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Pourquoi l’électricité passe souvent en priorité
Rénover une maison ancienne implique d’ouvrir des murs, refaire des cloisons, isoler, revoir la plomberie, changer les menuiseries… L’électricité doit être pensée tôt, car elle dépend de la structure (passage des gaines), des futurs usages (cuisine équipée, chauffage, domotique) et des finitions.
- Sécurité : câbles vieillissants, absence de terre, protections inadaptées peuvent entraîner surchauffe, électrisation ou incendie.
- Coût global optimisé : passer les gaines avant les doublages et enduits évite de casser du neuf.
- Confort moderne : prises insuffisantes, mauvais emplacement des points lumineux, manque de circuits dédiés (four, plaques, lave-linge) pénalisent au quotidien.
- Compatibilité avec l’isolation : une isolation intérieure crée des vides techniques utiles pour le câblage si on l’anticipe.
Comment savoir si l’installation est à refaire
Avant toute décision, faites un état des lieux sérieux. Un diagnostic électrique est obligatoire pour une vente si l’installation a plus de 15 ans, mais même hors vente, il reste un excellent point de départ.
Signes typiques d’une installation vétuste
- Tableau électrique ancien (porte-fusibles), absence d’interrupteurs différentiels 30 mA.
- Prises sans terre, ou terre présente uniquement dans certaines pièces.
- Conducteurs en tissu, isolants craquelés, boîtes de dérivation accessibles et chargées.
- Multiprises partout, rallonges permanentes : signe de manque de prises.
- Disjonctions fréquentes, échauffement d’appareillages, odeur de brûlé.
- Absence de liaisons équipotentielles dans la salle de bain.
Les points de contrôle essentiels
Pour une maison ancienne, on vérifie notamment :
- La présence d’une prise de terre et la valeur de résistance.
- La protection des circuits (disjoncteurs) et la présence de différentiels.
- Le nombre et le découpage des circuits (éclairage, prises, gros appareils).
- Le respect des volumes dans la salle d’eau et la qualité des raccordements.
Dans quel ordre refaire l’électricité pendant les travaux
La bonne règle : l’électricité se fait avant les finitions et s’intègre au planning global. L’ordre idéal dépend du type de rénovation (lourde, partielle, pièce par pièce).
- Conception : plan des prises/éclairages, choix des équipements, dimensionnement du tableau.
- Gros œuvre / ouvertures : si vous déplacez des cloisons ou créez des passages, anticipez les cheminements.
- Réseaux encastrés : saignées, gaines, boîtes d’encastrement, passages en plancher/plafond.
- Isolation / doublages : idéalement après la pose des gaines ou en coordination pour utiliser un vide technique.
- Fermeture : plaques de plâtre, enduits, puis peinture.
- Appareillage & tests : pose des prises/interrupteurs, mise sous tension, contrôles.
Si vous refaites les sols (plancher, chape), pensez aussi au passage des gaines et aux alimentations (îlot de cuisine, prises au sol) avant de fermer.
Rénovation complète ou mise en sécurité : que choisir
Tout n’est pas toujours à refaire. On distingue deux approches :
La mise en sécurité (minimum)
Elle consiste à supprimer les risques majeurs : ajout d’un différentiel 30 mA, protection du tableau, reprise de connexions dangereuses, mise à la terre quand c’est possible. C’est une solution transitoire si vous prévoyez une rénovation pièce par pièce ou si le budget est serré.
La rénovation complète (recommandée en maison ancienne)
Elle implique de reprendre les circuits, le tableau, l’appareillage, la terre, et souvent de créer des circuits dédiés. C’est le meilleur choix si vous :
- ouvrez les murs/plafonds,
- refaites la cuisine ou la salle de bain,
- ajoutez des équipements (VMC, chauffage électrique, pompe à chaleur, borne de recharge),
- souhaitez une installation durable et conforme à la logique de la norme NF C 15-100 (référence en résidentiel).
Coûts et facteurs de prix
Le budget dépend fortement du niveau de rénovation, de la surface et de la facilité de passage des gaines (murs en pierre, planchers anciens, plafonds moulurés…). À titre indicatif :
- Mise en sécurité : souvent quelques centaines à quelques milliers d’euros selon l’état du tableau et de la terre.
- Rénovation complète : fréquemment plusieurs milliers d’euros pour une maison, avec un coût plus élevé en cas d’encastrement complexe.
Ce qui fait varier le prix
- Type de pose : encastrée (saignées) vs en apparent (goulottes) vs faux-plafond/doublage.
- Nombre de points (prises, éclairages, RJ45) et circuits dédiés.
- Tableau : taille, parafoudre, modules (contacteur HP/HC, délesteur).
- État de la terre : création d’un piquet, boucle, tranchée, ou remise à niveau.
- Spécificités maison ancienne : murs épais, pierre, plafonds fragiles, contraintes patrimoniales.
Astuce budget : demandez un devis basé sur un plan de points (pièce par pièce) plutôt qu’un forfait flou, pour comparer à périmètre égal.
