne dangereux.
Différentiel, disjoncteur, interrupteur différentiel : les différences
Les termes sont souvent confondus. Voici les distinctions utiles pour choisir le bon matériel.
Le disjoncteur (magnéto-thermique)
Le disjoncteur classique (par exemple 16 A pour des prises, 10 A pour de l’éclairage) protège surtout contre :
- Les surcharges (trop d’appareils sur le circuit) : protection thermique.
- Les courts-circuits : protection magnétique.
Il ne détecte pas les fuites de courant à la terre.
L’interrupteur différentiel (ID)
L’interrupteur différentiel protège les personnes (fuites) mais pas contre les surcharges/courts-circuits. Il doit donc être associé à des disjoncteurs divisionnaires en aval.
Le disjoncteur différentiel (DD)
Le disjoncteur différentiel combine les deux fonctions :
- Différentiel (fuite à la terre)
- Disjoncteur (surcharge et court-circuit)
Il est souvent utilisé pour protéger un circuit précis (ou un sous-tableau) avec un seul appareil, particulièrement pratique quand on manque de place ou pour certains usages spécifiques.
Les critères pour bien choisir
Pour choisir un disjoncteur différentiel adapté, raisonnez avec ces critères, dans cet ordre :
- La sensibilité différentielle (IΔn) : 30 mA le plus souvent en logement.
- Le type (AC, A, F…) : selon les appareils alimentés.
- Le calibre (A) : en fonction du circuit et des conducteurs.
- Le pouvoir de coupure (kA) : selon le point d’installation et les exigences usuelles en habitation.
- La compatibilité tableau : marque/peigne, format modulaire, bornes auto, etc.
En France, l’objectif est de rester cohérent avec les bonnes pratiques et les exigences de la norme NF C 15-100 (notamment pour les différentiels 30 mA en logement).
Types AC, A, F : quel type pour quel usage ?
Le “type” indique la forme des courants de défaut détectés. Certains appareils (électroniques, variateurs, alimentations à découpage) génèrent des composantes continues ou des signaux qui nécessitent un type spécifique.
Type AC
Détecte les défauts en courant alternatif sinusoïdal. Adapté à de nombreux circuits courants :
- éclairage
- prises “générales” sans appareils sensibles
- circuits simples (hors gros électroménager moderne)
Type A
Détecte l’alternatif + des composantes continues pulsantes. Recommandé pour des circuits alimentant des appareils avec électronique de puissance, par exemple :
- plaque de cuisson
- lave-linge
- prise de recharge (selon configuration) et certains équipements avec variateur
Type F (ou “HPI/Si” selon fabricants)
Plus tolérant aux déclenchements intempestifs et adapté aux appareils sensibles (moteurs, variateurs, froid). Il peut être pertinent pour :
- congélateur / réfrigérateur (pour éviter une coupure inopinée)
- pompe à chaleur, pompe de piscine
- matériel informatique ou équipements générant des perturbations
Ce type est plus cher. On le réserve généralement aux circuits où une coupure a des conséquences importantes (perte de denrées, arrêt de chauffage) ou quand on a déjà constaté des déclenchements intempestifs avec un type standard.
Calibre, sensibilité et sélectivité : comment dimensionner
1) La sensibilité différentielle (30 mA, 300 mA…)
En habitation, la sensibilité la plus courante pour la protection des personnes est 30 mA. Elle permet une coupure rapide en cas de défaut d’isolement susceptible de faire passer un courant dangereux dans le corps humain.
Les sensibilités plus élevées (100 mA, 300 mA) se rencontrent plutôt en tête d’installation ou dans des contextes particuliers, mais ne remplacent pas la protection 30 mA sur les circuits de logement.
2) Le calibre (en ampères)
Le calibre correspond au courant maximal que le disjoncteur différentiel peut laisser passer sans déclencher en surcharge (et qu’il est capable de protéger). Il doit être cohérent avec :
- la section des conducteurs (ex. 1,5 mm², 2,5 mm²…)
- le type de circuit (prises, chauffage, plaque, etc.)
