Pourquoi une peinture spécifique en salle de bains ?

Dans une salle de bains, l’air passe régulièrement d’un état sec à une atmosphère saturée en vapeur d’eau. Cette alternance provoque :

  • condensation sur les murs et plafonds (surtout en hiver),
  • projections d’eau près du lavabo, de la baignoire ou de la douche,
  • développement de moisissures dans les zones peu ventilées,
  • lavages fréquents (traces de calcaire, de savon, de cosmétiques).

Une peinture standard pour pièces sèches risque de mal accrocher, de se lessiver au nettoyage ou de cloquer. Une peinture “salle de bains” (ou “pièce humide”) est formulée pour offrir une meilleure résistance à l’humidité, une lessivabilité supérieure et, souvent, des additifs anti-moisissure.

Les types de peintures adaptées (et celles à éviter)

Peinture acrylique (à l’eau) spéciale pièce humide

C’est le choix le plus courant chez les particuliers. Une acrylique satinée ou velours spécialement formulée pour pièces humides offre :

  • faible odeur et séchage rapide,
  • bon compromis entre résistance et facilité d’application,
  • entretien simple (si la peinture est annoncée “lessivable”).

À privilégier pour la majorité des murs et plafonds, à condition d’avoir une ventilation correcte (VMC, aération).

Peinture glycéro (à solvants)

Plus résistante au départ, mais aussi plus contraignante :

  • odeur forte et temps de séchage plus long,
  • nettoyage des outils au white-spirit,
  • émissions de COV généralement plus élevées.

Elle peut être pertinente en rénovation sur supports difficiles, mais aujourd’hui, beaucoup de peintures acryliques haut de gamme atteignent d’excellents niveaux de résistance en salle de bains.

Peinture anti-humidité / anti-condensation (technique)

Il existe des produits “techniques” contenant des charges spécifiques (microsphères, agents isolants) destinés à limiter la sensation de paroi froide et la formation de condensation. Ils ne remplacent pas une VMC, mais peuvent aider sur un plafond sujet au ruissellement ou un mur extérieur mal isolé.

Peinture époxy (zones très exposées)

Très résistante et imperméable, la peinture époxy est plutôt utilisée sur supports fortement sollicités (certaines douches, zones de projection intensive, parfois carrelage). Elle demande une application plus rigoureuse (préparation, mélange bi-composant selon les produits) et un support parfaitement sain.

Et la peinture mate ?

En salle de bains, le mat est rarement le meilleur choix : il est moins lessivable et marque davantage. Si vous tenez au rendu mat, cherchez un mat lessivable spécifiquement conçu pour pièces humides et réservez-le aux zones éloignées des projections.

Les critères pour bien choisir

1) La finition : satin, velours ou mat

  • Satin : le plus recommandé en salle de bains. Résistant, lessivable, idéal près des points d’eau.
  • Velours : bon compromis esthétique/résistance, souvent adapté pour les murs hors zones de projection directe.
  • Mat : à choisir uniquement si le produit est annoncé “pièces humides” et “lessivable”.

2) Lessivabilité et résistance au nettoyage

Vérifiez que la peinture est indiquée comme lessivable (et pas seulement “lavable”). Une salle de bains se nettoie : savon, shampoing, calcaire… Une peinture trop fragile ternira ou se tachera.

3) Additifs anti-moisissure

Dans les pièces sujettes aux champignons (angles, plafond au-dessus de la douche), une peinture anti-moisissure apporte un vrai plus. Attention : elle ne compense pas une humidité chronique. Si la VMC est défaillante, il faut d’abord traiter la cause.

4) Compatibilité avec le support

Placo peint, enduit, ancienne glycéro, carrelage, lambris PVC… chaque support exige une préparation adaptée. Lisez la notice : parfois il faut un primaire d’accrochage spécifique, surtout sur surfaces fermées (ancienne peinture brillante, faïence).

5) Qualité de la résine et pouvoir couvrant

À prix égal, comparez le rendement (m²/L par couche) et la capacité à couvrir. Une peinture plus chère peut nécessiter moins de couches et offrir une meilleure tenue dans le temps, surtout sur plafond.

Prix : combien prévoir et ce qui fait varier le coût

Le prix d’une peinture spéciale salle de bains varie surtout selon la marque, la gamme (bricolage vs pro), la finition et la technicité (anti-condensation, époxy, etc.). En ordre de grandeur :

  • Peinture acrylique pièce humide : environ 25 à 60 € le pot de 2,5 L (selon gamme).
  • Peinture haut de gamme anti-moisissure : 40 à 90 € en 2,5 L.
  • Peinture époxy / produits techniques : souvent plus élevés, et parfois vendus en kits (variable selon surface).
  • Primaire (sous-couche) adapté : 15 à 40 € selon le type.

Facteurs qui font grimper le budget :

  • mur taché ou ancien support abîmé (plus de préparation),
  • passage sur carrelage (primaire d’adhérence obligatoire),
  • couleurs soutenues (pouvoir couvrant parfois plus exigeant),
  • plafond très exposé à la condensation (choisir une gamme renforcée).

