Besoin d'un professionnel pour vos travaux ?
Recevez jusqu'à 3 devis gratuits et sans engagement.
Comment un système solaire se raccorde à une installation existante
Un kit photovoltaïque injecte de l’électricité dans votre réseau domestique via un onduleur (ou des micro-onduleurs) qui convertit le courant continu des panneaux en courant alternatif 230 V. L’objectif en autoconsommation est simple : vos appareils consomment en priorité l’énergie produite, et le reste est soit injecté sur le réseau (vente du surplus), soit stocké (batterie), soit limité (zéro injection).
La compatibilité dépend surtout de la capacité de votre installation à accueillir une nouvelle source d’énergie de manière sûre : protections électriques adaptées, continuité de terre, conformité minimale de l’existant et raccordement conforme aux règles françaises (notamment NF C 15-100 côté installation intérieure, et exigences de raccordement Enedis côté réseau).
Les vérifications indispensables avant d’installer
1) État général et conformité de l’installation électrique
Avant toute chose, on évalue si l’installation est saine : pas de conducteurs dénudés, pas de matériel vétuste dangereux, pas de traces d’échauffement, et un tableau électrique lisible. Une installation ancienne n’empêche pas forcément un projet solaire, mais elle peut nécessiter une mise à niveau pour sécuriser l’ensemble.
2) Mise à la terre et liaisons équipotentielles
La terre est un point clé : résistance de prise de terre correcte, barrette de coupure accessible, conducteurs de protection présents. Les générateurs PV et leurs châssis doivent être reliés à la terre selon les prescriptions du fabricant et les règles en vigueur. En maison individuelle, une terre insuffisante peut conduire à des déclenchements intempestifs ou à un risque accru en cas de défaut.
3) Puissance disponible et abonnement
L’ajout de panneaux ne demande pas forcément d’augmenter l’abonnement : en autoconsommation, vous réduisez surtout l’énergie achetée. En revanche, certains choix peuvent impacter votre besoin : ajout d’une batterie, borne de recharge, pompe à chaleur… Un bilan de puissance (et une stratégie d’usages) permet d’optimiser.
4) Emplacement des équipements
Onduleur, coffrets de protection AC/DC, éventuelle batterie : il faut un espace ventilé, accessible, protégé de l’humidité et des fortes chaleurs. Un garage ou un local technique convient souvent, en respectant les distances et consignes du fabricant.
Tableau électrique : protections et adaptations fréquentes
La plupart des adaptations concernent le tableau électrique. Le photovoltaïque impose des dispositifs de protection dédiés pour éviter les risques d’incendie, de choc électrique et pour assurer la coupure en cas de défaut.
Protections courantes côté AC (courant alternatif)
- Disjoncteur dédié pour l’onduleur (calibre selon la puissance et la section des câbles).
- Interrupteur différentiel adapté (type A ou F selon l’équipement ; certains fabricants imposent un type précis).
- Parafoudre (souvent recommandé, parfois requis selon l’exposition et la configuration).
- Sectionneur / dispositif de coupure accessible pour la maintenance.
Protections côté DC (si onduleur central)
Avec un onduleur central, on ajoute généralement un coffret DC : fusibles/sectionneur DC, parafoudre DC selon besoin. Avec des micro-onduleurs, la partie DC est très limitée sur le toit et l’essentiel se fait côté AC.
Tableau saturé : que faire ?
Si votre tableau est plein, il existe plusieurs solutions :
- Ajouter un coffret divisionnaire dédié au photovoltaïque.
- Remplacer le tableau par un modèle plus grand (souvent l’occasion d’améliorer la sécurité globale).
- Réorganiser les rangées si l’installation le permet (à faire par un électricien).
Schémas de raccordement (autoconsommation, surplus, batterie)
Autoconsommation avec vente du surplus
C’est le montage le plus courant : l’énergie non consommée est injectée sur le réseau et rachetée. Il faut un compteur communicant (Linky le plus souvent) et un contrat associé. L’onduleur doit intégrer des fonctions de découplage réseau conformes.
Autoconsommation sans injection (zéro injection)
Utile si vous ne souhaitez pas de contrat de vente. Un dispositif de limitation (pilotage via mesure de consommation) évite l’injection. Attention : la précision du système et la compatibilité avec vos usages sont essentielles.
Ajout d’une batterie
La batterie augmente le taux d’autoconsommation, mais complexifie l’installation : protections supplémentaires, emplacement, gestion énergétique, parfois un onduleur hybride. Sur une installation existante, il faut vérifier l’espace disponible, la ventilation et la stratégie de secours (la plupart des batteries ne fournissent pas automatiquement une alimentation en cas de coupure sans équipement dédié).
Coûts : ce qui fait varier le prix
La compatibilité peut influencer le budget au-delà du prix des panneaux. Les principaux facteurs :
- État du tableau : ajout de protections, remplacement, coffret additionnel.
