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Comprendre ce qui fait une passoire thermique
On parle de passoire thermique lorsqu’un logement a une mauvaise performance énergétique, généralement matérialisée par un DPE F ou G. Les causes sont souvent cumulatives :
- Isolation insuffisante (combles peu isolés, murs creux non traités, planchers froids).
- Menuiseries anciennes (simple vitrage, fuites d’air, volets absents).
- Système de chauffage vieillissant (chaudière ancienne, radiateurs mal dimensionnés, régulation absente).
- Ventilation inadaptée (pas de VMC, entrées d’air bouchées, humidité).
- Nombreux ponts thermiques (liaisons plancher/mur, tableaux de fenêtres, refends).
L’objectif n’est pas seulement de « gagner des lettres » sur le DPE : c’est d’obtenir un confort réel, une facture réduite et un bâti plus sain (moins d’humidité, moins de moisissures).
Diagnostic : le point de départ indispensable
Avant de lancer des devis, il faut comprendre où part l’énergie. Deux outils sont complémentaires :
- DPE : obligatoire en vente/location, il donne une photographie globale (classe, estimations de consommations).
- Audit énergétique : recommandé (et parfois exigé selon les cas) pour établir un scénario de travaux cohérent, chiffré et hiérarchisé.
Ce que vous devez obtenir d’un bon audit
- Les déperditions poste par poste (toiture, murs, ventilation, menuiseries…).
- Au moins deux scénarios : “par étapes” et “rénovation globale”.
- Une estimation des gains (kWh, euros), du niveau de confort et des risques (condensation, humidité).
- Une proposition de ventilation adaptée et de régulation du chauffage.
Astuce : relevez aussi vos consommations réelles (factures, habitudes) et les problèmes d’inconfort (pièces froides, parois humides). Ces informations améliorent la pertinence des préconisations.
Prioriser les travaux : la méthode la plus efficace
Pour sortir durablement d’une étiquette F ou G, la logique gagnante est : réduire les besoins avant de remplacer le chauffage. Autrement dit : isolation + étanchéité + ventilation, puis chauffage/ecs.
Ordre de priorité recommandé
- Combles/toiture (souvent 25 à 30 % des pertes).
- Murs (20 à 25 %).
- Planchers bas (7 à 10 % selon configuration).
- Menuiseries et traitement des ponts thermiques.
- Ventilation (qualité d’air, humidité, performance globale).
- Chauffage + eau chaude dimensionnés sur le besoin réduit.
Une rénovation globale (en une fois) est souvent plus performante qu’un empilement de petits travaux, car elle limite les incohérences (ex. changer une chaudière avant d’isoler conduit à surdimensionner).
Isolation : murs, combles, planchers, fenêtres
Isoler les combles : le meilleur ratio coût/gain
En maison individuelle, l’isolation des combles est presque toujours prioritaire :
- Combles perdus : soufflage de laine minérale ou ouate de cellulose (rapide, efficace).
- Combles aménagés : isolation sous rampants (laine minérale, fibre de bois, ouate insufflée) avec gestion de la vapeur d’eau.
Visez une résistance thermique adaptée (souvent élevée) et soignez la continuité avec les murs pour éviter les fuites d’air.
Isoler les murs : ITE ou ITI ?
Le choix entre isolation par l’extérieur (ITE) et isolation par l’intérieur (ITI) dépend du budget, des contraintes de façade et de l’occupation.
- ITE : excellente contre les ponts thermiques, conserve l’inertie des murs, améliore le confort d’été. Plus coûteuse et impacte l’aspect extérieur (urbanisme).
- ITI : souvent moins chère, possible pièce par pièce, mais réduit la surface habitable et exige une bonne gestion de l’étanchéité à l’air et de l’humidité.
Planchers bas : ne pas négliger le froid “par le sol”
Si vous avez un vide sanitaire, un sous-sol ou un garage non chauffé, isoler le plancher bas peut améliorer nettement le confort :
- Isolation sous face (panneaux rigides/semirigides).
- Isolation par le dessus lors d’une rénovation de sol (plus lourde).
Fenêtres : utiles, mais rarement le premier poste
Le remplacement des fenêtres (double ou triple vitrage) peut réduire l’inconfort (paroi froide, courants d’air) mais l’impact sur la facture dépend du reste. Avant de tout changer :
- Traitez l’étanchéité (joints, coffres de volets roulants, calfeutrement).
- Vérifiez l’intérêt par rapport aux murs et à la toiture.
