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Comprendre la sensation de froid et de chaud
Le confort thermique ne se résume pas à la température de l’air. Votre ressenti dépend notamment :
- De la température des parois (murs, plafond, vitrage) : une paroi froide « pompe » votre chaleur par rayonnement, même si l’air est à 19–20 °C.
- Des mouvements d’air : un courant d’air de quelques km/h suffit à créer une sensation de froid.
- De l’humidité : un air trop humide accentue le froid en hiver ; un air chaud et humide rend l’été plus inconfortable.
- De l’homogénéité : écarts de température entre pièces, stratification (air chaud au plafond), zones « froides » près des fenêtres.
En hiver, le logement perd de la chaleur en continu. En été, il accumule de la chaleur (soleil, appareils, occupants) et peine à l’évacuer. L’isolation thermique sert dans les deux cas : elle réduit les transferts. Mais pour l’été, d’autres leviers (protections solaires, inertie, ventilation nocturne) sont souvent tout aussi déterminants.
D’où viennent les déperditions en hiver ?
1) La toiture et les combles : le premier poste de pertes
L’air chaud monte. Si les combles sont peu ou mal isolés, la chaleur s’échappe rapidement. C’est une cause fréquente de chauffage qui tourne sans atteindre une sensation de confort. Une isolation de combles efficace limite ces fuites et améliore aussi le confort d’été en ralentissant l’entrée de chaleur par la toiture.
2) Les murs : grandes surfaces, gros impact
Un mur peu isolé reste froid. Vous pouvez ressentir un « effet paroi froide » dans le salon ou la chambre : le corps rayonne sa chaleur vers le mur, d’où une sensation de froid persistante. Les maisons anciennes en pierre ou en brique peuvent être performantes sur l’inertie, mais sans isolation adaptée elles restent énergivores en hiver.
3) Les fenêtres : vitrage, menuiserie et fuites d’air
Le vitrage et les cadres peuvent être responsables de sensations d’inconfort : paroi froide, condensation, courants d’air. Les points à surveiller :
- Simple vitrage ou double vitrage ancien : paroi très froide en hiver.
- Joints fatigués : infiltrations d’air.
- Coffres de volets roulants non isolés : véritable « trou » thermique.
4) Les ponts thermiques : pertes localisées mais très pénalisantes
Les ponts thermiques sont des zones où l’isolation est interrompue (liaisons plancher/mur, angles, linteaux, appuis de fenêtres). Ils provoquent :
- des surfaces froides (inconfort)
- des risques de condensation et moisissures
- des surconsommations (le chauffage compense)
5) L’étanchéité à l’air : le confort qui se joue dans les détails
Une maison peut être « bien isolée » sur le papier mais inconfortable si l’air passe : prises électriques en façade, trappes de combles, jonctions menuiseries/murs, accès au vide sanitaire, etc. L’étanchéité à l’air est un levier majeur pour limiter la sensation de courant d’air.
6) Ventilation et humidité : l’équilibre indispensable
Une ventilation insuffisante augmente l’humidité et favorise la condensation sur les parois froides. À l’inverse, une ventilation mal réglée ou des entrées d’air parasites peuvent refroidir exagérément certaines pièces. L’objectif : renouveler l’air sans refroidir, avec un système adapté (VMC simple flux hygroréglable ou double flux selon le logement).
Pourquoi ça surchauffe en été ?
1) Les apports solaires : vitrages et toiture en première ligne
En été, le soleil est un radiateur gratuit… parfois trop puissant. Les grandes baies plein sud/ouest sans protection, un velux non occulté, ou une toiture sombre exposée peuvent faire grimper la température très vite. Les combles aménagés sont particulièrement sensibles.
2) Le déphasage et l’inertie : garder la fraîcheur plus longtemps
Le confort d’été dépend de la capacité des parois à retarder la pénétration de la chaleur : c’est le déphasage. Une isolation efficace pour l’hiver ne garantit pas automatiquement un bon confort d’été si elle est très légère et si la maison manque d’inertie (cloisons fines, peu de masse). À l’inverse, une bonne combinaison isolation + inertie aide à maintenir une température stable.
