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Principe du va-et-vient
Un va-et-vient est un dispositif composé de deux interrupteurs qui pilotent le même circuit d’éclairage. Chaque interrupteur possède généralement :
- une borne commun (souvent notée L),
- deux bornes appelées navettes (souvent notées 1 et 2, ou marquées par des flèches).
Le principe est simple : la phase arrive sur le commun du premier interrupteur. Deux fils (les navettes) relient les deux interrupteurs. Le commun du second repart vers la lampe (le retour lampe). Selon la position des deux interrupteurs, le courant passe (lampe allumée) ou ne passe pas (lampe éteinte).
À retenir : le neutre ne passe pas par les interrupteurs, il va directement au luminaire. La terre (si présente) est raccordée aux équipements qui en ont besoin (luminaire métallique, boîtes, etc.).
Cas d’usage typiques
Le va-et-vient est particulièrement adapté quand vous avez deux points de commande pour un même éclairage :
- Couloir : un interrupteur à chaque extrémité.
- Escalier : en bas et en haut pour sécuriser les déplacements.
- Chambre : à l’entrée et près du lit (applique ou plafonnier).
- Séjour avec deux accès : porte d’entrée et porte-fenêtre.
- Garage : côté porte maison et côté porte garage.
Si vous avez besoin de commander la lumière depuis plus de deux endroits (ex. long couloir avec 3 points), il faudra envisager un télérupteur ou un montage avec permutateur (moins courant aujourd’hui).
Matériel, normes et sécurité
Matériel nécessaire
- 2 interrupteurs va-et-vient (mécanismes + plaques si besoin).
- Boîtes d’encastrement (si création ou remplacement).
- Conducteurs adaptés : en logement, typiquement 1,5 mm² pour l’éclairage.
- Dominos / Wago, gaine ICTA si ajout de lignes.
- Tournevis isolés, pince à dénuder, testeur de tension.
Règles de sécurité indispensables
- Coupez le courant au disjoncteur général ou au disjoncteur du circuit concerné.
- Vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension) ou un testeur fiable.
- Travaillez au sec, sans bijoux, et avec des outils en bon état.
En France, l’installation électrique doit respecter les principes de la NF C 15-100 (circuits, sections, protections, repérage). Si vous avez un doute sur l’état du circuit ou du tableau, mieux vaut faire valider par un électricien.
Schéma de câblage et repérage des fils
Dans un montage va-et-vient classique, on retrouve :
- Phase (L) : souvent rouge (mais pas toujours).
- Navettes : souvent deux fils de couleur différente (ex. orange et violet), reliant les deux interrupteurs.
- Retour lampe : souvent d’une autre couleur que le neutre (parfois noir, violet, orange selon habitudes).
- Neutre (N) : bleu, allant directement au luminaire.
- Terre : vert/jaune.
Important : ne vous fiez pas uniquement aux couleurs dans une rénovation. Identifiez les fils par mesure et repérage avant de déconnecter, et prenez une photo de l’existant.
Logique de raccordement
- Interrupteur n°1 : la phase sur le commun (L) + 2 navettes sur les bornes navettes.
- Interrupteur n°2 : les 2 navettes sur les bornes navettes + le retour lampe sur le commun (L).
Étapes d’installation (pas à pas)
1) Préparer et repérer
- Coupez le courant et contrôlez l’absence de tension.
- Démontez les enjoliveurs et dévissez les mécanismes.
- Repérez les conducteurs : commun, navettes, retour lampe.
2) Raccorder le premier interrupteur
- Branchez la phase arrivante sur la borne L (commun).
- Branchez les deux navettes sur les deux bornes restantes (peu importe l’ordre entre elles).
- Vérifiez le serrage : un mauvais contact crée échauffement et pannes intermittentes.
3) Raccorder le second interrupteur
- Branchez les deux navettes sur les deux bornes navettes.
- Branchez le retour lampe sur la borne L (commun).
4) Remettre en place et tester
- Replacez les mécanismes dans les boîtes sans pincer les fils.
- Revissez, remontez les plaques.
- Rétablissez le courant et testez : la lampe doit s’allumer et s’éteindre depuis chacun des deux interrupteurs, quelle que soit la position de l’autre.
Si le comportement est incohérent (ex. allumage seulement dans une configuration), le plus souvent le commun et une navette ont été inversés sur l’un des interrupteurs.
Variantes : télérupteur, permutateur, solutions connectées
Ajouter un troisième point de commande
Pour un troisième (ou quatrième) point, deux options existent :
- Télérupteur + boutons-poussoirs : très adapté aux multiples points de commande, câblage différent (commande en impulsion). Souvent recommandé en rénovation lourde ou quand on refait une ligne.
