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Comprendre les études de sol G1 et G2
Les études de sol sont encadrées par la norme NF P 94-500, qui définit des « missions géotechniques ». Dans la pratique des particuliers, les plus courantes avant construction sont :
- G1 : étude géotechnique préalable (souvent demandée lors d’une vente de terrain en zone à risque argileux).
- G2 : étude géotechnique de conception (indispensable pour dimensionner les fondations et adapter la maison au terrain).
L’idée centrale : la G1 informe et donne un cadre, la G2 conçoit et traduit l’information du sol en solutions techniques (fondations, drainage, terrassements, etc.).
Pourquoi une étude de sol est si importante ?
Le sol n’est pas un support « standard ». Sa portance, sa sensibilité à l’eau, la présence de remblais, de cavités ou d’argiles gonflantes peuvent entraîner :
- fissures et désordres sur la maison (murs, dallage, enduits),
- mouvements différentiels (tassements),
- surcoûts de chantier si les mauvaises surprises apparaissent après le terrassement,
- litiges avec le constructeur/maçons faute de données claires au départ.
Étude de sol : dans quels cas est-elle obligatoire ?
1) La G1 « loi ELAN » lors de la vente d’un terrain constructible
Depuis la loi ELAN, dans certaines situations, le vendeur d’un terrain constructible doit fournir une étude géotechnique préalable de type G1. Le point déclencheur concerne les terrains situés dans des zones exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
Concrètement :
- Si le terrain est en zone d’aléa moyen ou fort, une étude (souvent appelée « G1 PGC ») est généralement attendue dans le dossier de vente.
- Cette étude vise à informer l’acquéreur sur le risque géotechnique et les principes généraux à respecter.
À vérifier : l’aléa argileux se consulte via les outils publics (cartographies des risques) et, selon les cas, les documents fournis chez le notaire.
2) La G2 n’est pas « toujours légalement obligatoire »… mais souvent indispensable
Il existe une nuance importante : la G2 n’est pas systématiquement imposée par un texte pour tous les projets, mais elle est très fréquemment :
- exigée par un constructeur (notamment en CCMI) pour sécuriser le chiffrage et le dimensionnement,
- demandée par l’assurance ou recommandée pour limiter les sinistres,
- indispensable techniquement dès que le terrain est hétérogène, en pente, remblayé, proche d’arbres, ou en zone argileuse.
En résumé : même si vous avez une G1 issue de la vente, une G2 reste le document clé pour construire correctement.
3) Cas où l’étude est fortement recommandée (même hors argiles)
- Projet sur terrain en pente (stabilité, glissement, soutènements).
- Présence potentielle de remblais ou de sols compressibles.
- Proximité d’un cours d’eau (variations de nappe).
- Anciennes carrières, cavités, sous-sols.
- Extension d’une maison fissurée (diagnostic de cause).
Prix d’une étude de sol G1 et G2 : fourchettes et facteurs
Le prix d’une étude de sol varie selon la mission, le nombre de sondages, l’accessibilité du terrain et la complexité géologique locale. Voici des ordres de grandeur couramment observés pour une maison individuelle.
Prix moyen d’une étude G1
- G1 (préalable) : environ 800 à 1 500 € TTC.
Cette mission comprend généralement une analyse documentaire, une reconnaissance limitée et des recommandations « de principe ».
Prix moyen d’une étude G2
- G2 AVP / PRO (conception des fondations) : environ 1 500 à 3 000 € TTC.
Sur terrains complexes (forte pente, sols très hétérogènes, accès difficile), le budget peut dépasser cette fourchette, notamment si des investigations supplémentaires sont nécessaires.
Ce qui fait varier le prix (facteurs concrets)
- Nombre et profondeur des sondages (plus c’est profond/varié, plus c’est cher).
- Essais in situ (pénétromètre, pressiomètre, etc.) et analyses en laboratoire.
- Accessibilité (terrain enclavé, portails étroits, pas de chemin carrossable).
