Pourquoi refaire la plomberie en rénovation ?

Lors d’une rénovation, on ouvre les cloisons, on reprend parfois les sols, et on dépose les anciens appareils. C’est la fenêtre idéale pour mettre à niveau les arrivées d’eau et les évacuations, améliorer l’étanchéité et sécuriser l’installation.

  • Réduire le risque de fuite : un flexible vieillissant, un raccord approximatif ou un tuyau encastré corrodé peut provoquer des dégâts importants.
  • Adapter l’installation au nouveau plan : déplacer une douche, passer sur une douche à l’italienne, ajouter un WC suspendu ou une double vasque exige souvent de modifier les réseaux.
  • Améliorer le confort : pression, débit, temps d’attente à l’eau chaude, évacuation plus silencieuse.
  • Se mettre au niveau des bonnes pratiques : vannes d’arrêt accessibles, siphons adaptés, diamètres conformes, ventilation des évacuations.

Ce qu’il faut refaire (ou vérifier) en priorité

1) Arrivées d’eau : distribution, vannes et pression

En rénovation, il est souvent pertinent de reprendre la distribution d’eau (froide/chaude) jusqu’aux points d’usage : lavabo/vasque, douche/baignoire, éventuellement WC (selon configuration) et machine à laver.

  • Remplacer les anciens tubes s’ils sont en mauvais état (acier galvanisé, cuivre très ancien, multicouche mal serti, PER posé sans protection).
  • Installer des vannes d’arrêt : une vanne générale de salle de bains + une vanne par appareil (ou au minimum par zone). C’est un gain énorme pour la maintenance.
  • Vérifier la pression : trop élevée, elle fatigue les raccords et la robinetterie. Au besoin, prévoir un réducteur de pression en amont (souvent au niveau du compteur).
  • Optimiser le réseau d’eau chaude : longueurs inutiles = attente + gaspillage. En rénovation, on peut raccourcir les parcours.

2) Évacuations : diamètres, pentes et bruit

Les problèmes d’odeur, de glouglou ou d’écoulement lent viennent souvent d’évacuation sous-dimensionnée, d’une pente insuffisante ou de coudes trop serrés.

  • Reprendre les diamètres : douche et vasque n’ont pas les mêmes besoins qu’un WC. Une douche à gros débit (pluie) peut nécessiter une évacuation plus généreuse.
  • Respecter la pente : une pente régulière facilite l’écoulement et limite les bouchons.
  • Limiter les changements de direction : trop de coudes = pertes de charge et bouchons.
  • Prévoir l’accessibilité : trappes de visite pour siphon de douche, accès aux raccords sensibles.
  • Réduire le bruit : en encastré, un bon calfeutrement et des colliers adaptés limitent les vibrations.

3) Étanchéité : le poste à ne jamais négliger

La plomberie ne se limite pas aux tuyaux : l’étanchéité d’une salle de bains est indissociable des réseaux. En cas de douche (surtout à l’italienne), c’est un point critique.

  • Système d’étanchéité sous carrelage (SPEC) dans les zones exposées : murs de douche, sols, angles.
  • Bandes d’étanchéité dans les angles et autour des traversées de tuyaux.
  • Receveur / siphon : compatibilité, hauteur disponible, qualité des joints.
  • Joints sanitaires : à refaire proprement (et à entretenir) mais ils ne remplacent jamais un SPEC.

4) Appareils sanitaires : compatibilités et raccordements

Changer un meuble vasque ou une robinetterie peut imposer des adaptations :

  • Hauteurs de sortie (arrivées et évacuation) selon le meuble, la vasque et le siphon.
  • Robinetterie encastrée : nécessite réservations, corps d’encastrement, tests de pression avant fermeture.
  • WC suspendu : bâti-support, évacuation et arrivée, trappe de maintenance.
  • Baignoire : accès au siphon via tablier ou trappe (indispensable).

5) Ventilation : protéger la plomberie et la salle de bains

Une VMC efficace limite condensation, moisissures et dégradations des joints. Elle participe indirectement à la durabilité de la plomberie (moins d’humidité dans les cloisons et plafonds).

Matériaux, diamètres et options recommandées

Cuivre, PER, multicouche : que choisir ?

  • Cuivre : durable, résistant à la chaleur, esthétique en apparent, mais demande un vrai savoir-faire (brasage) et coûte souvent plus cher en main-d’œuvre.
  • PER : économique et rapide à poser, très courant en rénovation. Attention aux rayons de courbure, à la protection en encastré et à la qualité des raccords.
  • Multicouche : bon compromis (forme stable, pose propre, sertissage fiable). Souvent privilégié pour une rénovation qualitative.

Évacuations : PVC et points de vigilance

Les évacuations sont généralement en PVC. Privilégiez des assemblages soignés, un tracé simple, et des siphons de qualité (débit, accessibilité, garde d’eau).

Options utiles en rénovation

  • Niches de douche : prévoir l’étanchéité et éviter de percer après coup dans la zone humide.
  • Colonne de douche thermostatique : confort et sécurité, notamment avec enfants.
  • Adoucisseur / filtre : si eau très calcaire, cela prolonge la vie de la robinetterie et limite l’entartrage.