- Distance entre toiture et local technique : longueur de câbles, traversées, goulottes.
- Type d’onduleur : micro-onduleurs (souvent plus chers mais flexibles) vs onduleur central.
- Parafoudres et mise à la terre : ajout/renforcement éventuel.
- Option batterie et pilotage énergétique.
En pratique, l’adaptation électrique sur une maison peut aller de quelques centaines d’euros (protections et petits ajustements) à davantage si un tableau complet est à remplacer. Un devis détaillé doit séparer : générateur PV, raccordement, protections, éventuels travaux de remise à niveau.
Étapes de mise en œuvre
- Visite technique : contrôle du tableau, de la terre, repérage des cheminements, choix du schéma de raccordement.
- Dimensionnement : puissance des panneaux selon la consommation, l’orientation, l’ombrage et vos objectifs (surplus, batterie).
- Devis et choix matériel : onduleur, protections, monitoring, options (zéro injection, batterie).
- Pose : fixation, câblage, installation des coffrets de protection, raccordement au tableau.
- Contrôles et mise en service : tests, paramétrage, activation du suivi de production.
- Raccordement administratif : selon le mode (vente du surplus), démarches et validation du gestionnaire de réseau.
Entretien et suivi : garder une installation sûre et performante
Le photovoltaïque demande peu d’entretien, mais un minimum de suivi évite les mauvaises surprises :
- Surveiller la production via l’application de monitoring : chute brutale = alerte.
- Contrôle visuel annuel : câbles apparents, coffrets, absence d’humidité, ventilation de l’onduleur.
- Nettoyage des panneaux si encrassement important (pollen, poussières, fientes), en respectant les règles de sécurité en toiture.
- Vérification des protections (serrage, échauffements, différentiel) lors d’une maintenance par un pro.
Erreurs courantes à éviter
- Se raccorder sur un circuit existant sans ligne dédiée ni protections adaptées.
- Ignorer la mise à la terre ou la traiter “à minima”.
- Sous-dimensionner les sections de câbles : pertes, échauffements, déclenchements.
- Installer l’onduleur dans un endroit trop chaud (combles non isolés, plein soleil) : baisse de rendement, vieillissement accéléré.
- Oublier le parafoudre dans une zone exposée : risque accru en cas d’orage.
- Choisir un matériel incompatible (différentiel non adapté, absence de fonctions requises pour le réseau).
Quand faire appel à un professionnel
Dès qu’il y a intervention sur le tableau électrique, création de circuits dédiés ou ajout d’une batterie, il est prudent (et souvent indispensable) de passer par un installateur qualifié. Faites appel à un professionnel si :
- Votre installation est ancienne ou comporte des anomalies visibles.
- Le tableau est saturé ou non repéré.
- Vous souhaitez une vente du surplus avec dossier complet et conformité.
- Vous envisagez une batterie ou un mode secours.
Un bon pro vous remettra un schéma de raccordement, un repérage clair des protections, et expliquera l’exploitation (coupure d’urgence, redémarrage, surveillance).
Conclusion
Oui, les panneaux solaires sont généralement compatibles avec une installation électrique existante, mais la réussite du projet repose sur des vérifications incontournables : état du tableau, protections dédiées, mise à la terre, cheminements et choix du schéma (autoconsommation, surplus, batterie). En investissant dans une adaptation électrique propre et conforme, vous sécurisez votre logement et maximisez la performance de votre installation photovoltaïque sur le long terme.
FAQ
Faut-il refaire tout le tableau électrique pour installer des panneaux solaires ?
Non. Souvent, on ajoute simplement des protections dédiées (disjoncteur, différentiel, parafoudre). Un remplacement complet est envisagé si le tableau est vétuste, non conforme ou saturé.
Une maison ancienne est-elle incompatible avec le photovoltaïque ?
Pas forcément. L’essentiel est d’avoir une installation sécurisée : terre correcte, protections en bon état, absence d’échauffements. Une remise à niveau partielle peut suffire.
Micro-onduleurs ou onduleur central : lequel est le plus simple sur de l’existant ?
Les micro-onduleurs sont souvent pratiques quand il y a de l’ombrage ou plusieurs orientations, et ils limitent la partie DC. L’onduleur central peut être plus économique, mais nécessite généralement un coffret DC en plus.
Peut-on installer des panneaux solaires sans injecter sur le réseau ?
Oui, avec un système “zéro injection” qui limite la puissance exportée. C’est utile si vous ne voulez pas de contrat de vente, mais il faut un matériel et un paramétrage adaptés.
Les panneaux solaires fonctionnent-ils en cas de coupure de courant ?
En général non : pour des raisons de sécurité, l’onduleur se coupe quand le réseau est absent. Une alimentation de secours nécessite une configuration spécifique (onduleur hybride, batterie, sortie back-up).