Comprendre les critères de choix

Le mot-clé principal de cet article pourrait se résumer à : choisir une peinture par pièce. Pour y parvenir, basez-vous sur quatre critères.

1) La finition : mat, velours, satin…

  • Mat : masque mieux les petites imperfections et limite les reflets. Moins lessivable, donc plutôt pour pièces sèches et murs peu sollicités.
  • Velours : compromis très apprécié (aspect légèrement poudré, meilleure résistance au nettoyage qu’un mat). Idéal en pièce de vie.
  • Satin : plus tendu et plus résistant, il se nettoie facilement. Met davantage en évidence les défauts de préparation.
  • Brillant / laqué : très lessivable mais exige un support impeccable. Plutôt pour boiseries/portes ou zones très exposées.

2) La composition : acrylique, glycéro, alkyde

  • Peinture acrylique (à l’eau) : faible odeur, séchage rapide, nettoyage des outils à l’eau. C’est le standard en intérieur.
  • Glycéro (au solvant) : très résistante mais odeur forte, séchage plus long, COV plus élevés. De moins en moins utilisée en intérieur chez les particuliers.
  • Alkyde (émulsion ou solvant) : souvent présentée comme une alternative, avec une belle tension et une résistance proche de la glycéro, tout en limitant les odeurs (selon produits).

3) La résistance : lessivabilité, abrasion, taches

Dans une cuisine ou une salle de bain, privilégiez une peinture lessivable et résistante aux taches. Dans un couloir ou une pièce de vie, la résistance aux frottements (abrasion) est importante, surtout si vous avez des enfants.

4) Le support et l’état du mur

Plâtre, placo, anciennes peintures, enduits, murs déjà lessivés ou tachés : la préparation dicte la durabilité. Une peinture très résistante ne compensera pas un support farinant ou humide. Pensez aussi à la sous-couche (primaire) adaptée.

Quelle peinture choisir pour le salon ?

Le salon est une pièce de vie : passages fréquents, lumière naturelle, parfois un poêle ou une cheminée, et des murs soumis à des frottements modérés (canapé, chaises). L’objectif : un rendu esthétique et durable.

Recommandation murs

  • Finition conseillée : velours (ou satin léger si vous voulez plus lessivable).
  • Type : acrylique de qualité, classée lessivable (regardez les mentions “lavable/lessivable” et la résistance à l’abrasion humide).

Recommandation plafond

  • Finition : mat spécial plafond (anti-traces, temps ouvert plus long si possible).
  • Conseil : choisissez une peinture qui limite les reprises pour éviter les marques en lumière rasante.

Couleur et rendu : un point pratique

Les couleurs foncées et les peintures satinées révèlent davantage les défauts. Si vos murs ne sont pas parfaitement lisses, un velours ou un mat soyeux est souvent plus flatteur.

Quelle peinture choisir pour la cuisine ?

La cuisine cumule projections, graisses, vapeur et nettoyages fréquents. Ici, la priorité est la résistance (taches, lessivage) et la compatibilité avec des zones exposées.

Recommandation murs

  • Finition conseillée : satin (voire velours lessivable dans une cuisine peu intensive).
  • Type : acrylique lessivable ou alkyde (belle tension + résistance). Évitez les peintures mates basiques sur les zones de cuisson.

Et la crédence ?

Si vous ne posez pas de carrelage/inox/verre, optez pour une solution dédiée :

  • Peinture “spéciale cuisine / spécial crédence” (résine/renforcée), compatible avec chaleur modérée et nettoyage.
  • À défaut : protégez la zone cuisson/évier avec une crédence (même petite). La peinture, même lessivable, souffre à proximité directe des projections chaudes.

Points de vigilance

  • Ne peignez pas un mur encrassé sans dégraisser : la peinture peut cloquer ou s’écailler.
  • Privilégiez une VMC fonctionnelle : la vapeur et la condensation raccourcissent la durée de vie du film de peinture.

Quelle peinture choisir pour la salle de bain ?