Étapes clés d’une rénovation électrique réussie
1) Faire un plan d’usage réaliste
Listez vos équipements actuels et futurs : électroménager, bureau, TV, réseau, chauffage, VMC, extérieur. Positionnez ensuite les prises « là où l’on vit », pas seulement au minimum.
2) Définir l’implantation et les circuits
On sépare généralement : éclairage, prises par zones, cuisine (circuits dédiés), buanderie, chauffage, VMC, extérieur. L’objectif : sécurité, confort et facilité de dépannage.
3) Choisir le mode de passage des gaines
- Encastrement : esthétique, mais plus invasif (poussière, saignées).
- Faux-plafond/doublage : très pratique en rénovation, limite les saignées.
- Apparent : intéressant en cave, garage, ou style industriel, et souvent plus économique.
4) Refaire ou renforcer la terre
Dans l’ancien, l’absence de terre est fréquente. La terre est la base de la protection des personnes, notamment en salle d’eau et avec les appareils modernes.
5) Mettre en place un tableau adapté
Un tableau moderne avec disjoncteurs et interrupteurs différentiels bien répartis améliore la sécurité et limite les coupures générales. Pensez aussi aux évolutions (emplacements libres).
6) Tester et documenter
Exigez des essais et une identification claire des circuits sur le tableau. Conservez plans et photos avant fermeture des cloisons : précieux pour toute intervention future.
Erreurs fréquentes en maison ancienne
- Refaire la déco avant le réseau : repeindre puis rouvrir les murs est l’erreur la plus coûteuse.
- Sous-dimensionner : trop peu de prises, pas de RJ45, pas de circuits dédiés en cuisine.
- Ignorer la salle de bain : volumes, liaison équipotentielle, protections adaptées sont incontournables.
- Multiplier les boîtes cachées : les dérivations doivent rester accessibles selon les règles de l’art.
- Oublier l’extérieur : éclairage, prises, portail, interphone, dépendances se prévoient au même moment.
- Ne pas coordonner avec l’isolation : une isolation intérieure peut imposer un vide technique ou déplacer des appareillages.
Quand faire appel à un professionnel
Dès qu’il s’agit de refaire un tableau, créer une terre, intervenir dans une salle d’eau, ou repenser l’installation, l’intervention d’un électricien qualifié est fortement recommandée. Un pro vous aide à :
- sécuriser l’installation et dimensionner correctement les protections,
- optimiser les passages en maison ancienne (pierre, planchers),
- anticiper les besoins futurs et limiter les rallonges/multiprises,
- fournir un travail propre et documenté (repérage des circuits).
Si vous réalisez une partie en autoconstruction, faites au minimum valider le schéma et le tableau, et prévoyez un contrôle avant fermeture des doublages.
Entretien et évolutivité : penser sur 15 à 30 ans
Une fois l’installation rénovée, quelques habitudes évitent les soucis :
- testez les interrupteurs différentiels (bouton « test ») quelques fois par an,
- évitez la surcharge des multiprises et utilisez des circuits adaptés,
- conservez les plans, références d’appareillage, et photos des gaines,
- gardez 15 à 20 % d’emplacements libres au tableau pour les ajouts futurs (VMC, portail, recharge).
Conclusion
Dans une maison ancienne, refaire l’électricité avant (ou au tout début) de la rénovation est généralement le choix le plus sûr et le plus économique sur le long terme. Cela permet d’intégrer proprement les gaines, de sécuriser l’habitation et d’adapter l’installation aux usages actuels. La clé : un diagnostic initial, un plan de points précis, et une coordination étroite avec l’isolation, les cloisons et les finitions.
FAQ
Peut-on rénover une maison ancienne sans refaire l’électricité ?
C’est possible si l’installation est récente et saine, mais en pratique l’ancien présente souvent des non-conformités ou un manque de circuits. Un diagnostic vous dira si une mise en sécurité suffit ou si une rénovation complète est préférable.
Vaut-il mieux refaire l’électricité avant ou après l’isolation intérieure ?
Idéalement, on la planifie avant et on la réalise en coordination avec l’isolation. Les doublages et faux-plafonds facilitent le passage des gaines, à condition d’avoir défini l’implantation en amont.
Est-ce obligatoire d’être aux normes NF C 15-100 en rénovation ?
En rénovation, on vise une installation sûre et conforme aux règles en vigueur. Le niveau d’exigence dépend des travaux réalisés (partiels ou complets). Dans tous les cas, la sécurité (terre, différentiels, protections) ne se négocie pas.
Combien de temps dure une rénovation électrique complète ?
Pour une maison, cela varie selon l’accessibilité et l’ampleur : de quelques jours à plusieurs semaines si l’on inclut saignées, rebouchages et coordination avec d’autres corps d’état.
Quelle solution si je ne veux pas faire de saignées dans des murs en pierre ?
On privilégie souvent les passages en faux-plafond, doublage, plinthes techniques ou goulottes, voire une combinaison. C’est fréquent en maison ancienne pour préserver les matériaux et limiter les poussières.