Prix au m² et fourchettes réalistes

En France, on distingue généralement trois niveaux d’intervention :

  • Mise en sécurité (traiter les points dangereux sans tout refaire) : souvent 40 à 80 € / m² selon l’accès et l’ampleur.
  • Rénovation partielle (tableau + certaines lignes/prises, adaptation cuisine, salle de bain…) : environ 80 à 130 € / m².
  • Rénovation complète (refaire circuits, appareillage, protections, mise à la terre, parfois saignées) : fréquemment 120 à 200 € / m², et davantage si finitions haut de gamme ou contraintes importantes.

Ces ordres de grandeur incluent généralement main-d’œuvre + fournitures, mais pas toujours les travaux annexes (rebouchage, peinture, reprise de cloison) ni des équipements spécifiques (VMC, chauffage électrique, borne de recharge).

Ce qui fait varier le coût d’une rénovation électrique

État initial de l’installation

Une installation ancienne (fusibles, absence de terre, conducteurs vieillissants, circuits surchargés) demande plus de reprises. À l’inverse, si les gaines et une partie des lignes sont exploitables, le budget peut baisser.

Surface et nombre de points électriques

Le coût dépend moins de la surface « brute » que du nombre de points (prises, interrupteurs, sorties de câble, RJ45, points lumineux). Une petite cuisine équipée peut coûter plus cher qu’un grand séjour peu équipé.

Mode de pose : apparent ou encastré

  • Apparent (goulottes, moulures) : souvent moins cher et plus rapide, intéressant en rénovation occupée.
  • Encastré (saignées, rebouchage) : plus esthétique, mais plus coûteux et plus salissant.

Tableau électrique et protections

Le remplacement du tableau, l’ajout d’interrupteurs différentiels, parafoudre, modules de gestion (délesteur, contacteur HC/HP) peuvent peser sur le devis, mais ce sont des éléments clés pour la sécurité.

Localisation et accessibilité

Les tarifs varient selon les régions et l’accessibilité (immeuble sans ascenseur, stationnement, logement meublé/occupé). La présence de faux-plafonds, vides techniques ou combles facilite parfois le passage des gaines.

Options : domotique, RJ45, VMC, chauffage

Réseau informatique, volets roulants, pilotage du chauffage, éclairage scénarisé : ces options augmentent le budget mais peuvent améliorer le confort et la valeur du bien.

Exemples concrets de budgets (devis types)

Les montants ci-dessous sont des exemples indicatifs basés sur des cas courants. Seul un devis sur site peut trancher, mais ces repères vous aident à vous situer.

Exemple 1 : studio 25 m², mise en sécurité

  • Contexte : tableau ancien, quelques prises non reliées à la terre, protections insuffisantes.
  • Travaux : remplacement tableau, mise à la terre, remise en conformité des points à risque (cuisine/salle d’eau), tests.
  • Budget : 1 500 à 3 000 € TTC selon complexité.

Exemple 2 : appartement 60 m², rénovation partielle

  • Contexte : rénovation de cuisine + rafraîchissement, besoin de nouveaux circuits (four, plaque, LV) et ajout de prises.
  • Travaux : nouveau tableau, 2 à 4 circuits spécialisés cuisine, reprise éclairage, ajout RJ45 séjour, quelques saignées.
  • Budget : 5 000 à 9 000 € TTC.

Exemple 3 : maison 100 m², rénovation complète encastrée

  • Contexte : installation des années 70, pas de terre partout, circuits mélangés, besoin de rééquilibrer.
  • Travaux : dépose partielle, création de circuits, tableau complet, appareillage, terre, liaisons équipotentielles, encastrement + rebouchage (hors peinture).
  • Budget : 12 000 à 20 000 € TTC, voire plus si finitions premium ou contraintes fortes.

Exemple 4 : rénovation totale avant location (T3 70 m²)

  • Contexte : objectif conformité + fiabilité, choix de matériel milieu de gamme.
  • Travaux : tableau neuf, remplacement de la majorité des prises/interrupteurs, éclairage, circuits cuisine, mise à la terre et repérage.
  • Budget : 8 000 à 14 000 € TTC.

À retenir : une rénovation électrique complète se rapproche souvent d’un budget à 5 chiffres dès que l’on dépasse 70–80 m², surtout en encastré.

Matériels, options et postes de dépense

Tableau électrique

Le tableau comprend disjoncteurs, interrupteurs différentiels, peignes, borniers, coffret, repérage. Selon la taille et les options (parafoudre, contacteur), c’est un poste important. Un tableau sous-dimensionné aujourd’hui devient vite un frein demain : prévoyez des réserves (modules libres).

Appareillage : prises, interrupteurs, points lumineux

La gamme choisie (entrée/milieu/haut) joue sur le budget. Les différences se voient sur la robustesse, l’esthétique, les fonctions (va-et-vient, variateur, USB, étanchéité).

Circuits spécialisés et cuisine

La cuisine est souvent la zone la plus coûteuse : plaque, four, lave-vaisselle, micro-ondes, hotte, prises plan de travail. Plus il y a d’appareils, plus il faut de circuits dédiés.