La salle de bain est la plus exigeante : humidité, condensation, parfois contact direct avec l’eau. Le choix se fait d’abord sur la peinture anti-humidité et une préparation adaptée.

Recommandation murs et plafond

  • Finition conseillée : satin (souvent la plus adaptée) ou velours très résistant selon les gammes.
  • Type : peinture spéciale salle de bain (anti-condensation, anti-moisissures) en phase aqueuse, ou alkyde selon besoins.

Zones à risque : douche et baignoire

La peinture n’est pas une solution durable en contact direct avec l’eau (parois de douche, angles constamment mouillés). Dans ces zones, privilégiez :

  • carrelage / panneaux muraux ;
  • ou système technique spécifique (résine + primaire + finition) conçu pour milieux très humides, en respectant strictement le protocole.

Préparation indispensable

  • Traitez les moisissures (nettoyant fongicide), rincez, laissez sécher.
  • Assainissez : VMC, entrées d’air, chauffage, aération après douche.
  • Primaire adapté : indispensable sur anciens supports ou si vous passez d’une peinture brillante à une peinture à l’eau.

Quelle peinture choisir pour une chambre ?

Dans une chambre, l’enjeu est double : confort (odeur, qualité de l’air) et rendu doux. Les contraintes mécaniques sont généralement faibles.

Recommandation murs

  • Finition conseillée : mat ou velours (plus facile à entretenir qu’un mat classique).
  • Type : acrylique à faible émission (souvent indiquée A+ pour les émissions dans l’air intérieur).

Chambre d’enfant : un cran au-dessus

Pour une chambre d’enfant, privilégiez une peinture lavable/lessivable (velours ou satin doux) afin de gérer les traces sur les murs sans lustrer ou marquer.

Plafond

Comme ailleurs : un mat spécial plafond est le plus tolérant et donne un rendu uniforme.

Et pour les plafonds, boiseries, portes et radiateurs ?

Plafonds (toutes pièces)

  • Peinture mat plafond anti-traces.
  • Dans cuisine/salle de bain : formule “pièces humides” si le plafond condense.

Boiseries et portes

  • Satin ou laque selon le rendu souhaité.
  • Produits “spécial boiseries” (acrylique ou alkyde) pour une meilleure dureté.
  • Égrenage (ponçage fin) entre couches pour un rendu tendu.

Radiateurs

  • Peinture spéciale radiateur (résistance à la chaleur, anti-jaunissement).
  • Évitez les peintures murales standards : elles vieillissent mal au contact de la chaleur.

Prix : combien ça coûte et quels facteurs font varier le budget ?

Le prix d’une peinture intérieure varie fortement selon la gamme et les propriétés (lessivable, anti-humidité, dépolluante, etc.). À titre indicatif :

  • Entrée de gamme : 15 à 30 € / 2,5 L
  • Milieu de gamme : 30 à 60 € / 2,5 L
  • Haut de gamme / techniques (cuisine, salle de bain, laques) : 60 à 100 € / 2,5 L (voire plus)

Ce qui fait vraiment la différence

  • Pouvoir couvrant : une peinture chère peut nécessiter moins de couches, donc être rentable.
  • Résistance au nettoyage : crucial en cuisine et pièces humides.
  • Rendu (tension) : plus joli et plus uniforme, surtout en satin/laque.
  • Préparation : enduits, sous-couche, lessivage. C’est souvent le vrai poste de temps (et donc de coût si vous déléguez).

Étapes de mise en œuvre : la méthode pour un résultat durable

  1. Protéger : bâches, ruban de masquage, démontage des caches prises/interrupteurs.
  2. Préparer le support : rebouchage, ponçage, dépoussiérage. En cuisine : dégraissage. En salle de bain : traitement anti-moisissures.
  3. Appliquer une sous-couche : surtout sur supports poreux, réparations, murs tachés, ou changement de type de peinture.
  4. Peindre les angles au pinceau (réchampir), puis rouleau en croisant les passes.
  5. Respecter les temps : séchage entre couches et durcissement complet (souvent plusieurs jours) avant nettoyage intensif.

