Diagnostic rapide : les 6 vérifications à faire

Avant de démonter quoi que ce soit, faites ces contrôles simples. Ils résolvent une grande partie des cas de chauffage qui ne chauffe plus.

  1. Thermostat et programmation : vérifiez la consigne (ex. 19–20 °C), le mode (chauffage vs hors gel), et la plage horaire. Remplacez les piles si le thermostat est sans fil.
  2. Alimentation électrique : disjoncteur, fusible, interrupteur de la chaudière, prise, et éventuel interrupteur général du circulateur.
  3. Mode été / eau chaude seule : certaines chaudières ont un mode « été » qui coupe le chauffage tout en gardant l’eau chaude sanitaire.
  4. Pression du circuit (chauffage central) : sur une chaudière murale, la pression à froid est souvent autour de 1 à 1,5 bar (variable selon installation). Si elle est trop basse, le chauffage peut se mettre en sécurité.
  5. Robinet thermostatique et vanne : assurez-vous que les robinets des radiateurs sont ouverts. Après une longue période d’arrêt, une tige de vanne peut rester bloquée.
  6. Message d’erreur : notez le code défaut affiché sur la chaudière (utile pour le dépannage).

Causes fréquentes selon le type d’installation

Chauffage électrique (radiateurs, convecteurs)

  • Programmation centralisée ou fil pilote en mode éco/hors gel.
  • Thermostat interne défaillant ou sonde de température faussée.
  • Puissance insuffisante (radiateur sous-dimensionné) : il chauffe mais n’atteint pas la température.
  • Problème électrique : disjoncteur, contacteur, câble, borne desserrée.

Chauffage central (gaz, fioul, bois, PAC)

  • Pression trop basse ou manque d’eau dans le circuit.
  • Air dans les radiateurs ou déséquilibre hydraulique.
  • Circulateur (pompe) à l’arrêt : l’eau chaude ne circule plus.
  • Vanne 3 voies (sur chaudière mixte) bloquée : l’eau chaude part vers l’ECS au lieu du chauffage.
  • Problème de régulation : sonde extérieure, thermostat d’ambiance, loi d’eau mal réglée.

Radiateurs froids ou tièdes : pannes typiques

1) Il y a de l’air dans le circuit (purge nécessaire)

Symptômes : radiateur chaud en bas et froid en haut, glouglous, chauffage inégal.

Solution :

  1. Coupez la chaudière et attendez que l’eau refroidisse légèrement.
  2. Purge des radiateurs (commencez par le plus proche de la chaudière, puis le plus éloigné, selon vos habitudes d’installation).
  3. Contrôlez ensuite la pression et remettez de l’eau via le robinet de remplissage si nécessaire.

2) Pression trop basse : le chauffage se coupe

Si la pression est < 0,8–1 bar (repère courant), la chaudière peut se mettre en sécurité.

Solution : ajoutez de l’eau via le robinet de remplissage, doucement, jusqu’à la zone recommandée par le fabricant (souvent 1–1,5 bar à froid). Si la pression retombe régulièrement, suspectez une fuite ou un vase d’expansion défaillant.

3) Robinet thermostatique bloqué

Après l’été, la tige du robinet peut rester en position fermée.

Solution : dévissez la tête thermostatique (souvent à la main ou avec une bague), puis appuyez délicatement sur la tige : elle doit bouger de quelques millimètres et revenir. Si elle reste coincée, ne forcez pas excessivement.

4) Désembouage nécessaire (boues dans le circuit)

Symptômes : radiateurs tièdes malgré chaudière qui tourne, zones froides persistantes, bruits, filtre encrassé, eau noire à la purge.

Solution : un désembouage (chimique ou hydrodynamique) améliore la circulation et le rendement. C’est généralement une intervention de professionnel, surtout sur installation ancienne.

5) Circulateur fatigué ou bloqué

Symptômes : chaudière chauffe mais les radiateurs restent froids, tuyaux départ/retour peu chauds, bruit de vibration absent.

Solution : parfois un déblocage est possible, mais cela touche à la sécurité et à l’étanchéité. Mieux vaut faire intervenir un chauffagiste, surtout si vous devez ouvrir le corps de pompe.

Chaudière qui ne démarre pas ou se met en défaut

Manque de gaz, fioul ou granulés / arrivée coupée

  • Gaz : robinet d’arrivée fermé, coupure fournisseur, compteur en sécurité.
  • Fioul : cuve vide, filtre colmaté.
  • Granulés : silo vide, vis sans fin bloquée, cendrier plein.

Solution : vérifiez l’alimentation et les organes simples (vanne ouverte, niveau de combustible). Si l’appareil se met en défaut à répétition, évitez les réarmements successifs sans diagnostic.

Problème d’allumage ou de flamme (gaz)

Électrode, ionisation, brûleur encrassé : la chaudière peut afficher un code défaut et se mettre en sécurité.

Solution : un entretien annuel est souvent obligatoire (chaudières gaz/fioul/bois) et permet de limiter ces pannes. En cas de défaut récurrent, contactez un professionnel.

Vanne 3 voies bloquée (chaudière mixte)

Symptôme courant : vous avez de l’eau chaude sanitaire, mais pas de chauffage (ou l’inverse).

Solution : la vanne peut être grippée. Une intervention de chauffagiste est recommandée (nettoyage, moteur, remplacement).

Sonde ou thermostat défaillant

Une sonde d’ambiance ou une sonde extérieure fausse la régulation : la chaudière « croit » qu’il fait assez chaud et ne lance pas la chauffe.