Étapes d’une rénovation plomberie réussie

  1. Diagnostic : état des réseaux, repérage des fuites, pression, nature des tubes, conformité des évacuations.
  2. Plan et implantation : position exacte des appareils, hauteurs, réservations, passage des gaines.
  3. Dépose : démontage des anciens sanitaires, ouverture des zones nécessaires.
  4. Reprise des alimentations et évacuations : pose des nouvelles lignes, pentes, colliers, isolation acoustique si besoin.
  5. Tests : mise en eau, test d’étanchéité, vérification des débits/écoulements avant de refermer.
  6. Étanchéité : SPEC, bandes, traitement des points singuliers.
  7. Finitions : pose carrelage, montage des appareils, joints, réglages.
  8. Contrôle final : aucune micro-fuite, siphons accessibles, vannes repérées.

Coûts et facteurs de prix

Le budget plomberie d’une rénovation de salle de bains varie fortement selon l’état initial, le niveau de gamme et les déplacements d’appareils. En ordre de grandeur, on observe souvent :

  • Remise à niveau partielle (remplacement robinetterie, siphons, quelques sections de tuyaux) : environ 300 à 1 000 € hors gros déplacements.
  • Reprise complète des alimentations + évacuations pour une salle de bains standard : environ 1 500 à 4 000 € (main-d’œuvre et fournitures), selon complexité.
  • Création ou transformation lourde (douche à l’italienne, WC suspendu, déplacements importants, encastré) : souvent 3 000 à 7 000 € ou plus.

Facteurs qui font varier le prix :

  • Déplacement des appareils (distance aux colonnes/évacuations existantes).
  • Accès au chantier (appartement, contraintes de copropriété, horaires).
  • Type de pose : encastrée (plus long) vs apparent.
  • Choix des matériaux (multicouche/cuire), robinetterie (standard vs encastrée).
  • Niveau d’étanchéité requis (douche à l’italienne, reprise de plancher).

Pour comparer des devis, exigez le détail : diamètres, type de raccords (sertis), création de trappes, tests d’étanchéité, et ce qui est inclus/exclu (dépose, évacuation gravats, finitions).

Entretien et prévention des fuites

  • Surveillez les joints (silicone) : dès qu’ils noircissent, se décollent ou craquellent, refaites-les.
  • Nettoyez les siphons : cheveux et savon créent des bouchons. Un démontage périodique évite les déboucheurs agressifs.
  • Détartrez douchette et mousseurs : vinaigre blanc, rinçage, remontage.
  • Contrôlez les flexibles : un flexible vieillissant se remplace préventivement.
  • Gardez les trappes accessibles : ne les carrelez pas « pour faire joli ».

Erreurs fréquentes à éviter

  • Refermer sans tests : toujours tester en eau et vérifier les raccords avant carrelage/placo.
  • Sous-dimensionner une évacuation : douche à fort débit + petit diamètre = refoulement et stagnation.
  • Oublier les vannes d’arrêt : la moindre maintenance devient une coupure générale.
  • Compter uniquement sur les joints silicone : ils ne remplacent pas un système d’étanchéité sous carrelage.
  • Raccords cachés non accessibles : privilégier les zones de visite pour les points sensibles.
  • Mauvaise coordination entre plombier, carreleur et plaquiste : une cote mal placée et tout se complique (hauteurs, sorties, alignements).

Quand faire appel à un professionnel ?

Vous pouvez réaliser certaines opérations simples (remplacement de robinet, meuble vasque, joints) si vous êtes à l’aise et que l’installation est accessible. En revanche, faites intervenir un plombier (idéalement habitué à la rénovation) si :

  • vous déplacez douche/baignoire/WC ou modifiez les évacuations ;
  • vous passez sur une robinetterie encastrée ;
  • vous créez une douche à l’italienne (pentes, siphon, étanchéité, réservations) ;
  • les tuyaux sont encastrés et nécessitent une reprise complète ;
  • vous êtes en copropriété : un dégât des eaux peut engager votre responsabilité.

Un bon pro vous aidera aussi à sécuriser le projet : tracés, diamètres, tests, accessibilité, et conformité des raccordements.

Conclusion

Lors d’une rénovation, refaire la plomberie de salle de bains ne signifie pas forcément tout remplacer, mais il faut être méthodique : arrivées d’eau sécurisées avec vannes, évacuations bien dimensionnées et accessibles, et surtout une étanchéité traitée comme un lot majeur. En investissant au bon endroit et en testant avant de refermer, vous obtenez une salle de bains durable, confortable et bien plus sereine au quotidien.

FAQ

Faut-il forcément refaire toute la plomberie lors d’une rénovation de salle de bains ?

Non. Si les réseaux sont récents, accessibles et en bon état, une remise à niveau partielle peut suffire. En revanche, dès qu’il y a encastrement, tubes anciens, ou déplacement d’appareils, une reprise plus complète est souvent la solution la plus fiable.

Quels signes indiquent une plomberie à remplacer ?

Fuites récurrentes, corrosion visible, pression irrégulière, bruits anormaux, évacuation lente, odeurs persistantes, ou traces d’humidité dans les cloisons sont des signaux d’alerte.

Peut-on poser une douche à l’italienne dans n’importe quelle salle de bains ?

Pas toujours. Il faut vérifier la hauteur disponible pour le siphon et les pentes, l’état du support, et l’étanchéité. En appartement, la structure du plancher et les contraintes de copropriété peuvent limiter les possibilités.

Quel matériau choisir pour les arrivées d’eau en rénovation : PER ou multicouche ?

Le PER est économique et rapide, mais le multicouche offre souvent une pose plus stable et « propre », appréciée en rénovation. Le choix dépend de l’accessibilité, du budget et des habitudes de l’artisan.

Doit-on prévoir une trappe de visite pour une baignoire ou une douche ?

Oui, dès qu’un siphon ou un raccord est susceptible de devoir être entretenu. Une trappe discrète évite de casser en cas de bouchon ou de fuite.