Quand le diagnostic électrique est-il obligatoire ?

Le diagnostic électrique concerne les logements (appartement ou maison) dont l’installation d’électricité a plus de 15 ans (ou dont le dernier certificat de conformité date de plus de 15 ans). Il est exigé dans deux grandes situations : la vente et la location.

Pour une vente immobilière

Lors de la vente d’un logement, le diagnostic électrique fait partie du Dossier de Diagnostic Technique (DDT) remis à l’acquéreur. Il doit être annexé :

  • à la promesse de vente (ou compromis) si elle est signée,
  • ou, à défaut, à l’acte authentique.

Si vous ne le fournissez pas alors qu’il est obligatoire, vous vous exposez à des litiges (vice caché, défaut d’information) et à une perte de protection juridique en tant que vendeur.

Pour une location (bail d’habitation)

Pour les locations, le diagnostic électrique est également à annexer au bail si l’installation a plus de 15 ans. Il concerne :

  • les locations vides,
  • les locations meublées,
  • les renouvellements ou nouveaux baux si le diagnostic en cours de validité n’est pas déjà fourni.

Objectif : permettre au locataire de connaître l’état de sécurité de l’installation et inciter à corriger les points dangereux.

Cas où il n’est pas exigé (ou pas pertinent)

Le diagnostic électrique peut ne pas être requis si :

  • l’installation a moins de 15 ans,
  • vous disposez d’un document équivalent valable attestant d’une installation récente (dans certains cas de rénovations complètes),
  • il s’agit d’un local non destiné à l’habitation (le régime diffère).

En pratique, si vous avez un doute sur l’âge réel de l’installation, le plus fiable est de vous baser sur la date d’une rénovation électrique complète ou de contacter un diagnostiqueur pour confirmer l’obligation.

Que vérifie le diagnostic électrique ?

Le diagnostiqueur ne démonte pas toute l’installation, mais réalise une série de contrôles visuels et tests sur les éléments accessibles. Le diagnostic vise à repérer les défauts susceptibles de provoquer : électrisation/électrocution, incendie, échauffements, dysfonctionnements.

Le tableau électrique et les dispositifs de protection

Le tableau est un point central. Le diagnostic porte notamment sur :

  • la présence et le bon fonctionnement d’un dispositif différentiel 30 mA (protection des personnes),
  • la présence de disjoncteurs ou fusibles adaptés à chaque circuit,
  • la cohérence du calibre des protections avec la section des conducteurs (risque d’échauffement),
  • l’état du tableau (capot, obturateurs, absence de parties nues accessibles),
  • le repérage/étiquetage des circuits (pas toujours obligatoire, mais fortement recommandé).

La mise à la terre et la continuité des liaisons

La mise à la terre est essentielle pour évacuer les courants de défaut. Le diagnostiqueur vérifie notamment :

  • la présence d’une prise de terre,
  • la présence des conducteurs de protection (fil vert/jaune) sur les circuits concernés,
  • les liaisons équipotentielles (notamment dans les salles d’eau),
  • l’absence de défauts manifestes de continuité sur les éléments accessibles.

Attention : ce contrôle n’équivaut pas à une mesure exhaustive de toute l’installation, mais il permet d’identifier des manques évidents et des configurations dangereuses.

Les prises, interrupteurs et points d’utilisation

Le diagnostiqueur inspecte un échantillon représentatif des points d’utilisation :

  • prises endommagées, mal fixées, sans plaque, avec parties sous tension accessibles,
  • interrupteurs cassés ou dangereux,
  • présence de socles de prise sans terre dans un logement qui devrait être équipé,
  • matériels inadaptés dans les zones à risque (humidité, projections d’eau).

La sécurité dans les salles de bains et pièces d’eau

Les pièces d’eau sont particulièrement contrôlées : respect des règles de sécurité liées aux volumes (proximité baignoire/douche), matériels adaptés (indice de protection), présence des protections différentielles, et liaison équipotentielle lorsque nécessaire.

Les conducteurs et la protection mécanique

L’objectif est d’éviter l’accès à des fils dénudés ou mal protégés. Sont notamment signalés :

  • les conducteurs non protégés par des gaines/conduits,
  • les raccordements hasardeux (dominos hors boîte, connexions accessibles),
  • les fils apparents susceptibles d’être arrachés,
  • les matériels vétustes présentant un risque.