Solution : testez d’abord une consigne plus élevée, vérifiez les piles, et contrôlez le câblage apparent. Ensuite, diagnostic par un pro.

Plancher chauffant : pourquoi ça ne chauffe plus

Un plancher chauffant réagit lentement : une sensation de « plus de chauffage » peut venir d’un réglage ou d’un problème de circulation.

Collecteur mal réglé ou têtes électrothermiques inactives

Si les boucles sont fermées, l’eau ne circule plus.

Solution : vérifiez l’ouverture des débitmètres/robinets sur le collecteur et l’alimentation des actionneurs (si pilotés par thermostat de zone).

Température de départ trop basse

Avec une PAC ou une chaudière à condensation, la loi d’eau peut être trop « basse », surtout lors d’un coup de froid.

Solution : ajustez la loi d’eau (petits incréments), ou la consigne de départ, en restant dans les limites recommandées pour le plancher chauffant.

Embouage / filtre encrassé

Un plancher chauffant est sensible aux boues : débit faible = sol tiède.

Solution : nettoyage des filtres/pots à boues, puis désembouage si nécessaire.

Coûts : à quoi s’attendre selon la panne

Les prix varient selon région, accessibilité et marque. Voici des ordres de grandeur courants pour vous repérer.

  • Purge + remise en pression : souvent faisable soi-même, sinon déplacement + main-d’œuvre (environ 80 à 180 €).
  • Remplacement thermostat : 60 à 250 € de matériel, + pose éventuelle (souvent 100 à 250 €).
  • Circulateur : 250 à 700 € posé, selon modèle et complexité.
  • Vanne 3 voies : 200 à 600 € posé, selon pièces et temps d’intervention.
  • Désembouage : 300 à 900 € selon nombre de radiateurs et méthode (plus si plancher chauffant multi-zones).
  • Entretien annuel chaudière : en général 100 à 200 € (hors contrat).

Si la pression chute souvent, le coût dépendra de la cause : petite fuite facile à traiter ou remplacement du vase d’expansion/organes de sécurité.

Entretien et prévention : éviter les pannes

  • Faites l’entretien annuel (obligatoire pour beaucoup de chaudières) et conservez l’attestation.
  • Purge en début de saison et contrôle de pression à froid.
  • Installez un pot à boues et nettoyez-le régulièrement si votre installation est sensible.
  • Surveillez les bruits (gargouillis, claquements) et les variations de pression.
  • Ne coupez pas totalement en hiver : privilégiez le mode hors gel si absence.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Réarmer la chaudière en boucle sans comprendre le défaut : risque d’aggraver la panne.
  • Monter la pression trop haut : vous pouvez déclencher la soupape et créer des fuites (restez dans la plage constructeur).
  • Purger sans remettre d’eau : la pression chute et le chauffage s’arrête.
  • Confondre lenteur et panne (plancher chauffant) : laissez plusieurs heures après un réglage.
  • Ignorer une chute de pression récurrente : signe de fuite ou de vase d’expansion en fin de vie.

Quand faire appel à un professionnel

Contactez un chauffagiste si :

  • la chaudière affiche un code défaut persistant ou se met en sécurité ;
  • vous suspectez une fuite, un vase d’expansion, une soupape, ou un organe interne ;
  • le circulateur ou la vanne 3 voies est en cause ;
  • vous avez une odeur de gaz, des traces de suie, ou des symptômes anormaux : dans ce cas, coupez l’appareil et suivez les consignes de sécurité.

Un pro pourra contrôler combustion, débit, températures départ/retour, équilibrage et qualité d’eau du circuit pour un diagnostic fiable.

FAQ

Pourquoi mes radiateurs sont froids alors que la chaudière fonctionne ?

Les causes les plus fréquentes sont l’air dans le circuit (purge), une pression trop basse, un circulateur à l’arrêt, des robinets thermostatiques bloqués ou un embouage qui limite le débit.

Quelle pression doit avoir ma chaudière pour que le chauffage marche ?

Souvent autour de 1 à 1,5 bar à froid pour une maison standard, mais la valeur exacte dépend de votre installation. Si la pression est trop basse, la chaudière peut se mettre en sécurité.

J’ai de l’eau chaude mais pas de chauffage : d’où ça vient ?

Sur une chaudière mixte, une vanne 3 voies bloquée est un suspect classique. Un problème de régulation (thermostat/sonde) peut aussi empêcher la demande de chauffage.

Comment savoir s’il faut désembouer ?

Radiateurs tièdes malgré une chaudière qui chauffe, zones froides, eau noire à la purge, bruit de circulation et baisse de performance sont des signaux. Un diagnostic pro peut confirmer.

Un plancher chauffant peut-il tomber en panne « d’un coup » ?

Oui, si un actionneur se ferme, si le circulateur s’arrête, si un filtre se colmate, ou si la température de départ est trop basse après un changement de réglage.

Conclusion

Un chauffage qui ne chauffe plus n’implique pas forcément une grosse panne : commencez par les réglages, l’alimentation électrique, la pression et la purge des radiateurs. Si le problème persiste (codes défaut, pression qui chute, circulateur/vanne 3 voies, embouage), l’intervention d’un professionnel permet de sécuriser l’installation et de retrouver un fonctionnement efficace. En prévention, un entretien régulier et une surveillance de la pression et de la qualité d’eau du circuit réduisent fortement les pannes en plein hiver.