1) Faire l’état des lieux : électricité, réseau, besoins

Avant d’acheter une box ou des modules, commencez par un diagnostic simple : votre installation électrique est-elle sûre et conforme, et votre maison est-elle prête côté réseau (Wi‑Fi, Ethernet) ? La domotique dépend de ces deux piliers.

Vérifier l’électricité existante

  • Tableau électrique : présence d’interrupteurs différentiels 30 mA, disjoncteurs adaptés, repérage des circuits.
  • Mise à la terre : continuité, présence sur les prises, valeur de terre correcte.
  • État des circuits : sections de câble cohérentes (1,5 mm² éclairage, 2,5 mm² prises en général), absence d’échauffements, connexions propres.
  • Neutre au niveau des interrupteurs : point clé pour certains micromodules (même si beaucoup existent « sans neutre »).

Cartographier vos besoins (le vrai point de départ)

La bonne question n’est pas « quelle marque ? », mais « quel usage va vraiment améliorer mon quotidien ? » Classez vos objectifs :

  • Confort : éclairage, volets roulants, scénarios (arrivée/départ).
  • Économies d’énergie : chauffage, suivi conso, délestage.
  • Sécurité : alarme, détecteurs, caméras, simulation de présence.
  • Accessibilité : commandes vocales, automatismes, interrupteurs adaptés.

2) Sécuriser et préparer l’installation électrique

La domotique n’a de sens que si la base est fiable. En rénovation, la priorité va souvent au tableau électrique et aux protections.

Les fondamentaux à valider

  • Interrupteurs différentiels 30 mA en nombre suffisant et bien répartis (type AC/A selon circuits).
  • Disjoncteurs calibrés et circuits séparés : éclairage, prises, cuisine, VMC, chauffage, etc.
  • Parafoudre recommandé (voire obligatoire selon zone) : utile pour protéger électronique et équipements connectés.
  • Réserve au tableau : de la place sur le rail DIN pour modules (télérupteur, contacteur, compteur d’énergie, passerelles).

Penser « évolutif » dès le tableau

Si vous prévoyez volets, chauffage ou suivi conso, anticipez :

  • des circuits dédiés (ex. volets roulants par zone),
  • un emplacement pour un module de mesure (TIC Linky, tores),
  • une alimentation pour une box domotique ou un routeur (prise au tableau ou coffret de communication).

3) Choisir les usages domotiques prioritaires

Pour bien démarrer, limitez-vous à 1 à 3 chantiers. Vous validerez la compatibilité, la portée radio et l’ergonomie avant d’étendre.

Les meilleurs « premiers projets »

  • Éclairage : commandes depuis smartphone, scénarios, détecteurs de présence. Idéal pour tester l’automatisation.
  • Volets roulants : programmation horaire, fermeture auto au coucher du soleil, gestion par pièce.
  • Chauffage : thermostats/robinets connectés, zones, abaissement automatique. Souvent le meilleur retour sur confort et facture.
  • Suivi de consommation : comprendre vos usages avant d’investir dans de nouveaux équipements.

Ce qui peut attendre

Les gadgets (rubans LED partout, capteurs redondants, automatisations trop complexes) créent des pannes et de la frustration. Commencez simple, puis complexifiez avec des scénarios utiles.

4) Filaire, radio, ou hybride : quelle techno pour démarrer ?

Le choix dépend de votre niveau de rénovation. En maison, la solution la plus réaliste est souvent hybride : filaire là où c’est pertinent, radio ailleurs.

Domotique filaire (ex. KNX, bus)

  • Avantages : fiabilité, pérennité, moins de dépendance au Wi‑Fi, idéal en rénovation lourde/neuf.
  • Inconvénients : coût, besoin de câblage, installation plus technique.

Domotique radio (Zigbee, Z‑Wave, Wi‑Fi, Bluetooth)

  • Avantages : rapide à installer, adaptée à la rénovation légère, large choix de modules.
  • Inconvénients : portée, interférences, dépendance à une passerelle/box, qualité variable selon marques.

Conseil : évitez de multiplier les protocoles sans raison. Visez 1 protocole principal (souvent Zigbee ou Z‑Wave) + Wi‑Fi pour quelques équipements spécifiques.

5) Préparer le câblage et le réseau de communication

Beaucoup d’échecs domotiques viennent d’un réseau instable. Votre Wi‑Fi et votre distribution Internet sont aussi importants que les modules.

Wi‑Fi : couverture et stabilité

  • Placez la box Internet au bon endroit ou utilisez un système mesh.
  • Privilégiez l’Ethernet pour les équipements fixes (caméras, TV, passerelle domotique) quand c’est possible.
  • Évitez de confier toute la domotique à des appareils uniquement Wi‑Fi si le réseau est chargé.

Coffret de communication et câbles

  • Si vous rénovez, tirez du RJ45 (catégorie 6 minimum) vers les pièces clés.
  • Prévoyez une arrivée propre pour les passerelles, NAS ou mini-serveur domotique.
  • Pour certains projets (portail, visiophone, alarme), anticipez les fourreaux et alimentations.

