Pourquoi entretenir ses fenêtres ?

L’objectif principal est de conserver l’isolation et l’étanchéité à l’air. Une fenêtre performante, ce n’est pas seulement un bon double vitrage : c’est aussi un ensemble cohérent cadre + ouvrant + joints + quincaillerie. Avec le temps, les petites déformations, la poussière et l’humidité dégradent ces éléments.

  • Limiter les pertes de chaleur : un mauvais plaquage de l’ouvrant ou un joint fatigué laisse passer l’air.
  • Prévenir la condensation : une fenêtre qui ferme mal favorise les zones froides et l’humidité sur les bords du vitrage.
  • Allonger la durée de vie : éviter l’usure prématurée des paumelles, crémone et poignées.
  • Conserver le confort acoustique : l’étanchéité participe fortement à l’affaiblissement des bruits.
  • Éviter les réparations coûteuses : un simple réglage annuel peut empêcher une casse de quincaillerie.

À quelle fréquence faire l’entretien ?

Adoptez un rythme réaliste : mieux vaut peu mais régulier. En France, les fenêtres subissent souvent pluie, pollution et variations de température, ce qui justifie un entretien planifié.

  • Tous les 2 à 3 mois : dépoussiérage des rails/gorges et vérification visuelle des joints.
  • 2 fois par an (idéalement printemps et automne) : nettoyage complet + lubrification légère des pièces mobiles.
  • 1 fois par an : contrôle du réglage (pression de fermeture, affaissement éventuel, points de verrouillage).
  • Après épisode particulier (travaux, tempête, pollen, embruns en bord de mer) : nettoyage ciblé.

Nettoyer vitrages, cadres et rails sans abîmer

Le matériel recommandé

  • Chiffon microfibre, éponge non abrasive
  • Eau tiède + savon doux (liquide vaisselle)
  • Raclette à vitre (optionnelle)
  • Brosse souple ou vieille brosse à dents pour les recoins
  • Aspirateur avec embout fin pour les rails

Vitrage : simple, mais avec la bonne méthode

  1. Dé-poussiérez à sec (microfibre) pour éviter les micro-rayures.
  2. Lavez à l’eau tiède savonneuse, sans surcharger en produit.
  3. Rincez si nécessaire et séchez avec une microfibre propre ou une raclette.

Astuce : évitez de laver en plein soleil, le produit sèche trop vite et laisse des traces.

Cadres et ouvrants : attention aux produits agressifs

Nettoyez les profilés (PVC, alu, bois peint/verni) avec une solution douce. Insistez sur les feuillures et zones de recouvrement où s’accumulent poussière et pollution.

  • À éviter : acétone, ammoniaque, solvants, poudres abrasives, éponges grattantes.
  • À faire : rincer légèrement si vous êtes en bord de mer (sel) ou zone très polluée.

Rails et évacuations d’eau : le point clé pour l’étanchéité

Sur les coulissantes et certaines menuiseries, les rails et trous de drainage peuvent se boucher. Résultat : infiltration, eau stagnante, dégradation des joints.

  1. Aspirez les saletés dans les rails.
  2. Brossez les angles et passez un chiffon humide.
  3. Vérifiez les orifices d’évacuation : débouchez délicatement (sans agrandir) avec un petit outil non coupant.

Joints d’étanchéité : contrôle, nettoyage, remplacement

Les joints assurent une grande partie de l’étanchéité à l’air et à l’eau. Un joint en bon état doit être souple, continu, non craquelé et correctement positionné.

Comment vérifier l’état des joints ?

  • Inspectez les angles : ce sont les zones qui se décollent en premier.
  • Recherchez craquelures, écrasements, manque d’élasticité.
  • Test simple : fermez la fenêtre sur une feuille de papier. Si la feuille glisse facilement, la pression de fermeture est probablement insuffisante (ou le joint usé).

Nettoyer et préserver

Nettoyez les joints avec un chiffon humide et savon doux, puis essuyez. Pour limiter le dessèchement, vous pouvez appliquer une fine couche de lubrifiant silicone adapté aux joints (en spray sur chiffon, pas directement à grande dose).

Quand remplacer un joint ?

Remplacez si vous constatez des courants d’air, une fermeture moins ferme, des sifflements au vent, ou si le joint est dur et craquelé. Le remplacement dépend du profil de joint (à clipser, à glisser, collé) : prenez une photo et, si possible, un échantillon pour trouver la bonne référence.

Quincaillerie et réglages : garder une fermeture parfaite

La quincaillerie (paumelles, gâches, crémone, galets, poignée) travaille à chaque ouverture. Une fenêtre oscillo-battante, par exemple, possède plusieurs points de verrouillage qui doivent rester propres et légèrement lubrifiés.

Lubrification : juste ce qu’il faut

  • Dépoussiérez les pièces métalliques.
  • Appliquez une goutte d’huile fine ou un lubrifiant adapté sur les axes/points de rotation et galets.
  • Essuyez l’excédent : trop de lubrifiant attire la poussière.

Réglages courants (et signes qui alertent)

  • Fenêtre qui frotte en bas ou côté poignée : possible affaissement, réglage de paumelles à prévoir.
  • Poignée dure : quincaillerie encrassée, manque de lubrification ou mauvais alignement des points de fermeture.
  • Courant d’air malgré le double vitrage : compression des joints insuffisante, réglage de la pression (galets excentriques) à effectuer.

