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De quoi parle-t-on exactement ?
Les appellations « anti-salissures » et « anti-pollution » recouvrent plusieurs technologies. Dans les faits, une peinture ne rend pas une façade “auto-nettoyante” au sens strict, mais elle peut limiter l’adhérence des saletés et ralentir l’encrassement.
Peinture anti-salissures (anti-encrassement)
Elle vise surtout à réduire :
- les traces noires liées au trafic (particules, suies),
- les coulures dues au ruissellement et aux poussières,
- l’accroche des salissures sur une surface plus « fermée ».
Peinture anti-pollution (photocatalytique)
Certaines peintures intègrent des agents photocatalytiques (souvent à base de dioxyde de titane) qui, sous l’effet des UV, peuvent contribuer à dégrader une partie des composés organiques et des polluants (par exemple certains NOx) au voisinage immédiat du revêtement. C’est la promesse la plus ambitieuse… et celle qui dépend le plus des conditions réelles (ensoleillement, ventilation, pluie, niveau de pollution).
Comment ça marche (et ce que ça ne fait pas)
1) Effet perlant et hydrophobie
Les peintures à résine silicone ou siloxane offrent souvent une surface hydrophobe : l’eau perle et entraîne une partie des poussières en ruisselant. Cela limite l’imprégnation des salissures et les traces de lessivage.
2) Microporosité : laisser respirer le mur
Une façade saine doit pouvoir évacuer la vapeur d’eau. Les bonnes peintures de façade combinent rejet d’eau de pluie et perméabilité à la vapeur. C’est un point clé pour éviter cloquage, farinage et décollement, surtout sur des supports anciens.
3) Photocatalyse : l’argument « anti-pollution »
La photocatalyse peut aider à oxyder certains composés en présence de lumière et d’oxygène. En pratique, l’efficacité varie beaucoup :
- elle est meilleure sur façades bien exposées aux UV,
- elle diminue sur des murs à l’ombre ou sous avancées,
- elle ne compense pas une façade mal conçue (ruissellement permanent, remontées capillaires, fissures).
À retenir : réalité partielle. Sur l’effet anti-encrassement, le gain est généralement visible. Sur l’effet « dépolluant » à l’échelle d’un quartier, il faut rester prudent.
Avantages, limites et cas où ça ne sert à rien
Les avantages concrets
- Façade plus propre plus longtemps : en particulier en zone urbaine ou proche d’une route.
- Moins de traces de ruissellement si la peinture est bien adaptée (siloxane/silicone).
- Entretien espacé : nettoyage et remise en peinture moins fréquents.
- Meilleure tenue des teintes pour certaines gammes (pigments et liants plus stables).
Les limites à connaître
- Ce n’est pas une solution contre l’humidité : infiltration, remontées capillaires, fissures actives doivent être traitées avant.
- Les algues et champignons : certaines peintures intègrent des agents anti-mousse, mais l’ombre, la végétation et l’humidité peuvent favoriser le retour.
- L’encrassement se déplace : appuis de fenêtres, sous-gouttes, zones de ruissellement restent sensibles.
- Performance conditionnelle : exposition, pluviométrie, rugosité du support et qualité de préparation comptent autant que le produit.
Quand c’est peu utile
- si la façade est très fissurée et nécessite un système d’imperméabilité,
- si le support est farinant ou poudreux et non fixé,
- si les défauts viennent d’un mauvais écoulement d’eau (gouttière, couvertine, rejingot).
Comment choisir la bonne peinture
Identifier le support
Le choix dépend d’abord de la nature du mur : enduit ciment, enduit à la chaux, béton, ancien RPE, ancienne peinture, ITE… Un test simple : frottement (farinage), test goutte d’eau (absorption), inspection des fissures.
Choisir la famille de peinture
- Acrylique façade : polyvalente, bon rapport qualité/prix, mais peut marquer plus vite en zone très polluée.
- Siloxane / résine silicone : souvent le meilleur compromis anti-salissures (hydrophobie + microporosité).
- Minérale (silicate) : très respirante, adaptée aux supports minéraux, bonne tenue, mais demande une mise en œuvre rigoureuse.
- Photocatalytique : à envisager si vous cherchez un effet anti-encrassement + un plus « anti-pollution », avec une façade suffisamment ensoleillée.
Regarder les performances utiles
Au-delà du marketing, cherchez :
- une bonne perméabilité à la vapeur d’eau,
- une faible absorption d’eau (pluie battante),
- une classe d’imperméabilité adaptée si microfissures (systèmes D2/D3/I1 à I4 selon les cas),
- une résistance aux UV et une tenue des teintes si façade très exposée.
Prix : combien ça coûte et pourquoi
Le budget dépend surtout de l’état du support (préparation), du type de peinture et de l’accès (échafaudage). En France, on rencontre souvent :
- Peinture façade “classique” : environ 2 à 6 € / m² de peinture (fourniture) selon gamme.
- Peinture siloxane / silicone : environ 4 à 10 € / m² (fourniture).
- Peinture photocatalytique : environ 8 à 15 € / m² (fourniture), parfois plus selon marque et système.