3) Les apports internes : cuisson, appareils, éclairage
Four, plaques, sèche-linge, ordinateurs, TV, éclairages : tout finit en chaleur dans la maison. Dans un logement mal ventilé, ces apports suffisent à provoquer une surchauffe, même sans soleil direct.
4) La ventilation estivale : rafraîchir au bon moment
En période chaude, aérer en pleine journée peut faire entrer de l’air plus chaud. La stratégie la plus efficace est souvent :
- ventilation nocturne (quand l’air extérieur est plus frais)
- fermeture et occultation en journée (volets, stores)
Solutions efficaces : isoler, étanchéifier, ventiler
Isoler en priorité : toiture, murs, puis planchers
- Combles perdus : soufflage ou déroulage d’isolant, généralement très rentable.
- Rampants et toiture (combles aménagés) : isolation sous rampants, éventuellement sarking (par l’extérieur) lors d’une réfection de toiture.
- Murs : isolation par l’extérieur (ITE) pour traiter efficacement les ponts thermiques, ou isolation par l’intérieur (ITI) si contraintes de façade.
- Plancher bas : isolation sous plancher (vide sanitaire/cave) ou par le dessus lors d’une rénovation lourde.
Améliorer l’étanchéité à l’air (sans bloquer la ventilation)
Les actions simples et efficaces :
- reprendre les joints des menuiseries et calfeutrer les traversées (gainages, trappe de combles)
- isoler et étancher les coffres de volets roulants
- poser une membrane pare-vapeur/pare-air lorsque le système d’isolation le nécessite
Important : une maison plus étanche doit être correctement ventilée pour éviter humidité et polluants intérieurs.
Adapter la ventilation : qualité d’air et confort
- VMC simple flux hygroréglable : ajuste les débits selon l’humidité, bon compromis en rénovation.
- VMC double flux : récupère une partie de la chaleur de l’air extrait, améliore le confort d’hiver, mais demande un réseau et un entretien rigoureux.
Renforcer le confort d’été : protections solaires et stratégie d’usage
- Protections extérieures (les plus efficaces) : volets, brise-soleil orientables, stores bannes, pergola.
- Occultation des velux : privilégier des stores extérieurs.
- Couleur de toiture et ventilation des combles : à étudier lors d’une réfection.
- Ventilation nocturne + fermeture en journée : simple, souvent très performant.
Coûts et facteurs de prix
Le budget dépend surtout de la surface, de l’accessibilité, de la technique (intérieur/extérieur), du niveau de performance visé et des finitions. À retenir :
- Combles perdus : souvent l’un des travaux les plus abordables au m² et les plus rentables.
- Isolation des murs : l’ITE coûte plus cher mais traite mieux les ponts thermiques et limite la perte de surface habitable.
- Menuiseries : le remplacement est pertinent si les fenêtres sont très anciennes ou fuyardes, mais l’impact est maximal si l’enveloppe (toiture/murs) est traitée en parallèle.
- Ventilation : une VMC performante peut représenter un budget non négligeable, mais elle sécurise la rénovation (humidité, air sain).
Conseil : raisonnez en plan de travaux plutôt qu’en gestes isolés. Une bonne hiérarchisation évite de payer deux fois (ex. refaire une isolation de combles après des travaux électriques, ou changer des fenêtres sans traiter les fuites d’air du coffre de volet).
Étapes d’un projet d’isolation réussi
- Diagnostic des symptômes : pièces les plus froides/chaudes, courants d’air, condensation, moisissures, factures.
- Repérage des faiblesses : combles, murs, planchers, ponts thermiques, coffres de volets, trappe, réseau de ventilation.
- Définition des objectifs : confort d’hiver, confort d’été, baisse de consommation, amélioration de la qualité d’air.
- Choix des solutions : type d’isolant, épaisseur, traitement vapeur/air, protections solaires, ventilation adaptée.
- Planification : ordonnancement (étanchéité/isolant/finitions), anticipation des contraintes (hauteur sous plafond, réseaux).
- Réalisation et contrôles : soigner les points singuliers (jonctions, traversées), vérifier les débits de VMC, tester l’absence de fuites d’air si possible.