Si vous n’êtes pas à l’aise, évitez de forcer : une mauvaise manipulation peut désaligner la fenêtre ou endommager une pièce.

Entretien selon le matériau : PVC, aluminium, bois

Fenêtres PVC

  • Nettoyage à l’eau savonneuse, rinçage léger, séchage.
  • Évitez solvants et éponges abrasives (risque de ternissement).
  • Surveillez les joints et la quincaillerie : c’est souvent là que la performance se joue.

Fenêtres aluminium

  • Très résistant, mais sensible à certains produits : privilégiez savon doux.
  • En bord de mer : rincer plus souvent pour limiter l’effet du sel.
  • Contrôlez les coulissants : rails propres = manœuvre fluide.

Fenêtres bois

  • Le bois demande un suivi du film de protection (peinture, lasure, vernis).
  • Inspectez chaque année les zones exposées : bas de traverse, appuis, côtés battus.
  • Au moindre éclat, poncez localement et retouchez pour éviter l’infiltration d’eau.

Coûts et facteurs de prix

L’entretien courant coûte peu : essentiellement du temps et quelques produits. Les dépenses apparaissent surtout quand il faut remplacer des consommables ou des pièces.

  • Produits de nettoyage doux : quelques euros.
  • Lubrifiant silicone / huile fine : environ 5 à 15 €.
  • Remplacement de joints : variable selon type et longueur ; comptez souvent 20 à 80 € en fourniture pour plusieurs ouvrants.
  • Intervention pro (réglage, diagnostic, petites réparations) : le tarif dépend du déplacement et de la complexité ; le remplacement d’une pièce de quincaillerie ou un réglage complet peut faire évoluer le budget.

Facteurs qui influencent le prix : type de fenêtre (oscillo-battant, coulissant), accessibilité, marque de quincaillerie, disponibilité des pièces, état général (déformation, humidité).

Erreurs fréquentes à éviter

  • Utiliser des produits abrasifs : ils rayent les vitrages et ternissent les profilés.
  • Graisser excessivement : la poussière se colle et la manœuvre se dégrade.
  • Oublier les drains : un trou d’évacuation bouché peut provoquer des infiltrations.
  • Forcer une poignée : risque de casse de crémone ou de déformation d’ouvrant.
  • Remplacer un joint “à peu près” : un joint de mauvaise section ou mal posé peut empirer l’étanchéité.
  • Négliger la ventilation : l’entretien ne remplace pas une aération correcte (VMC, entrées d’air), essentielle contre la condensation.

Quand faire appel à un professionnel ?

Un professionnel (menuisier, réparateur de fenêtres) est recommandé si :

  • La fenêtre est difficile à fermer malgré nettoyage et lubrification.
  • Vous constatez une infiltration d’eau récurrente ou des traces d’humidité autour du dormant.
  • Il y a jeu important dans les paumelles, ou un affaissement visible.
  • La quincaillerie est cassée (crémone, gâche, galet, poignée) ou si la référence est difficile à identifier.
  • Le double vitrage est embué entre les vitres (signe de rupture d’étanchéité du vitrage : ce n’est pas un problème de nettoyage).

Un diagnostic rapide permet souvent de choisir entre un simple réglage, le remplacement de joints, ou une réparation ciblée, sans changer toute la fenêtre.

Conclusion

Entretenir ses fenêtres, c’est préserver l’essentiel : l’étanchéité à l’air, l’isolation, la facilité d’ouverture et la durabilité. En combinant un nettoyage doux, un contrôle régulier des joints, un entretien léger de la quincaillerie et quelques réglages au bon moment, vous évitez les courants d’air, la condensation et les pannes. Si un problème persiste (infiltration, affaissement, vitrage embué), n’attendez pas : une intervention professionnelle tôt est souvent plus simple et moins coûteuse.

FAQ

Comment savoir si mes fenêtres laissent passer l’air ?

Les signes courants sont une sensation de courant d’air près du cadre, un sifflement par vent fort, ou une feuille de papier qui se retire facilement une fois la fenêtre fermée. Un réglage de la pression de fermeture ou un joint à remplacer sont souvent en cause.

Quel produit utiliser pour nettoyer des fenêtres PVC sans les abîmer ?

Une éponge douce avec de l’eau tiède et un peu de liquide vaisselle suffit. Évitez solvants et poudres abrasives qui peuvent ternir ou marquer le PVC.

Faut-il graisser les rails d’une baie coulissante ?

En général, non : privilégiez un rail propre et sec. Si le fabricant le recommande, utilisez un lubrifiant adapté en très petite quantité. Trop de graisse retient les poussières et aggrave le problème.

À quelle fréquence remplacer les joints de fenêtre ?

Il n’y a pas de durée universelle : cela dépend de l’exposition, de la qualité des joints et des usages. Remplacez dès qu’ils deviennent durs, craquelés, décollés ou si l’étanchéité se dégrade.

Que faire si j’ai de la condensation sur les vitres ?

La condensation à l’intérieur de la pièce est souvent liée à l’humidité (cuisine, salle de bain, séchage du linge) et à une ventilation insuffisante. Si la buée se situe entre les deux vitres, le double vitrage est probablement défaillant et doit être remplacé.