- Permutateur (entre deux va-et-vient) : solution plus ancienne, qui complexifie le câblage et est moins utilisée aujourd’hui.
Interrupteurs connectés
Il existe des modules ou interrupteurs connectés permettant une commande à deux endroits (voire plus) avec des associations radio, tout en conservant une commande locale. Attention : beaucoup de solutions exigent un neutre dans la boîte d’encastrement, rarement présent sur de vieux circuits d’interrupteurs.
Coût et facteurs de prix
Le budget dépend surtout de l’état du circuit et du besoin (remplacement simple ou création de points de commande).
- Interrupteurs va-et-vient : environ 5 à 30 € pièce selon gamme (entrée de gamme à design premium).
- Consommables (Wago, boîtes, gaine, fils) : 10 à 40 € selon chantier.
- Main-d’œuvre : en intervention simple, comptez souvent 80 à 200 € selon déplacement, complexité et région.
Les facteurs qui font varier le prix : ajout de gaines et saignées, mise en conformité, remplacement de boîtes, accessibilité (cloisons, doublages), et état du tableau (protection du circuit éclairage).
Entretien et dépannage rapide
Un va-et-vient ne demande pas d’entretien particulier, mais quelques vérifications peuvent éviter des pannes :
- Interrupteur qui chauffe : suspectez un serrage insuffisant ou un mécanisme fatigué. Coupez le courant et faites contrôler.
- Claquements / faux contacts : bornes mal serrées, fil abîmé, ou mécanisme usé.
- Lampe qui clignote : parfois lié à l’ampoule LED, au luminaire, ou à un câblage approximatif. Vérifiez d’abord l’ampoule et le serrage des connexions.
Erreurs fréquentes à éviter
- Inverser commun et navette : cause n°1 d’un montage qui “marche une fois sur deux”.
- Se fier aux couleurs en rénovation : toujours repérer et mesurer.
- Oublier de couper le courant au bon disjoncteur : danger immédiat.
- Sous-dimensionner ou mélanger les sections : restez cohérent avec le circuit (éclairage généralement en 1,5 mm²).
- Connexions mal serrées : risque d’échauffement et de panne.
- Remplir trop la boîte : fils pincés, mécanisme qui force, mauvais contact.
Quand faire appel à un professionnel
Faites intervenir un électricien si :
- vous devez tirer une nouvelle ligne (saignées, passage en combles, doublage isolant),
- le tableau électrique ou la protection du circuit vous paraît douteuse (absence de disjoncteur adapté, anciennes protections),
- vous constatez échauffement, odeur, noircissement de conducteurs ou boîtes,
- vous souhaitez ajouter plus de deux points de commande et hésitez entre permutateur/télérupteur,
- vous n’êtes pas à l’aise avec le repérage des fils (surtout en rénovation).
Un pro pourra aussi vérifier la continuité de terre, la qualité des connexions et la conformité globale du circuit.
Conclusion
L’interrupteur va-et-vient est la solution idéale pour commander un éclairage depuis deux endroits, à condition de respecter le câblage : phase sur le commun du premier, deux navettes entre interrupteurs, et retour lampe sur le commun du second. En prenant le temps de repérer les fils, de sécuriser l’intervention et de soigner les connexions, vous obtenez un montage fiable et confortable. Pour des configurations à plus de deux commandes, orientez-vous plutôt vers un télérupteur ou une solution adaptée, et n’hésitez pas à solliciter un professionnel en cas de doute.
FAQ
Quelle différence entre va-et-vient et bouton poussoir ?
Le va-et-vient utilise deux interrupteurs à bascule (positions stables) reliés par des navettes. Le bouton poussoir envoie une impulsion à un télérupteur (au tableau ou en boîte) : il est plus pratique pour multiplier les points de commande.
Pourquoi mon va-et-vient ne fonctionne que dans certaines positions ?
Le plus souvent, le commun (L) et une navette ont été inversés sur un des interrupteurs. Coupez le courant, identifiez le commun et corrigez le raccordement.
Peut-on installer un va-et-vient sans neutre dans les boîtes d’interrupteur ?
Oui, en câblage classique le neutre va directement au luminaire et n’est pas nécessaire dans les boîtes d’interrupteurs. En revanche, certains interrupteurs connectés exigent un neutre.
Quelle section de fil pour un va-et-vient d’éclairage ?
En habitation, l’éclairage est généralement câblé en 1,5 mm² (avec une protection adaptée au tableau). En cas de doute, conservez la section existante du circuit et vérifiez la protection.
Combien de points de commande maximum avec un va-et-vient ?
Un va-et-vient gère 2 points. Au-delà, on passe généralement sur un télérupteur (ou un permutateur dans certains montages).