Entretien et suivi des performances
- Surveiller l’humidité : un hygromètre simple permet de viser environ 40–60 % d’humidité relative.
- Entretenir la VMC : nettoyer les bouches, vérifier les entrées d’air, remplacer/entretenir les filtres (double flux).
- Contrôler les joints des fenêtres/portes et les occultations (volets, stores) avant l’hiver et avant l’été.
- Observer les parois : traces noires, moisissures, condensation = signe d’un déséquilibre (pont thermique, manque de ventilation, fuite d’air).
Erreurs fréquentes à éviter
- Isoler sans ventiler : vous réduisez les fuites d’air mais vous augmentez l’humidité et les polluants intérieurs.
- Traiter seulement les fenêtres alors que les combles sont peu isolés : l’inconfort persiste, et le retour sur investissement est décevant.
- Négliger les ponts thermiques : angles, planchers, coffres de volets. Ce sont souvent eux qui créent parois froides et moisissures.
- Choisir un isolant uniquement “pour l’hiver” sans penser au confort d’été : protections solaires et stratégie de ventilation sont indispensables.
- Mal poser le pare-vapeur/pare-air : une membrane mal jointée peut dégrader la performance et favoriser des désordres (humidité dans l’isolant).
Quand faire appel à un professionnel ?
Un artisan qualifié est recommandé dès que :
- vous envisagez une isolation de toiture/rampants (risques d’humidité, continuité de l’étanchéité à l’air, sécurité)
- vous partez sur une ITE (technique, finitions, points singuliers, conformité)
- vous modifiez ou installez une VMC (dimensionnement, réglages, réseau)
- vous avez des moisissures ou une condensation récurrente (diagnostic indispensable)
Pour objectiver les priorités, un diagnostic thermique (voire une thermographie en saison froide) peut aider à repérer les fuites d’air et les ponts thermiques. L’enjeu est de concevoir un ensemble cohérent : isolation + étanchéité + ventilation.
Conclusion
Si votre logement est froid l’hiver et chaud l’été, le problème vient rarement d’un simple « manque de chauffage » ou d’un « manque de clim ». La cause la plus fréquente est une enveloppe thermique incomplète : combles insuffisamment isolés, ponts thermiques, fuites d’air, vitrages et protections solaires mal adaptés, ventilation inappropriée. En hiérarchisant les travaux (toiture, murs, étanchéité à l’air, ventilation) et en ajoutant des protections solaires pour l’été, vous gagnez à la fois en confort et en sobriété énergétique, avec une maison plus agréable toute l’année.
FAQ
Pourquoi ai-je froid alors que le thermostat indique 20 °C ?
Parce que la sensation dépend aussi de la température des parois et des courants d’air. Des murs ou vitrages froids, des ponts thermiques ou une mauvaise étanchéité à l’air peuvent donner froid même avec une température d’air correcte.
Quelle est la priorité pour ne plus avoir froid en hiver ?
Dans la majorité des maisons, l’isolation des combles/toiture est la priorité, suivie des murs, puis de l’étanchéité à l’air et de la ventilation. L’ordre exact dépend de votre logement (présence de combles, type de murs, état des menuiseries).
Une bonne isolation suffit-elle pour éviter la surchauffe en été ?
Non, pas toujours. L’isolation aide, mais le confort d’été dépend aussi des apports solaires (protections extérieures, volets, stores), de l’inertie et de la ventilation nocturne.
Faut-il changer les fenêtres en premier ?
Pas systématiquement. Si les fenêtres sont en simple vitrage ou très fuyardes, le gain peut être réel, mais il est souvent plus pertinent de traiter d’abord la toiture et les grandes surfaces (murs), puis de s’assurer d’une bonne étanchéité à l’air et d’une ventilation adaptée.
Comment limiter les courants d’air sans “étouffer” la maison ?
En améliorant l’étanchéité à l’air (joints, calfeutrement, trappe de combles, coffres de volets) tout en conservant une ventilation contrôlée (VMC bien dimensionnée et entretenue). On supprime les fuites parasites, pas le renouvellement d’air.