- Surface et forme de la maison, présence d’un sous-sol, vide sanitaire, radier.
- Délais : une intervention urgente peut majorer la prestation.
Conseil budget : ramener le coût d’une G2 au coût total d’une construction aide à relativiser : l’étude représente souvent une petite fraction du projet, mais peut éviter des surcoûts de fondations bien plus élevés.
Que contient une G1 ? Que contient une G2 ?
Contenu typique d’une étude de sol G1
Une G1 vise à caractériser le contexte géotechnique et à donner des recommandations générales :
- analyse du contexte (géologie locale, risques connus),
- premiers sondages/essais selon le besoin,
- identification des aléas (argiles, remblais, nappe, etc.),
- principes généraux de construction adaptés (type de fondations envisageables, précautions).
Limite : la G1 ne dimensionne pas précisément les fondations de votre maison. Elle sert de base d’information.
Contenu typique d’une étude de sol G2
La G2 est une étude de conception. Elle s’appuie sur le projet (plan, charges, niveaux) pour proposer des solutions techniques :
- programme d’investigations adapté au bâtiment (sondages, essais),
- modèle géotechnique du site (couches de sol, niveaux d’eau),
- préconisations de fondations (profondeur d’ancrage, type, largeur, ferraillage indicatif),
- recommandations sur terrassements, plateforme, drainage, gestion des eaux,
- risques et mesures (retrait-gonflement, tassements),
- conditions d’exécution et contrôles recommandés.
Selon les projets, on rencontre des sous-phases (AVP/PRO, DCE/ACT). Pour un particulier, l’objectif est d’obtenir un rapport exploitable par le constructeur/maçon et cohérent avec le mode constructif (dallage, vide sanitaire, radier, sous-sol).
Déroulement : étapes, délais et livrables
1) Préparation (documents à fournir)
Pour éviter les approximations, transmettez :
- plan de masse, implantation, niveaux si connus,
- type de maison (plain-pied/étage), présence de garage accolé,
- informations sur sous-sol/vide sanitaire/dallage,
- études ou rapports existants (G1, étude assainissement, etc.).
2) Intervention sur site
Le bureau d’études réalise des sondages (carottage/forage), des essais in situ et parfois des prélèvements. L’emplacement des points d’investigation doit être cohérent avec l’implantation de la maison.
3) Analyse et rédaction du rapport
Le livrable est un rapport structuré, avec coupes de sondages, interprétations et préconisations. En termes de délais, comptez souvent :
- intervention terrain : 1/2 journée à 1 journée,
- rapport : quelques jours à 2 semaines selon charge et complexité.
Point d’attention : une G2 faite « trop tôt » (avant d’avoir un minimum de plans) peut être moins pertinente. À l’inverse, la faire trop tard peut retarder le permis ou le lancement chantier si votre constructeur l’exige.
Bien choisir son bureau d’études géotechniques
Critères de choix utiles
- Références en maison individuelle (les enjeux diffèrent d’un immeuble).
- Clarté du devis : nombre de sondages, profondeur, type d’essais, rendu.
- Indépendance : une étude objective vous protège, même si elle conduit à des fondations plus coûteuses.
- Qualité du rapport : recommandations actionnables, hypothèses explicites, schémas.
Questions à poser avant de signer
- Quels essais sont prévus et à quelle profondeur ?
- Le rapport inclut-il des préconisations pour drainage/gestion des eaux ?
- Les hypothèses tiennent-elles compte d’un vide sanitaire / dallage / sous-sol ?
- Le bureau peut-il échanger directement avec le constructeur/maçon ?
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
Erreur n°1 : croire qu’une G1 suffit pour construire
La G1 est informative. Pour dimensionner des fondations et éviter de « construire à l’aveugle », la G2 est généralement la référence.
