Prix d’une rénovation de salle de bains : fourchettes et facteurs

Le coût d’une rénovation dépend surtout du niveau de transformation (simple rafraîchissement ou reprise complète), de la surface, des contraintes techniques et du niveau de gamme des équipements. En France, on raisonne souvent en fourchettes au m², puis on affine selon les postes.

Fourchettes de prix courantes

  • Rafraîchissement (sans modifier la plomberie) : peinture, remplacement meuble/miroir, robinetterie, luminaires, joints… 300 à 800 € / m².
  • Rénovation partielle : remplacement douche/baignoire, revêtements, quelques ajustements de plomberie/électricité : 800 à 1 500 € / m².
  • Rénovation complète : dépose totale, reprise plomberie/électricité, étanchéité, carrelage, ventilation, équipements neufs : 1 500 à 2 800 € / m² (voire plus en haut de gamme).

Exemples rapides : pour une salle de bains de 5 m², un budget peut aller d’environ 4 000 € (partiel) à 12 000–14 000 € (complet, prestations soignées).

Ce qui fait varier le prix

  • Déplacement des arrivées/évacuations : toucher à la plomberie est un des principaux postes de surcoût.
  • Type de douche : une douche à l’italienne demande une mise en œuvre précise (pente, étanchéité, caniveau/siphon).
  • Revêtements : grand format, pierre naturelle, zellige, panneaux muraux haut de gamme… influencent fortement la main-d’œuvre.
  • État du support : murs irréguliers, plancher fragile, ancien carrelage difficile à déposer.
  • Ventilation : création ou amélioration (VMC, extracteur) indispensable pour éviter les moisissures.
  • Accessibilité du chantier : étages sans ascenseur, stationnement difficile, délais imposés.

Comment construire votre budget poste par poste

Pour éviter les mauvaises surprises, décomposez votre budget. Cela facilite aussi la comparaison des devis de rénovation.

Les principaux postes

  • Dépose et évacuation (sanitaires, carrelage, cloisons éventuelles) : 500 à 2 000 € selon complexité.
  • Plomberie (alimentation, évacuation, robinetterie, bâti-support WC si besoin) : 1 000 à 4 000 €.
  • Électricité (prises, éclairage, normes, chauffe-serviettes) : 500 à 2 000 €.
  • Étanchéité (SPEC/SEL, bandes, angles, receveur) : 300 à 1 500 € selon surfaces.
  • Revêtements (carrelage/sol, faïence, pose) : 1 000 à 5 000 € selon choix et formats.
  • Sanitaires (douche/baignoire, meuble vasque, WC, paroi, accessoires) : 800 à 6 000 €.
  • Ventilation et chauffage : 200 à 1 500 €.
  • Finitions (peinture adaptée, joints, silicone, accessoires) : 200 à 1 000 €.

Prévoir une marge

Ajoutez une marge de 10 à 15 % pour les imprévus : support à reprendre, fuite découverte, remplacement d’un siphon, délai d’approvisionnement, etc. Sur une rénovation complète, cette réserve est souvent ce qui permet de rester serein.

TVA et aides : à connaître

Pour un logement de plus de 2 ans, certains travaux réalisés par une entreprise peuvent bénéficier d’une TVA réduite (selon la nature des travaux). Les aides sont plus rares que pour l’isolation, mais des dispositifs existent pour l’adaptation du logement (salle de bains PMR, douche sécurisée) selon votre situation.

Les étapes d’une rénovation réussie

Une rénovation de salle de bains se gagne sur l’anticipation : plans, choix techniques, commandes, et enchaînement logique des corps de métier.

1) Diagnostic et définition du projet

  • Mesurez précisément la pièce (hauteur, recoins, emplacement fenêtres).
  • Repérez les réseaux existants (arrivées d’eau, évacuations, tableau électrique, ventilation).
  • Listez vos besoins : douche/baignoire, double vasque, rangements, buanderie, WC.
  • Fixez un niveau de gamme réaliste et une enveloppe budgétaire.