Conseil matériel : un bon rouleau (microfibre adapté à la finition) et une grille d’essorage améliorent autant le rendu qu’une montée en gamme de peinture.

Entretien : comment nettoyer sans abîmer la peinture

  • Attendez le durcissement complet avant de lessiver (souvent 7 à 28 jours selon produit).
  • Utilisez une éponge douce et un détergent neutre (savon doux). Évitez les éponges abrasives.
  • Sur une finition mat : tamponnez plutôt que frotter, ou privilégiez velours si vous savez que vous nettoierez souvent.
  • Dans les pièces humides : ventilez après usage pour limiter les traces et la moisissure.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Choisir du mat basique en cuisine : traces et taches difficiles à rattraper.
  • Peindre une salle de bain sans traiter l’humidité : cloquage, moisissures, décollement.
  • Négliger la sous-couche : sur placo neuf, supports poreux ou murs tachés, c’est une cause majeure de mauvaise tenue.
  • Oublier le dégraissage (cuisine) : la peinture n’adhère pas correctement.
  • Confondre “lavable” et “lessivable” : “lavable” tolère un nettoyage léger, “lessivable” résiste à des nettoyages répétés.
  • Sur-ventiler trop tôt : courant d’air et séchage trop rapide peuvent marquer les reprises selon conditions.

Quand faire appel à un professionnel ?

Vous pouvez peindre vous-même une chambre ou un salon sans difficulté majeure, à condition de bien préparer. En revanche, l’intervention d’un pro est souvent pertinente si :

  • les murs sont très abîmés (fissures, ratissage complet nécessaire) ;
  • vous voulez un rendu tendu en satin/laque (défauts visibles) ;
  • il y a un problème d’humidité récurrent (diagnostic ventilation, support) ;
  • vous avez une grande surface et un délai court (logement occupé).

Un artisan pourra aussi vous orienter sur une peinture technique (anti-humidité, anti-taches, alkyde, systèmes résinés) et sur le bon primaire.

Conclusion

Pour bien choisir une peinture par pièce, retenez une logique simple : plus la pièce est exposée à l’eau, aux graisses et au nettoyage, plus la finition doit être résistante. Le salon accepte très bien le velours, la chambre privilégie le mat/velours à faible émission, la cuisine demande un satin lessivable, et la salle de bain une peinture spéciale humidité avec une ventilation efficace. Enfin, la réussite dépend autant de la préparation (dégraissage, traitement, sous-couche) que du pot de peinture.

FAQ

Quelle finition de peinture est la plus facile à nettoyer ?

Le satin (et a fortiori le brillant/laque) est généralement le plus facile à nettoyer. Il résiste mieux aux lessivages répétés qu’un mat classique.

Peut-on mettre la même peinture partout dans la maison ?

Oui, mais ce n’est pas optimal. Une peinture velours lessivable peut faire un “bon partout”, mais en salle de bain une peinture spéciale pièces humides est plus sécurisante, et en cuisine un satin résistant aux graisses est préférable.

Quelle peinture choisir pour une salle de bain sans VMC ?

Choisissez une peinture spéciale salle de bain (anti-condensation/anti-moisissures), mais surtout améliorez l’aération : extracteur, entrée d’air, ouverture régulière. Sans ventilation, la peinture tiendra moins longtemps, quel que soit le produit.

Combien de couches faut-il pour un bon résultat ?

Le plus fréquent est 1 sous-couche + 2 couches. Certaines peintures haut pouvoir couvrant permettent 1 couche de finition sur fond déjà sain, mais c’est plus risqué sur couleurs contrastées ou supports hétérogènes.

Peinture acrylique ou glycéro en intérieur : que choisir ?

En intérieur, l’acrylique est recommandée dans la majorité des cas (odeur faible, séchage rapide). La glycéro peut rester pertinente sur certains supports ou pour une résistance élevée, mais elle est plus contraignante (odeur, solvants, temps de séchage).