Réseau de communication (RJ45)

De plus en plus demandé : coffret de communication, prises RJ45, câblage catégorie adaptée. Utile pour le télétravail et la stabilité internet.

Domotique et pilotage

Thermostats, gestion des volets, éclairage connecté : intéressant, mais attention au choix de solutions pérennes et compatibles. Demandez au pro une architecture simple à maintenir.

Étapes d’une rénovation électrique réussie

  1. Diagnostic et relevé : repérer l’existant, les anomalies, la terre, les sections, les circuits et les besoins pièce par pièce.
  2. Définition du programme : nombre de prises, emplacement TV/RJ45, besoins cuisine, scénarios d’éclairage, évolutions prévues (clim, VE, atelier).
  3. Devis détaillé : main-d’œuvre, fournitures, marques, mode de pose, nombre de points, options, délais, reprises annexes.
  4. Plan d’implantation : valider les emplacements avant ouverture des murs.
  5. Exécution : passage des gaines, tirage des conducteurs, pose du tableau, appareillage, tests.
  6. Contrôles et mise en service : mesures, essais, repérage des circuits, remise des schémas/étiquetage.

Astuce : si vous refaites aussi les sols/plafonds, coordonnez les lots (plaquiste, peintre) pour éviter de payer deux fois des reprises.

Entretien, contrôles et évolutions

  • Test mensuel des interrupteurs différentiels (bouton « T ») : un geste simple pour vérifier le bon fonctionnement.
  • Surveillance : odeur de chaud, disjonctions répétées, prises qui noircissent = alerte.
  • Évolutivité : gardez un tableau accessible, bien repéré, avec de la place pour ajouter un circuit (borne de recharge, climatisation, atelier).

Erreurs fréquentes à éviter

  • Sous-estimer les travaux annexes : saignées, rebouchage, peinture, reprise de faïence. Clarifiez ce qui est inclus.
  • Rester flou sur le nombre de points : un devis « au forfait » sans détail peut réserver des surprises.
  • Choisir uniquement au prix : la qualité du tableau, le repérage, les tests et la propreté de pose comptent énormément.
  • Oublier les circuits cuisine : multiplier les multiprises est un mauvais signal (surcharge, inconfort).
  • Ne pas anticiper l’avenir : RJ45, prises supplémentaires, réserve au tableau coûtent moins cher pendant les travaux que plus tard.

Quand faire appel à un professionnel ?

Dans la plupart des cas, la rénovation électrique justifie l’intervention d’un électricien qualifié : sécurité, conformité, assurance, et dimensionnement correct des protections et des sections. Faites appel à un pro notamment si :

  • le tableau est ancien ou non conforme ;
  • vous n’avez pas de terre ou pas partout ;
  • vous créez des circuits spécialisés (cuisine, chauffage, borne VE) ;
  • vous faites une rénovation encastrée avec saignées et modifications de circuits ;
  • vous souhaitez un schéma clair et un repérage fiable pour l’entretien futur.

Pour comparer des devis, exigez un détail (nombre de points, marques, protections, options), et vérifiez l’assurance responsabilité civile/professionnelle.

Conclusion

Le prix d’une rénovation électrique en France varie fortement selon l’ampleur des travaux (mise en sécurité, partielle, complète), le mode de pose et le niveau d’équipement. Retenez des repères utiles : quelques milliers d’euros pour une mise en sécurité, et souvent entre 8 000 et 20 000 € pour une rénovation complète selon la surface et les contraintes. Pour éviter les mauvaises surprises, faites définir un programme précis (points, circuits, options), demandez un devis détaillé et anticipez les évolutions à venir.

FAQ

Quel est le prix moyen d’une rénovation électrique complète ?

On observe souvent une fourchette de 120 à 200 € / m² pour une rénovation complète, selon l’encastré/apparent, le nombre de points et les options (RJ45, domotique, parafoudre).

Peut-on rénover l’électricité sans refaire les murs ?

Oui, en privilégiant une pose apparente (goulottes/moulures) ou en profitant de faux-plafonds, plinthes techniques et gaines existantes. C’est souvent plus économique et moins intrusif.

Qu’est-ce qui coûte le plus cher : le tableau ou les prises ?

Le tableau est un poste important, mais le coût global est très lié au nombre de points et au temps de pose (passage des gaines, saignées, rebouchage). Une cuisine avec circuits dédiés fait vite monter la note.

Faut-il refaire toute l’électricité pour vendre ou louer ?

Pas forcément. Pour louer, un diagnostic met en évidence les anomalies : parfois une mise en sécurité suffit. Mais si l’installation est très ancienne ou dangereuse, une rénovation plus complète peut être préférable.

Comment obtenir un devis fiable ?

Demandez une visite sur site, un devis détaillant le nombre de points, le type de pose, les marques, les protections au tableau, et ce qui est inclus/exclu (rebouchage, peinture, reprises). Comparez au moins 2 à 3 devis.