2) Conception : plan et implantation

Optimisez la circulation : dégagement devant vasque et douche, sens d’ouverture des portes, emplacement du sèche-serviettes. Si vous changez l’emplacement des sanitaires, validez la faisabilité : pentes d’évacuation, diamètre des tubes, hauteur disponible au sol (crucial pour une douche à l’italienne).

3) Choix des matériaux et commandes

Anticipez les délais : certains carrelages ou meubles demandent plusieurs semaines. Vérifiez la compatibilité (colle, support, étanchéité) et commandez une marge de carrelage (souvent +10 %).

4) Dépose et préparation

  • Protection des zones de passage, coupure eau/électricité si nécessaire.
  • Dépose des équipements et revêtements.
  • Reprise des supports : ragréage, réparation des murs, traitement humidité si besoin.

5) Réseaux : plomberie et électricité

C’est le cœur technique. Les alimentations et évacuations sont posées/ajustées, puis testées avant de refermer. Côté électricité, respectez les volumes de sécurité, l’éclairage, et prévoyez des prises adaptées (meuble vasque, miroir, lave-linge si présent).

6) Étanchéité et douche

En zone humide (douche, pourtour baignoire), l’étanchéité n’est pas une option. Mise en place du système (SPEC/SEL) avec traitement des angles, passages de tuyaux, et raccords. Pour une douche à l’italienne : pente régulière, siphon/caniveau accessible, et choix de revêtement antidérapant.

7) Revêtements, pose des sanitaires et finitions

  • Pose du carrelage/sol, joints.
  • Installation receveur/baignoire, paroi, meuble vasque, robinetterie.
  • Silicones sanitaires, peinture pièce humide, accessoires.

8) Réception et contrôles

  • Vérifiez l’absence de fuite (siphons, raccords, évacuations).
  • Contrôlez pentes d’écoulement et étanchéité apparente (pas de stagnation).
  • Testez VMC/extracteur, éclairages, prises, chauffe-serviettes.
  • Inspectez la qualité des joints et finitions (angles, pied de paroi, pourtour vasque).

Matériaux et options : comment choisir

Douche : receveur ou italienne ?

  • Receveur extra-plat : souvent plus simple et moins risqué qu’une italienne, très bon compromis esthétique/budget.
  • Douche à l’italienne : superbe et accessible, mais exige une étanchéité impeccable et une gestion de pente parfaite. À privilégier si la configuration le permet.

Revêtements : carrelage, panneaux, peinture

  • Carrelage : durable, large choix. Le grand format réduit les joints mais demande une pose soignée et un support plan.
  • Panneaux muraux (stratifiés, composites) : pose rapide, moins de joints, intéressant en rénovation.
  • Peinture spéciale pièces humides : adaptée hors zones de ruissellement direct, économique.

Robinetterie et économie d’eau

Une robinetterie de qualité limite les fuites et améliore le confort. Recherchez : cartouche céramique fiable, limiteur de débit, mitigeur thermostatique en douche pour la sécurité et la stabilité de température.

Ventilation : le poste qu’on regrette d’avoir négligé

Une ventilation efficace évite condensation, moisissures et dégradation des joints. Si vous n’avez pas de VMC, un extracteur temporisé peut être une solution. Pensez aussi aux entrées d’air et au détalonnage de porte si nécessaire.

Confort et accessibilité

  • Sol antidérapant (classement adapté) surtout en douche.
  • Barres d’appui et siège rabattable si besoin.
  • Hauteur du meuble vasque, éclairage renforcé au miroir.

Entretien et durabilité après travaux

Une salle de bains bien rénovée doit rester saine et belle pendant des années. Quelques habitudes prolongent la durée de vie des finitions.

  • Aérez systématiquement après la douche (VMC en continu si possible).
  • Raclez les parois pour limiter calcaire et traces.
  • Surveillez les silicones : un joint qui noircit ou se décolle doit être refait rapidement.
  • Nettoyez sans abrasif sur robinetterie et parois (éviter éponges grattantes).
  • Vérifiez les siphons : un écoulement lent annonce souvent un début d’obstruction.

Erreurs à éviter absolument

1) Sous-estimer l’étanchéité

L’erreur la plus coûteuse : penser que le carrelage suffit. En réalité, c’est l’étanchéité sous carrelage et le traitement des points singuliers (angles, traversées) qui protègent le bâti.