Dans certains logements anciens, la présence de vieux appareillages ou de circuits partiellement rénovés peut générer des incohérences (terre absente sur une partie, protections hétérogènes, etc.).

Durée de validité et documents à fournir

Validité en cas de vente

Pour une vente, le diagnostic électrique est généralement valable 3 ans. Si vous avez effectué des travaux depuis, un nouveau diagnostic peut être utile (voire nécessaire) pour refléter l’état réel et rassurer l’acquéreur.

Validité en cas de location

Pour une location, la durée de validité est plus longue : en pratique, on retient souvent 6 ans. Conservez le rapport et sa référence : cela facilite les renouvellements de bail et la gestion locative.

Qui le réalise et sous quelle forme ?

Le diagnostic doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié. Vous recevez un rapport listant les points contrôlés, les anomalies relevées, leur niveau de gravité et les recommandations. Ce rapport a un rôle informatif : il n’impose pas automatiquement des travaux, mais engage votre responsabilité selon la situation (notamment en location si la sécurité est en cause).

Prix : combien coûte un diagnostic électrique ?

Le prix varie selon la surface du logement, la complexité, la zone géographique et le fait qu’il soit intégré à un pack de diagnostics (DPE, amiante, plomb, gaz, etc.). En ordre de grandeur, comptez souvent entre 90 € et 160 € pour un diagnostic électrique seul, et moins cher en pack.

Facteurs qui font varier le tarif

  • Type de logement : studio vs maison avec annexes.
  • Accès et état : tableau difficile d’accès, dépendances, circuits multiples.
  • Regroupement : achat simultané d’autres diagnostics.
  • Délais : intervention urgente parfois plus chère.

Demandez un devis détaillé et vérifiez la certification et l’assurance professionnelle du diagnostiqueur.

Anomalies fréquentes et risques associés

Un rapport de diagnostic électrique mentionne souvent des anomalies dans les logements de plus de 20 ans. Certaines sont mineures, d’autres doivent alerter immédiatement.

Absence de différentiel 30 mA

C’est l’une des anomalies les plus sensibles : sans différentiel 30 mA, le risque d’électrocution augmente en cas de défaut d’isolement, notamment dans les pièces d’eau.

Tableau électrique ancien ou incomplet

Tableau sans capot, fusibles non adaptés, absence d’obturateurs, circuits non protégés correctement : ce sont des causes fréquentes d’échauffements et de départs de feu.

Mise à la terre incomplète

Dans certains logements, seules quelques prises ont la terre, ou la continuité est incertaine. Cela ne provoque pas forcément une panne, mais diminue fortement la sécurité en cas de défaut.

Raccordements non conformes

Dominos hors boîte, dérivations accessibles, fils dénudés : au-delà du risque électrique, cela peut entraîner des dysfonctionnements (déclenchements, échauffement localisé).

Que faire après le diagnostic ?

Le diagnostic vous donne une photographie à un instant T. La bonne démarche consiste à :

  1. Lire le rapport et repérer les anomalies les plus critiques (protection différentielle, parties sous tension accessibles, risques en salle d’eau).
  2. Faire chiffrer les corrections par un électricien qualifié, surtout si plusieurs anomalies se cumulent.
  3. Prioriser : sécurité des personnes en premier, puis prévention incendie, puis confort (prises supplémentaires, circuits dédiés).
  4. Conserver les preuves : factures, photos, schémas, mise à jour du tableau (étiquetage). Cela peut rassurer un acheteur/locataire.

En vente, vous pouvez choisir de ne pas faire de travaux et de vendre en l’état, mais un rapport défavorable impacte souvent la négociation. En location, en revanche, il est prudent de corriger rapidement tout point pouvant mettre en cause la sécurité.

Travaux possibles : priorités et bonnes pratiques

Les travaux ne sont pas tous du même ordre. Certains sont rapides et peu coûteux, d’autres relèvent d’une rénovation partielle ou complète.

Mise en sécurité (interventions ciblées)

Souvent, une mise en sécurité suffit à réduire fortement les risques :

  • ajout d’un ou plusieurs interrupteurs différentiels 30 mA,
  • remplacement d’un tableau vétuste ou réorganisation (disjoncteurs adaptés),
  • pose d’obturateurs/capots et suppression des parties actives accessibles,
  • remise en état de quelques prises/interrupteurs dangereux,
  • mise en conformité de certains points en salle d’eau (appareillages, liaisons).