En prestation complète (nettoyage, réparations, impression, 2 couches, protections), on est fréquemment dans une fourchette d’environ 30 à 80 € / m², avec des écarts importants selon :
- le traitement des fissures, reprises d’enduit, ragréages,
- la nécessité d’un fixateur, d’un primaire spécifique,
- la hauteur et l’accessibilité (échafaudage, nacelle),
- les finitions (mat, siloxané, grain, RPE).
Étapes de mise en œuvre (pour un résultat durable)
- Diagnostic : humidité, fissures, farinage, anciens revêtements incompatibles.
- Nettoyage : lavage basse pression ou haute pression maîtrisée selon support, brossage, dégraissage si nécessaire.
- Traitement des micro-organismes : application d’un anti-mousse si algues/lichens, puis rinçage après action.
- Réparations : rebouchage, reprise d’enduit, traitement des fissures (mastic/entoilage/système d’imperméabilité selon largeur et activité).
- Fixation du fond : fixateur ou impression si support poudreux/absorbant.
- Application de la peinture : 2 couches (souvent indispensable). Respecter température, hygrométrie, temps de séchage.
- Détails : protéger appuis, seuils, menuiseries, et vérifier les points d’eau (gouttières, rejets).
Une peinture anti-salissures ne compense pas une préparation bâclée. Dans la majorité des chantiers, la tenue se joue à 70 % sur le support.
Entretien et durée de vie
Une façade bien peinte peut tenir 10 à 15 ans selon exposition. Pour conserver l’effet anti-encrassement :
- inspectez une fois par an les gouttières, couvertines, rejets d’eau,
- nettoyez localement les coulures dès qu’elles apparaissent (eau + brosse souple),
- évitez les nettoyages haute pression trop agressifs qui ouvrent le film et favorisent l’accroche des saletés,
- taillez la végétation proche des murs pour limiter l’humidité et les spores.
Erreurs fréquentes à éviter
- Peindre sur un support humide : risque de cloquage et décollement, anti-salissures ou pas.
- Ignorer le farinage : sans fixateur, la peinture n’adhère pas durablement.
- Choisir une peinture trop fermée sur un mur ancien : l’humidité reste piégée, la façade se dégrade.
- Négliger les fissures : l’eau entre, encrassement et dégâts reviennent rapidement.
- Survendre l’anti-pollution : l’effet dépend des UV et ne remplace pas un entretien ni une bonne conception des écoulements.
Quand faire appel à un professionnel
Il est préférable de confier le chantier à une entreprise (idéalement façadier/peintre) si :
- la façade présente des fissures nombreuses ou suspectes (fissures actives),
- vous avez des signes d’humidité (salpêtre, cloques, taches récurrentes),
- le support est ancien ou hétérogène (chaux, reprises multiples),
- l’accès impose un échafaudage et des protections importantes,
- vous hésitez entre peinture et système d’imperméabilité (I1 à I4) ou RPE.
Demandez un devis détaillé mentionnant la préparation, les primaires, la référence du système, le nombre de couches et les conditions d’application.
Conclusion
Les peintures de façade anti-salissures sont une réalité lorsqu’elles s’appuient sur une formulation adaptée (souvent siloxane/silicone ou minérale) et, surtout, sur une préparation de support irréprochable. Elles permettent généralement de ralentir l’encrassement et de garder une façade plus uniforme.
L’argument « anti-pollution » via photocatalyse peut apporter un plus, mais il reste variable selon l’exposition et ne doit pas faire oublier l’essentiel : traiter l’eau (ruissellement, infiltrations), réparer les fissures, et choisir un système compatible avec la respiration du mur. En résumé : pas un mythe, mais pas une baguette magique non plus.
FAQ
Une peinture anti-salissures rend-elle la façade totalement auto-nettoyante ?
Non. Elle limite l’adhérence des saletés et facilite le lessivage naturel par la pluie, mais des zones resteront sensibles (sous appuis, ruissellements, angles, zones abritées).
Peinture siloxane et peinture silicone : c’est la même chose ?
Les termes sont proches dans l’usage courant. Les peintures « siloxane » reposent sur des résines siloxanes (famille silicone) et sont appréciées pour leur hydrophobie et leur microporosité. Vérifiez surtout la destination (façade), le support compatible et les performances.
Est-ce efficace contre les traces noires en bord de route ?
Souvent oui, en particulier avec des peintures à faible encrassement (siloxane/silicone) sur un support correctement préparé. Mais l’exposition directe aux particules peut nécessiter un nettoyage ponctuel.
La peinture anti-pollution dépollue-t-elle vraiment l’air ?
Elle peut contribuer à dégrader certains polluants au voisinage du mur, mais l’efficacité dépend des UV, de la circulation d’air et de l’encrassement. À l’échelle d’une maison, considérez cela comme un bénéfice complémentaire plutôt qu’un argument principal.
Peut-on appliquer une peinture anti-salissures sur une ancienne peinture ?
Oui, si l’ancienne peinture est adhérente et compatible. Un diagnostic (adhérence, farinage, cloques) et souvent une impression sont nécessaires. En cas de doute, un essai sur une petite zone est conseillé.