Si remplacement : privilégiez une pose soignée (étanchéité périphérique), et des performances adaptées (Uw, Sw) selon orientation et apports solaires.
Ventilation : la clé d’une rénovation saine
Une maison mieux isolée et plus étanche doit respirer correctement. Sans ventilation, vous risquez humidité, moisissures et dégradation des matériaux.
Quelles solutions ?
- VMC simple flux hygroréglable : bon compromis coût/efficacité en rénovation, adapte les débits à l’humidité.
- VMC double flux : récupère de la chaleur, très confortable, mais demande un réseau de gaines et une bonne étanchéité globale.
- Ventilation par insufflation (VMI) : parfois utile en rénovation, à étudier selon configuration et humidité.
Le dimensionnement et l’équilibrage sont essentiels : une VMC mal posée ou sous-dimensionnée peut annuler une partie des gains d’isolation.
Chauffage et eau chaude : moderniser sans surdimensionner
Après réduction des besoins, vous pouvez choisir un système efficace. Les options dépendent du climat, de l’isolation obtenue et de l’existant.
Solutions courantes en maison F ou G
- Pompe à chaleur air/eau : pertinente si émetteurs compatibles (radiateurs dimensionnés, idéalement basse température) et maison correctement isolée.
- Chaudière gaz à condensation (si réseau gaz) : bonne performance, surtout avec une régulation efficace.
- Poêle à granulés ou chaudière biomasse : intéressant en zones sans gaz, attention au dimensionnement et au stockage.
- Chauffe-eau thermodynamique ou solaire : réduit la part “eau chaude sanitaire”.
Régulation et distribution : souvent les gains les plus simples
- Thermostat programmable, robinets thermostatiques, loi d’eau.
- Équilibrage du réseau, purge, calorifugeage des tuyaux en zones froides.
Un appareil performant mal réglé peut consommer inutilement. La mise au point après travaux est un vrai poste à prévoir.
Étanchéité à l’air et confort d’été
Les fuites d’air provoquent des sensations de courant d’air, des surconsommations et des risques de condensation dans les parois. En rénovation performante, on vise une continuité des pare-vapeur/freins-vapeur et des membranes d’étanchéité, avec des raccords soignés.
Points sensibles à traiter
- Trappes de combles, passages de gaines, spots encastrés.
- Jonctions menuiseries/murs, tableaux, appuis.
- Coffres de volets roulants et prises électriques en murs extérieurs (selon ITI).
Ne pas oublier le confort d’été
Une maison performante doit aussi rester agréable en période chaude. Les leviers :
- Protections solaires (volets, brise-soleil, stores extérieurs).
- Isolation adaptée (déphasage intéressant avec certains isolants).
- Ventilation nocturne et gestion des apports internes.
Coûts, facteurs de prix et aides
Le budget pour sortir d’une classe F ou G varie fortement selon surface, état du bâti, accès, choix techniques et objectif final (DPE C, B…). En ordre de grandeur, une rénovation énergétique ambitieuse se situe souvent entre 300 et 800 € / m², parfois davantage pour des maisons très dégradées ou des projets incluant menuiseries, ventilation et chauffage complet.
Ce qui fait varier le prix
- Type d’isolation (ITE vs ITI), épaisseur, finitions.
- Complexité (toiture, lucarnes, pierres apparentes, humidité, reprises de maçonnerie).
- Changement d’équipements (PAC, réseau hydraulique, radiateurs, VMC).
- Niveau de performance visé et traitement des ponts thermiques.
Aides financières : à intégrer au plan de travaux
Selon votre situation, vous pouvez mobiliser :
- MaPrimeRénov’ (dont parcours accompagné pour rénovations globales selon cas).
- Certificats d’économies d’énergie (CEE).
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ).
- TVA réduite sur certains travaux de rénovation énergétique.
- Aides locales (région, département, intercommunalité) selon territoire.
Pour sécuriser les aides et la cohérence technique, un accompagnement (type conseiller France Rénov’) est souvent utile, notamment pour les rénovations globales.
Étapes de chantier : organiser une rénovation globale
Une maison F ou G nécessite une planification rigoureuse pour éviter les “retours en arrière” (dépose/repose, reprises de finitions, surcoûts).
Plan type
- État des lieux : humidité, ventilation existante, pathologies (salpêtre, remontées capillaires).
- Audit énergétique et définition d’un objectif (ex. viser DPE D/C).
- Conception : choix ITE/ITI, ventilation, chauffage, traitement ponts thermiques.