- le disjoncteur en amont et l’architecture du tableau
Exemples courants en logement : 16 A pour un circuit prises dédié modeste, 20 A pour prises/électroménager, 32 A pour une plaque de cuisson (selon ligne dédiée et section adaptée). En cas de doute, partez de la logique “circuit” : un disjoncteur différentiel destiné à un seul circuit prend généralement le calibre du circuit.
3) Pouvoir de coupure (kA)
Le pouvoir de coupure indique la capacité à interrompre un court-circuit important. En résidentiel, on rencontre fréquemment des valeurs du type 6 kA ou plus, selon les gammes. Choisissez un appareil conforme et dimensionné pour l’installation ; si votre tableau est en rénovation complète, faites valider ce point par un électricien.
4) Sélectivité et répartition des circuits
Une bonne conception évite qu’un seul défaut coupe toute la maison. Même avec un disjoncteur différentiel, réfléchissez à la répartition :
- isoler les circuits “critiques” (congélateur, chauffage) sur une protection dédiée
- ne pas regrouper trop de circuits sensibles sous le même différentiel
- prévoir plusieurs protections différentielles dans le tableau (plutôt que tout sur une seule)
Prix : combien coûte un disjoncteur différentiel ?
Le prix varie surtout selon le type (AC/A/F), le calibre, la marque et les options (bornes automatiques, sélectif, immunisé). En ordre de grandeur :
- Type AC 30 mA : souvent ~40 à 120 €
- Type A 30 mA : souvent ~60 à 160 €
- Type F (HPI/Si) 30 mA : souvent ~120 à 250 € (voire plus)
À cela peut s’ajouter la main-d’œuvre si vous faites intervenir un professionnel. Sur une intervention simple (remplacement à l’identique dans un tableau accessible), comptez fréquemment une heure ou deux, plus déplacement. En rénovation, le coût dépendra surtout du temps de remise en conformité et de la réorganisation du tableau.
Installation : étapes et points de vigilance
Travailler dans un tableau électrique comporte des risques. Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’électricité, mieux vaut confier la pose à un électricien. Pour comprendre la logique d’installation, voici les grandes étapes.
Étapes générales
- Couper l’alimentation au disjoncteur général et vérifier l’absence de tension (testeur adapté).
- Identifier le circuit à protéger (et la section des fils), puis choisir le type et le calibre du disjoncteur différentiel.
- Repérer phase/neutre et le câblage existant (notamment si le tableau a été modifié au fil des années).
- Installer le module sur le rail DIN, raccorder l’amont et l’aval selon le schéma fabricant.
- Vérifier le serrage des bornes (couple recommandé) et la propreté des conducteurs.
- Remettre sous tension et tester avec le bouton “T”.
- Étiqueter clairement le circuit protégé dans le tableau.
Points de vigilance
- Respect des sections et du calibre : un mauvais dimensionnement peut entraîner des échauffements ou des déclenchements intempestifs.
- Compatibilité avec les peignes d’alimentation du tableau : selon les marques, l’assemblage peut varier.
- Neutres bien séparés : un neutre partagé entre circuits ou mélangé entre différentiels provoque des déclenchements.
- Mise à la terre : le différentiel est efficace dans une installation correctement mise à la terre ; vérifiez la continuité de terre.
Entretien et tests à faire
Un disjoncteur différentiel comporte un bouton de test (souvent marqué T). Il simule un défaut pour vérifier le déclenchement.
- Testez régulièrement (par exemple 1 fois par mois ou par trimestre, selon recommandations du fabricant et vos habitudes).
- Si le test ne déclenche pas : coupez l’installation, ne prenez pas de risque et faites contrôler/remplacer l’appareil.
- Si ça déclenche souvent : cherchez un appareil en défaut (chauffe-eau, lave-linge, prise extérieure), ou un mélange de neutres.