À noter : en rénovation, le coût global se joue souvent sur la préparation (lessivage, traitement fongicide, enduits) plus que sur la peinture elle-même.

Préparation et étapes d’application

Étape 1 : diagnostiquer l’humidité

Avant de peindre, vérifiez :

  • fonctionnement de la VMC (débit, bouches propres),
  • présence de moisissures (angles, joints),
  • support sain (pas de cloques, pas de salpêtre, pas d’infiltration).

Si l’humidité vient d’une infiltration (toiture, canalisation, mur extérieur), la peinture ne tiendra pas tant que la cause n’est pas traitée.

Étape 2 : nettoyer et traiter

  1. Lessiver les murs (dégraissage, traces de savon).
  2. Traiter les moisissures : produit fongicide adapté, puis rinçage si requis par la notice.
  3. Laisser sécher complètement (c’est crucial).

Étape 3 : réparer et préparer le support

  • gratter les parties non adhérentes,
  • reboucher/enduire, poncer, dépoussiérer,
  • matifier une ancienne peinture brillante si nécessaire.

Étape 4 : appliquer la sous-couche

Sur supports poreux (plâtre, enduit neuf) : sous-couche universelle ou spéciale pièce humide. Sur support fermé (ancienne glycéro, carrelage) : primaire d’accrochage dédié. Cette étape conditionne la tenue dans le temps.

Étape 5 : appliquer la peinture (2 couches)

  1. Peindre les angles et bords (pinceau à réchampir).
  2. Rouler en croisant les passes, sans surcharger.
  3. Respecter le temps de séchage et de recouvrement.

Astuce : commencez par le plafond, puis les murs. Évitez de prendre une douche chaude dans les heures qui suivent : laissez durcir le film.

Entretien et durabilité

Une peinture de salle de bains tient d’autant mieux que l’humidité est maîtrisée :

  • aérez 10 à 15 minutes après la douche, même avec VMC,
  • nettoyez les traces rapidement avec une éponge douce,
  • évitez les abrasifs (poudre à récurer) qui micro-rayent le film,
  • surveillez les joints de silicone : un joint noirci entretient les moisissures autour.

En conditions normales, une bonne peinture satinée spéciale pièces humides peut rester propre plusieurs années. Les plafonds très exposés demandent parfois un rafraîchissement plus tôt.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Peindre sur un support humide : cloques et décollements garantis.
  • Oublier le traitement fongicide : la moisissure revient vite sous la peinture.
  • Sauter la sous-couche sur support difficile : mauvaise accroche et taches qui remontent.
  • Choisir une finition inadaptée (mat non lessivable) dans les zones de projections.
  • Confondre “anti-humidité” et “solution à l’humidité” : sans ventilation/traitement de la cause, la peinture ne suffit pas.
  • Reprendre trop tôt : ne pas respecter les temps de séchage affaiblit la résistance.

Quand faire appel à un professionnel ?

Vous pouvez peindre vous-même une salle de bains, mais l’intervention d’un professionnel est recommandée si :

  • les murs ou plafonds présentent des dégradations importantes (cloques, farinage, enduits à reprendre),
  • vous suspectez une infiltration ou une humidité structurelle,
  • vous souhaitez peindre du carrelage ou une zone de douche très exposée (produits techniques, préparation exigeante),
  • vous voulez un rendu parfait (plafond lisse, finitions nettes) et une meilleure garantie de tenue.

Un artisan saura aussi choisir le bon système (primaire + peinture) selon le support et l’usage, ce qui évite les échecs coûteux.

Conclusion

Pour une salle de bains, le meilleur choix est généralement une peinture acrylique spéciale pièces humides en finition satinée, complétée par une sous-couche adaptée au support. Ajoutez une option anti-moisissure si la pièce condense facilement, et réservez les peintures techniques (anti-condensation, époxy) aux cas spécifiques. Enfin, la durabilité dépend autant de la peinture que de la préparation et de la ventilation : ce sont les deux clés pour garder des murs sains et faciles à entretenir.

FAQ

Quelle peinture choisir pour le plafond de la salle de bains ?

Une peinture acrylique spéciale pièce humide, souvent en blanc satin ou velours lessivable. Si le plafond condense beaucoup, une peinture anti-condensation peut aider, mais la priorité reste une VMC efficace.

Peut-on peindre directement sur une ancienne peinture glycéro ?

Oui, mais il faut préparer : lessivage, ponçage/matage et, idéalement, un primaire d’accrochage avant de passer une acrylique pièce humide.

Quelle peinture utiliser près de la douche ou du lavabo ?

Choisissez une finition satinée lessivable annoncée pour pièces humides. En cas de projections très fréquentes, privilégiez une gamme renforcée, voire un système technique selon le support.

La peinture anti-moisissure est-elle indispensable ?

Elle est utile si votre salle de bains est peu ventilée ou si vous avez déjà eu des taches noires. Mais elle ne remplace pas le traitement des causes (VMC, aération, ponts thermiques, infiltrations).

Combien de couches faut-il appliquer ?

Généralement 2 couches de finition après une sous-couche. Sur une couleur foncée ou un support très contrasté, une troisième couche peut être nécessaire.