Rénovation partielle ou complète

Si l’installation est très ancienne (circuits sous-dimensionnés, conducteurs dégradés, absence de terre généralisée), une rénovation plus large peut être pertinente :

  • création/renforcement de la prise de terre,
  • création de circuits dédiés (four, plaques, lave-linge),
  • remplacement de lignes anciennes,
  • ajout de prises pour limiter les multiprises (souvent sources d’échauffement),
  • mise à niveau du tableau et repérage des circuits.

Le choix dépend de l’usage du logement, de votre projet (vente rapide vs conservation long terme) et du budget. Un électricien peut vous proposer plusieurs scénarios (minimal sécurité / rénovation confort / rénovation complète).

Quand faire appel à un professionnel ?

Pour la majorité des corrections liées au diagnostic électrique, l’intervention d’un électricien est recommandée, voire indispensable. Faites appel à un pro notamment si :

  • le rapport signale l’absence ou le dysfonctionnement d’un différentiel 30 mA,
  • le tableau nécessite une modification,
  • la mise à la terre est à créer ou à reprendre,
  • des anomalies concernent la salle de bains,
  • vous constatez des symptômes : disjonctions répétées, odeur de chaud, prises noircies, grésillements.

Pour comparer, demandez au moins deux devis. Vérifiez le détail : matériel prévu (marques, calibres), nombre de modules au tableau, temps d’intervention, remise en état des finitions (goulottes, rebouchage), et attestation de fin de travaux si nécessaire.

Erreurs courantes à éviter

  • Confondre diagnostic et conformité : un diagnostic n’est pas une validation complète au regard de toutes les normes récentes, c’est une évaluation de sécurité.
  • Ignorer les anomalies “simples” : une prise cassée ou un fil accessible peut sembler mineur, mais le risque est réel (enfants, humidité, vieillissement).
  • Faire des bricolages au tableau sans compétence : mauvais serrage, mauvais calibre, absence de repérage peuvent aggraver la situation.
  • Multiplier les adaptateurs et multiprises au lieu d’ajouter des prises et circuits adaptés.
  • Attendre la dernière minute avant une vente : le diagnostic peut déclencher une renégociation; anticiper permet de choisir entre travaux ou ajustement du prix.

Conclusion

Le diagnostic électrique obligatoire est un outil clé pour sécuriser les logements de plus de 15 ans et informer acheteurs et locataires. Il vérifie surtout les protections au tableau, la mise à la terre, la sécurité des prises/interrupteurs et les risques spécifiques en pièces d’eau. Anticiper le diagnostic et traiter rapidement les anomalies critiques permet de réduire les risques, de valoriser le bien et d’éviter les mauvaises surprises lors d’une vente ou d’une mise en location.

FAQ

Le diagnostic électrique oblige-t-il à faire des travaux ?

Non, le rapport est informatif. En revanche, en location, le bailleur doit fournir un logement décent et sécurisé : si des anomalies mettent en danger les occupants, des travaux peuvent devenir nécessaires pour respecter vos obligations.

Quelle différence entre diagnostic électrique et mise aux normes ?

Le diagnostic identifie des risques et anomalies sur des points précis. La mise aux normes vise une conformité complète à une norme récente (souvent la NF C 15-100 pour le résidentiel), ce qui peut impliquer une rénovation plus profonde.

Le diagnostiqueur démonte-t-il les prises ou le tableau ?

Il effectue surtout des contrôles visuels et des tests sur les éléments accessibles. Il ne réalise pas un démontage exhaustif de toute l’installation, ce qui explique que certaines anomalies « cachées » puissent ne pas être détectées.

Dois-je refaire un diagnostic après des travaux électriques ?

Ce n’est pas systématiquement obligatoire, mais c’est pertinent si vous avez corrigé des anomalies importantes avant une vente ou une location : un rapport actualisé peut rassurer et faciliter la transaction.

Que risque-t-on si le diagnostic n’est pas fourni lors d’une vente ?

Vous perdez une partie de votre protection en tant que vendeur et vous vous exposez à des contestations pour défaut d’information. Le notaire demande en pratique les diagnostics obligatoires pour constituer le DDT.