- Devis et sélection d’entreprises (qualifications, références, garanties, planning).
- Travaux d’enveloppe : toiture/combles, murs, planchers, menuiseries.
- Étanchéité à l’air : membranes, raccords, calfeutrements.
- Ventilation : pose et réglages.
- Chauffage/ECS : remplacement, réglages, équilibrage.
- Contrôles : tests, mesures, réception, consignes d’usage.
Si vous ne pouvez pas tout faire d’un coup, demandez un scénario “par étapes” cohérent : chaque étape doit être compatible avec la suivante (ex. prévoir les réservations et passages de gaines avant de refermer).
Erreurs fréquentes à éviter
- Changer le chauffage avant d’isoler : vous payez un équipement plus puissant que nécessaire.
- Négliger la ventilation : humidité et moisissures après isolation.
- Isoler sans traiter les ponts thermiques : zones froides persistantes, inconfort, condensation.
- Choisir uniquement au prix : une pose médiocre (fenêtres, membranes) peut ruiner la performance.
- Oublier le confort d’été : surchauffe dans une maison devenue étanche sans protections solaires.
- Ignorer les problèmes d’humidité (fuites, remontées capillaires) : l’isolation n’est pas un “remède” à tout.
Quand faire appel à un professionnel
Pour une passoire thermique, l’intervention de professionnels est fortement recommandée, surtout si vous visez un saut de plusieurs classes DPE. Faites-vous accompagner si :
- Vous envisagez une rénovation globale (enveloppe + ventilation + chauffage).
- La maison présente des pathologies (humidité, fissures, toiture fatiguée).
- Vous partez sur une ITE ou une double flux (conception et mise en œuvre exigeantes).
- Vous souhaitez optimiser aides, planning et cohérence technique.
Points à vérifier : assurance décennale, références récentes, clarté des devis (performances visées, épaisseurs d’isolant, traitement des points singuliers, réglages), et capacité à coordonner plusieurs lots.
Conclusion
Transformer une maison classée F ou G en logement performant repose sur une règle simple : commencer par l’enveloppe (isolation, étanchéité, ponts thermiques), garantir une ventilation adaptée, puis seulement moderniser le chauffage en le dimensionnant sur les besoins réduits. Avec un audit énergétique sérieux, un plan de travaux cohérent et une mise en œuvre soignée, vous gagnez en confort, réduisez durablement vos factures et valorisez votre bien. L’enjeu n’est pas uniquement la note DPE : c’est une maison plus saine, plus agréable et plus résiliente face aux hausses de prix de l’énergie.
FAQ
Combien de temps faut-il pour sortir une maison du DPE F ou G ?
Tout dépend de l’ampleur des travaux. Une rénovation globale peut se planifier en quelques mois (études + devis) puis se réaliser sur plusieurs semaines à quelques mois selon surface et lots. En rénovation par étapes, cela peut s’étaler sur 1 à 3 ans, à condition de garder une stratégie cohérente.
Quelle est la priorité numéro 1 dans une passoire thermique ?
Le plus souvent, ce sont les combles/toiture, car les pertes y sont importantes et les travaux ont un excellent rapport coût/efficacité. Ensuite viennent les murs, puis la ventilation et le chauffage.
ITE ou ITI : que choisir pour améliorer fortement le DPE ?
L’ITE est souvent la plus performante car elle traite mieux les ponts thermiques et conserve l’inertie du bâti, mais elle coûte plus cher et peut être contrainte par l’urbanisme. L’ITI est plus flexible et économique, mais demande une mise en œuvre très rigoureuse (étanchéité, humidité) et réduit la surface habitable.
Est-ce obligatoire de faire un audit énergétique ?
Selon votre situation (vente de maison classée F ou G, parcours de certaines aides, etc.), un audit peut être requis ou fortement recommandé. Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, il aide à éviter des travaux inefficaces et à dimensionner correctement les équipements.
Peut-on remplacer les fenêtres sans toucher au reste ?
Oui, mais l’impact sur la consommation peut être limité si la toiture et les murs restent très peu isolés. En revanche, cela peut améliorer le confort et réduire les infiltrations d’air si la pose est soignée et si la ventilation est adaptée.
Comment éviter l’humidité après avoir isolé ?
En prévoyant une ventilation efficace, en traitant les causes d’humidité (fuites, remontées capillaires), et en mettant en œuvre correctement les membranes (frein/pare-vapeur) et l’étanchéité à l’air. Une isolation performante doit aller de pair avec une gestion maîtrisée de la vapeur d’eau.