Erreur n°2 : faire l’étude sans plan (ou avec un plan très provisoire)
Sans implantation fiable, les sondages peuvent être mal positionnés et les recommandations moins adaptées. Fournissez un minimum de données projet.
Erreur n°3 : minimiser la gestion des eaux autour de la maison
Sur sols argileux, les variations d’humidité sont critiques. Une bonne étude doit aider à décider : pentes des terrains, évacuation des eaux pluviales, drainage si pertinent, distance aux arbres, etc.
Erreur n°4 : ignorer les préconisations en exécution
Une G2 n’est utile que si elle est appliquée. Conservez le rapport, transmettez-le aux entreprises, et vérifiez que les solutions (profondeurs, béton, ferraillage, remblais) sont respectées.
Bonnes pratiques
- Demander la G2 avant le chiffrage définitif des fondations.
- Faire valider les préconisations par le constructeur/maçon.
- Prévoir une marge pour adaptations si le chantier révèle des écarts (remblais localisés, eau, etc.).
Quand faire appel à un professionnel (et lesquels) ?
Plusieurs acteurs interviennent autour de l’étude :
- Bureau d’études géotechniques : réalise G1/G2, propose les solutions adaptées au sol.
- Constructeur (CCMI) / maître d’œuvre : intègre les préconisations dans le projet et le chiffrage.
- Maçon / entreprise de gros œuvre : exécute les fondations selon les prescriptions.
- BET structure (selon projet) : peut compléter pour le ferraillage et les dimensionnements détaillés, notamment sur projets atypiques.
Faites-vous accompagner particulièrement si :
- terrain en aléa argileux moyen/fort,
- maison avec sous-sol,
- pente importante ou soutènement,
- extension sur bâti existant fissuré.
FAQ
Une étude de sol est-elle obligatoire pour un permis de construire ?
Le permis de construire n’exige pas systématiquement une étude de sol dans toutes les communes. En revanche, en zone à risque (argiles) et selon les pratiques locales/constructeurs, elle peut être demandée et elle est fortement recommandée pour dimensionner correctement les fondations.
Quelle différence entre G1 et G2 pour un particulier ?
La G1 informe sur les risques et donne des principes généraux. La G2 conçoit : elle fournit des préconisations précises pour votre maison (fondations, terrassement, drainage), donc elle est beaucoup plus opérationnelle.
Peut-on faire une G2 si on n’a pas de G1 ?
Oui. La G2 peut être réalisée sans G1 préalable, surtout si vous êtes déjà propriétaire du terrain ou si aucune G1 n’était fournie à la vente. Le bureau d’études adaptera les investigations en conséquence.
Qui paie l’étude de sol : vendeur, acheteur ou constructeur ?
Pour une G1 liée à la vente en zone concernée, elle est généralement à la charge du vendeur (dans le cadre des obligations associées à la transaction). La G2 est le plus souvent à la charge du maître d’ouvrage (vous), parfois intégrée/organisée par le constructeur selon le contrat.
Une étude de sol garantit-elle l’absence de fissures ?
Elle ne peut pas « garantir » à 100 %, car le sol évolue et l’exécution compte beaucoup. En revanche, elle réduit fortement le risque en adaptant la conception (fondations, gestion des eaux) aux caractéristiques réelles du terrain.
Conclusion
La question « étude de sol G1 et G2 : est-elle obligatoire ? » dépend du contexte : la G1 est souvent exigée lors de la vente d’un terrain en zone argileuse (aléa moyen/fort), tandis que la G2, même si elle n’est pas toujours imposée par un texte dans tous les cas, reste la plus déterminante pour concevoir des fondations adaptées et éviter des désordres coûteux. Côté budget, comptez en général 800 à 1 500 € pour une G1 et 1 500 à 3 000 € pour une G2, avec des variations selon le terrain et le projet. Avant de lancer le chantier, assurez-vous que les préconisations du rapport sont bien intégrées aux plans, au chiffrage et à l’exécution : c’est là que l’étude de sol prend toute sa valeur.