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Comprendre la surcharge électrique
On parle de surcharge quand l’intensité demandée par les appareils (en ampères) dépasse l’intensité admissible du circuit (câbles + protections). Par exemple, un circuit prises protégé en 16 A ne doit pas être sollicité au-delà : sinon, les conducteurs chauffent, l’isolant vieillit plus vite et les protections déclenchent.
Surcharge, court-circuit, défaut d’isolement : ne pas confondre
- Surcharge : trop de puissance demandée trop longtemps (radiateurs, chauffe-eau, cuisine, multiprises chargées).
- Court-circuit : contact direct entre phase et neutre (ou phase et terre), déclenchement immédiat et souvent violent.
- Défaut d’isolement : fuite de courant vers la terre (souvent détectée par un interrupteur différentiel 30 mA).
Ces situations peuvent se ressembler (disjonction), mais les causes et les corrections ne sont pas les mêmes.
Signes qui doivent vous alerter
Certains symptômes sont typiques d’une surcharge électrique ou d’un circuit trop sollicité :
- Disjoncteur ou fusible qui saute lorsque plusieurs appareils fonctionnent en même temps (four + bouilloire + chauffage, par exemple).
- Prises ou multiprises chaudes au toucher, surtout après 10 à 20 minutes d’usage.
- Odeur de plastique chauffé ou de brûlé près d’une prise, d’un tableau, d’un radiateur électrique.
- Traces noires autour d’une prise, d’un interrupteur ou d’une fiche.
- Variations d’éclairage (lumières qui baissent quand un appareil démarre), signe d’un réseau sollicité ou d’un mauvais serrage.
- Grésillement dans une prise, une multiprise ou au tableau (souvent lié à un mauvais contact qui chauffe).
Si vous constatez une odeur de brûlé, une prise anormalement chaude ou des marques noircies, coupez l’alimentation du circuit concerné et n’attendez pas.
Dangers : ce que vous risquez vraiment
Une surcharge n’est pas seulement « gênante » : c’est une situation à risque.
Risque d’échauffement et d’incendie
Quand un circuit est trop chargé, les conducteurs chauffent. Si les protections ne sont pas adaptées, si un serrage est mauvais, ou si une multiprise bas de gamme est sollicitée au-delà de sa capacité, la chaleur peut dégrader l’isolant et déclencher un départ de feu.
Dégradation du matériel électrique
Les prises, dominos, bornes de tableau et multiprises s’usent plus vite. Les appareils sensibles (informatique, électronique) peuvent aussi souffrir de microcoupures répétées.
Coupures répétées et inconfort
Au-delà de la sécurité, les disjonctions à répétition indiquent que l’installation n’est plus dimensionnée pour vos usages actuels (chauffage électrique, cuisine équipée, télétravail).
Causes fréquentes dans un logement
- Trop d’appareils sur une même ligne : cuisine (four, micro-ondes, lave-vaisselle) ou salon (chauffage d’appoint, box, TV, console).
- Usage intensif de multiprises et rallonges en cascade.
- Circuits sous-dimensionnés (section de câble insuffisante, anciennes installations).
- Tableau électrique vieillissant : protections mal calibrées, absence de différentiel adapté, connexions desserrées.
- Ajouts successifs (radiateurs, clim, chauffe-eau) sans création de circuits dédiés.
Dans beaucoup de logements, le problème n’est pas un appareil « trop puissant » mais une répartition des charges mal pensée par rapport à la vie moderne.
Solutions efficaces (et dans quel ordre)
1) Réduire la charge et mieux répartir les usages
- Évitez de faire fonctionner en même temps des appareils très consommateurs sur le même circuit (chauffage d’appoint + cuisson + bouilloire).
- Débranchez les appareils inutiles sur une multiprise et limitez les « prises en grappe ».
- Utilisez plusieurs prises murales sur des circuits différents (si disponibles), plutôt qu’une seule multiprise saturée.
2) Identifier le circuit en cause
Notez quel disjoncteur déclenche au tableau et quels appareils étaient en marche. Si le déclenchement se produit toujours dans la même configuration, vous avez une piste claire. Attention : un déclenchement de l’interrupteur différentiel n’indique pas forcément une surcharge, mais plutôt une fuite à la terre.
3) Sécuriser les points de connexion
Une surcharge devient plus dangereuse en présence d’un mauvais serrage (borne de prise, connexion au tableau). Si vous n’êtes pas à l’aise, ne démontez pas : une vérification par un électricien peut éviter des échauffements localisés.
4) Créer des circuits dédiés
Les appareils gourmands doivent idéalement avoir leur ligne :
- four et plaque de cuisson (souvent circuits dédiés),
- lave-linge et lave-vaisselle,
- chauffe-eau,
- radiateurs électriques (par zones),
- climatisation ou pompe à chaleur.
Ajouter un circuit dédié réduit fortement le risque de surcharge et améliore le confort (moins de disjonctions).