2) Déplacer la plomberie sans valider les pentes

Une évacuation mal conçue entraîne mauvais écoulement, odeurs, bruits, voire débordements. Avant de déplacer douche/vasque, validez le cheminement et la pente possible, surtout en appartement.

3) Choisir des matériaux inadaptés à l’humidité

Certains meubles gonflent, certaines peintures cloquent, certains sols deviennent glissants. Vérifiez la compatibilité « pièce humide » et privilégiez les solutions éprouvées en zone d’eau.

4) Négliger l’éclairage et les prises

Une salle de bains confortable combine un éclairage général, un éclairage miroir sans ombre, et des prises bien placées (dans le respect des volumes). Trop souvent, on le découvre une fois les murs fermés.

5) Oublier les détails qui font le quotidien

  • Manque de rangement (serviettes, produits).
  • Paroi trop courte (projections d’eau).
  • WC trop proche d’un meuble ou circulation gênée.
  • Absence de trappe d’accès pour certains équipements (selon configuration).

6) Comparer des devis sans vérifier le périmètre

Deux devis peuvent sembler très différents car ils n’incluent pas les mêmes éléments : dépose/évacuation, étanchéité, qualité des marques, reprises de supports, ventilation, finitions. Demandez un descriptif détaillé poste par poste.

Quand faire appel à un professionnel

Vous pouvez réaliser certains travaux (peinture, montage de meuble, pose d’accessoires) si vous êtes à l’aise. En revanche, il est fortement recommandé de confier à des professionnels :

  • La plomberie (réseaux, étanchéité des raccords, évacuations).
  • L’étanchéité en zone douche/baignoire, particulièrement pour une douche à l’italienne.
  • L’électricité en salle de bains (volumes de sécurité, protection, conformité).
  • La pose de carrelage complexe (grands formats, pentes, niches, coupes techniques).

Bon réflexe : privilégiez une entreprise qui propose un planning clair, des références de chantiers similaires, et un devis détaillé mentionnant les produits (marques/références) et la méthode d’étanchéité.

Conclusion

Réussir une rénovation de salle de bains, c’est équilibrer esthétique, contraintes techniques et budget. En définissant clairement votre projet, en chiffrant chaque poste (avec une marge), et en sécurisant les points critiques comme l’étanchéité, la ventilation et les pentes d’évacuation, vous évitez l’essentiel des mauvaises surprises. Prenez le temps de comparer des devis détaillés et, dès que la configuration devient technique, entourez-vous de professionnels : la salle de bains est une pièce où la qualité d’exécution se voit… et se vérifie sur la durée.

FAQ

Quel est le prix moyen pour refaire une salle de bains de 5 m² ?

Selon le niveau de rénovation, comptez généralement 4 000 à 14 000 €. Un rafraîchissement coûte moins cher, tandis qu’une rénovation complète avec douche, carrelage et reprise des réseaux se situe souvent entre 8 000 et 12 000 €.

Combien de temps durent les travaux d’une salle de bains ?

Pour une rénovation complète, prévoyez en moyenne 1 à 3 semaines selon la complexité, les temps de séchage (étanchéité, ragréage, joints) et la coordination des corps de métier.

Douche à l’italienne : est-ce plus cher qu’un receveur ?

Souvent oui, car elle demande un travail plus précis (pente, siphon/caniveau, étanchéité). Un receveur extra-plat offre un rendu moderne avec une mise en œuvre généralement plus simple et économique.

Peut-on poser du parquet dans une salle de bains ?

C’est possible avec des solutions adaptées (parquet pont de bateau, essences stables, finition marine), mais cela demande une pose et un entretien rigoureux. Pour la plupart des projets, un sol vinyle de qualité ou un carrelage antidérapant est plus simple à vivre.

Faut-il obligatoirement une VMC dans une salle de bains ?

Une ventilation efficace est essentielle pour limiter l’humidité et les moisissures. Une VMC est la solution la plus courante, mais un extracteur temporisé peut convenir selon la configuration. L’important est d’assurer un renouvellement d’air réel.