6) Plan d’action en 7 étapes

  1. Diagnostiquer : tableau, terre, circuits, état des boîtes d’encastrement.
  2. Mettre à niveau les protections (différentiels, disjoncteurs, parafoudre si pertinent).
  3. Choisir 1 à 3 usages prioritaires (ex. volets + chauffage).
  4. Décider l’architecture : radio/hybride/filaire, et limiter les protocoles.
  5. Préparer le réseau : Wi‑Fi, mesh, RJ45, emplacement de la box/passerelle.
  6. Installer par zone : une pièce ou un étage, puis valider la stabilité sur 2 à 4 semaines.
  7. Documenter : schémas, repérage tableau, références modules, scénarios et règles.

7) Coûts : à quoi s’attendre et ce qui fait varier le prix

Le budget dépend surtout de l’état initial de l’électricité et du niveau d’intégration souhaité (simple pilotage vs scénarios avancés).

Ordres de grandeur (maison)

  • Mise à niveau tableau / protections : très variable selon existant (souvent quelques centaines à quelques milliers d’euros).
  • Démarrage domotique “essentiel” (passerelle + quelques modules + capteurs) : budget modéré, idéal pour tester.
  • Volets roulants connectés : coût par point de commande + éventuelle motorisation si volets manuels.
  • Chauffage : thermostats et têtes thermostatiques selon type de chauffage et nombre de radiateurs.

Facteurs de prix

  • Rénovation électrique nécessaire (gaines, boîtes, mise à la terre).
  • Nombre de points (interrupteurs, volets, radiateurs, zones).
  • Qualité des marques et écosystème (interopérabilité, mises à jour).
  • Main d’œuvre : accès aux gaines, saignées, état des murs, temps de paramétrage.

8) Entretien, évolutivité et bonnes pratiques

  • Mettre à jour régulièrement box/passerelles, mais éviter les mises à jour le jour d’un départ en vacances.
  • Sauvegarder la configuration (scènes, appareils) si votre système le permet.
  • Prévoir le mode dégradé : en cas de panne Internet, les commandes essentielles (lumières, volets) doivent rester utilisables.
  • Changer les piles des capteurs (si radio) et garder un petit stock.
  • Documenter les associations (quel module pilote quoi) pour faciliter dépannage et revente.

9) Erreurs fréquentes à éviter

  • Domotiser une installation électrique vieillissante sans sécurisation préalable.
  • Tout passer en Wi‑Fi : surcharge du réseau, instabilité, latence.
  • Multiplier les écosystèmes fermés (plusieurs apps, plusieurs hubs) sans passerelle centralisée.
  • Ignorer le neutre ou les contraintes de câblage des micromodules (boîtes trop petites, conducteurs insuffisants).
  • Créer des scénarios trop complexes dès le début : commencez par des automatismes simples et fiables.

10) Quand faire appel à un professionnel

Un électricien (idéalement habitué à la domotique) est recommandé si :

  • le tableau doit être repris (ajout différentiel, rééquilibrage, repérage),
  • vous avez des doutes sur la mise à la terre ou la sécurité,
  • vous prévoyez de motoriser des volets, d’ajouter des circuits, ou de modifier la structure (saignées, nouvelles lignes),
  • vous visez une solution filaire ou une intégration avancée (chauffage multizone, délestage, contacteurs, mesure d’énergie).

Pour comparer les devis, demandez un descriptif clair : marques et références, schéma de principe, repérage tableau, tests et mise en service.

Conclusion

Pour bien commencer en domotique dans une maison, partez d’une logique simple : sécurité électrique d’abord, besoins concrets ensuite, puis choix technique cohérent (souvent hybride) et réseau fiable. Un petit projet maîtrisé (éclairage, volets ou chauffage) permet de valider l’écosystème et d’éviter les dépenses inutiles. Une fois la base solide, vous pourrez étendre pièce par pièce avec une installation stable, évolutive et vraiment utile au quotidien.

FAQ

Faut-il refaire toute l’électricité pour installer de la domotique ?

Non. En rénovation légère, vous pouvez ajouter des modules radio ou des micromodules. En revanche, si le tableau et les protections sont insuffisants ou si la terre est défaillante, la mise à niveau est prioritaire.

Quel est le meilleur protocole : Zigbee ou Z‑Wave ?

Les deux sont adaptés à la maison. Zigbee est très répandu et souvent plus abordable ; Z‑Wave est réputé stable avec une bonne portée. Le plus important est de choisir un écosystème cohérent et de limiter le nombre de protocoles.

Ai-je besoin du neutre derrière les interrupteurs pour domotiser l’éclairage ?

Souvent oui, selon le module choisi. Certains micromodules fonctionnent sans neutre, mais ils peuvent être plus sensibles (compatibilité LED, scintillements). Vérifiez le câblage avant achat.

La domotique fonctionne-t-elle si Internet tombe en panne ?

Cela dépend du système. Les solutions locales (box/serveur en local) continuent généralement à piloter les équipements sur le réseau domestique. Les solutions 100% cloud peuvent être limitées sans Internet.

Par quoi commencer pour faire des économies d’énergie ?

Commencez par le pilotage du chauffage (programmation, zones) et le suivi de consommation. Vous identifierez les postes énergivores et pourrez ajuster les habitudes avant d’investir davantage.