5) Mettre à niveau le tableau électrique
Un tableau modernisé avec des protections correctement dimensionnées (disjoncteurs adaptés, interrupteurs différentiels 30 mA, repérage clair) augmente la sécurité et facilite le diagnostic. Dans une installation ancienne, une mise en sécurité ciblée peut déjà corriger les points critiques (protections, terre, sections, connexions).
6) Adapter la puissance souscrite si nécessaire
Si c’est le disjoncteur général (ou le disjoncteur de branchement) qui coupe quand vous utilisez plusieurs appareils, le problème peut venir d’une puissance d’abonnement trop faible (kVA). Un ajustement peut être utile, mais ce n’est pas une solution si votre installation intérieure est mal dimensionnée.
Coûts et facteurs de prix
Le budget dépend de la cause (simple répartition vs travaux électriques). Ordres de grandeur courants :
- Diagnostic / recherche de cause par un électricien : souvent facturé au déplacement + temps passé.
- Ajout d’une ligne dédiée (câble, protection au tableau, saignées ou goulottes, raccordements) : variable selon la distance et les finitions à reprendre.
- Remplacement ou rénovation partielle du tableau : dépend du nombre de rangées, des différentiels, et de l’état de l’existant.
- Mise aux normes / rénovation plus complète : augmente si la terre est à créer, si les sections sont à reprendre, ou si l’accessibilité est difficile.
Les principaux facteurs de prix : longueur des câbles, type de pose (encastrée vs apparente), accès (combles, vide sanitaire), nombre de circuits à créer, et remise en état (plâtre, peinture, carrelage).
Prévention et entretien
- Évitez les multiprises en cascade et privilégiez des multiprises de qualité avec interrupteur et protection, sans dépasser la puissance indiquée.
- Surveillez les appareils de chauffage d’appoint (gros consommateurs) : branchement direct sur prise murale, pas sur rallonge enroulée.
- Testez les interrupteurs différentiels (bouton « test ») régulièrement selon les recommandations du fabricant.
- Faites vérifier le tableau si vous avez une installation ancienne, des déclenchements inexpliqués ou un échauffement.
Erreurs courantes à éviter
- Remplacer un disjoncteur par un calibre plus élevé « pour que ça tienne » : dangereux si la section de câble n’est pas adaptée.
- Ignorer une prise chaude ou une odeur de plastique : c’est un signal d’alerte.
- Utiliser une rallonge enroulée avec un appareil puissant : l’échauffement est accentué.
- Brancher des chauffages sur multiprise : risque de surchauffe et de déformation des contacts.
- Faire des raccordements improvisés (dominos mal serrés, fils dénudés, boîtes non fermées).
Quand faire appel à un professionnel
Faites intervenir un électricien si :
- la disjonction est fréquente et ciblée sur un circuit précis,
- vous observez des traces de chauffe, une odeur de brûlé ou un grésillement,
- vous devez créer un ou plusieurs circuits dédiés,
- le tableau électrique est ancien, non repéré, ou manifestement saturé,
- vous envisagez d’augmenter la puissance des usages (nouveaux radiateurs, plaque induction, borne de recharge).
Un pro pourra mesurer les intensités, vérifier les sections, contrôler les serrages et proposer une solution durable, conforme aux bonnes pratiques.
Conclusion
Une surcharge électrique se repère souvent par des disjonctions, des prises chaudes ou des odeurs inhabituelles. Les dangers sont réels : échauffement, dégradation des connexions, et risque d’incendie. Commencez par réduire et répartir les usages, puis identifiez le circuit responsable. Si le problème persiste, la solution la plus fiable consiste généralement à créer des circuits dédiés et à mettre à niveau le tableau électrique. Dès qu’il y a un signe de chauffe, la prudence impose de couper le circuit et de faire contrôler l’installation.
FAQ
Comment savoir si c’est une surcharge ou un court-circuit ?
Une surcharge apparaît souvent quand plusieurs appareils fonctionnent en même temps et peut déclencher après quelques minutes. Un court-circuit provoque en général un déclenchement immédiat dès la mise en route.
Est-ce dangereux si le disjoncteur saute : il protège, non ?
Le disjoncteur protège, mais des échauffements peuvent survenir avant le déclenchement, surtout en cas de mauvais serrage, de multiprise surchargée ou de matériel vieillissant. Des déclenchements répétés doivent être pris au sérieux.
Puis-je mettre un disjoncteur plus fort pour éviter les coupures ?
Non, pas sans étude : augmenter le calibre peut laisser passer trop de courant pour la section de câble et créer un risque d’incendie. Il faut plutôt redistribuer les charges ou créer un circuit dédié.
Une multiprise avec interrupteur suffit-elle à éviter la surcharge ?
Non. Elle facilite la coupure, mais n’augmente pas la capacité du circuit. La limite reste celle de la prise, de la multiprise et du circuit (câbles + disjoncteur).
Pourquoi mes lumières baissent quand le four démarre ?
Cela peut indiquer un circuit sollicité ou une connexion mal serrée. Si le phénomène est nouveau ou s’accompagne de grésillements/échauffements, faites vérifier le tableau et les raccordements.