En cas de travaux, d’ajout d’un gros appareil ou d’humidité inhabituelle, un contrôle est particulièrement pertinent.
Erreurs fréquentes (et comment les éviter)
Choisir le mauvais type (AC au lieu de A, ou inversement)
Résultat : déclenchements aléatoires ou protection moins adaptée. Pour les équipements avec électronique de puissance (plaque, lave-linge), privilégiez souvent le type A.
Sous-dimensionner le calibre
Un calibre trop faible déclenche en usage normal. À l’inverse, sur-dimensionner sans cohérence avec la section des fils est dangereux. Dimensionnez en fonction du circuit et des conducteurs.
Mélanger les neutres entre protections
C’est l’une des causes n°1 de déclenchements “incompréhensibles” après une modification du tableau. Chaque différentiel doit retrouver “son” neutre.
Oublier la logique de répartition
Mettre trop de circuits sur une seule protection augmente l’impact d’un défaut. Répartissez les circuits et isolez les usages critiques.
Négliger l’humidité et l’extérieur
Prises de jardin, éclairage extérieur, dépendances : utilisez du matériel adapté (IP, boîtiers), contrôlez les infiltrations et les raccordements.
Quand faire appel à un professionnel ?
Un électricien est recommandé si :
- vous n’êtes pas certain de l’identification des circuits (ou du câblage phase/neutre)
- le tableau est ancien (porte-fusibles, repérage absent, terre incertaine)
- vous subissez des déclenchements répétés et devez diagnostiquer une fuite
- vous rénovez une cuisine/salle de bain ou ajoutez des équipements puissants (plaque, chauffe-eau, borne)
- vous visez une mise en conformité globale (sécurité, protection différentielle, répartition)
Au-delà de la pose, le professionnel apporte un vrai plus sur le diagnostic (mesure d’isolement, contrôle de terre, repérage des neutres, vérification de serrages et échauffements).
Conclusion
Le disjoncteur différentiel est une protection essentielle : il détecte les fuites de courant, protège les personnes et complète la sécurité contre les surintensités. Pour bien le choisir, partez d’un besoin clair : sensibilité 30 mA en logement, type AC/A/F selon les appareils alimentés, et calibre cohérent avec le circuit et la section des conducteurs. En cas de doute, de tableau ancien ou de déclenchements inexpliqués, un électricien vous évitera des erreurs coûteuses et surtout des risques.
FAQ
Quelle est la différence entre interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel ?
L’interrupteur différentiel protège uniquement contre les fuites de courant (différentiel). Le disjoncteur différentiel protège à la fois contre les fuites et contre les surcharges/courts-circuits.
Pourquoi mon différentiel saute-t-il quand il pleut ?
Souvent à cause d’une infiltration ou d’humidité sur un circuit extérieur (prise, luminaire, boîte de dérivation). Vérifiez l’étanchéité, l’indice IP et l’état des connexions. Un diagnostic d’isolement peut être nécessaire.
Type A obligatoire : pour quels appareils ?
Le type A est fortement conseillé pour les circuits alimentant des appareils avec électronique de puissance (par exemple plaque de cuisson, lave-linge). Il gère mieux certains défauts que le type AC.
Quel calibre choisir pour un disjoncteur différentiel ?
Choisissez un calibre adapté au circuit (et à la section des fils). Par exemple, un circuit prises est souvent protégé en 16 A ou 20 A selon la configuration ; une plaque peut être en 32 A sur une ligne dédiée.
Comment tester un disjoncteur différentiel ?
Appuyez sur le bouton de test “T” : l’appareil doit déclencher immédiatement. Si ce n’est pas le cas, faites contrôler et remplacer si nécessaire.
Un disjoncteur différentiel peut-il remplacer tous les disjoncteurs du tableau ?
Non, pas forcément. Vous pouvez protéger un circuit ou un ensemble avec des disjoncteurs différentiels, mais l’architecture du tableau, la répartition des circuits et le coût font que l’on combine souvent interrupteurs différentiels + disjoncteurs divisionnaires.