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Pourquoi la salle de bains est une zone à risque
Le corps humain mouillé est beaucoup plus conducteur. Ajoutez à cela des sols parfois humides, de la vapeur d’eau, des projections et des zones de contact (douche/baignoire) : la salle de bains impose des règles spécifiques qui vont au-delà d’une chambre ou d’un salon. Les normes électriques en salle de bains visent principalement :
- à limiter la présence d’appareils sous tension au plus près des points d’eau ;
- à imposer des indices de protection adaptés (étanchéité) ;
- à garantir une coupure rapide en cas de défaut via la protection différentielle ;
- à assurer la liaison équipotentielle pour réduire les différences de potentiel dangereuses.
Comprendre les volumes de sécurité (0, 1, 2 et hors volume)
La NF C 15-100 découpe l’espace autour de la baignoire ou de la douche en volumes. Chaque volume autorise (ou interdit) certains équipements, avec des niveaux de protection minimum.
Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou du receveur
C’est la zone la plus contraignante. En pratique, aucune prise et aucun équipement standard n’y est admis. Seuls des équipements très spécifiques, à très basse tension et adaptés à l’immersion, peuvent être tolérés dans des cas particuliers (à réserver à des professionnels).
Volume 1 : au-dessus de la baignoire/receveur
Il correspond à la zone verticale au-dessus du volume 0, jusqu’à une hauteur de référence. On y autorise surtout des équipements adaptés (par exemple certains luminaires et dispositifs prévus pour zone humide) mais pas de prise de courant classique.
Volume 2 : la zone périphérique
Il s’agit de la bande autour du volume 1. On peut y installer certains appareils (éclairage, ventilation, certains chauffages) à condition qu’ils respectent les exigences d’indice IP et de type d’alimentation. Les prises y restent très encadrées selon la configuration.
Hors volume : le reste de la pièce
On retrouve davantage de liberté, mais toujours avec des règles : protection différentielle 30 mA, choix de matériel adapté à l’humidité, et emplacement judicieux des prises (loin des projections).
Conseil : en rénovation, le plus simple est de dessiner un plan à l’échelle avec douche/baignoire, parois, receveur, et de tracer les volumes avant de décider l’emplacement des prises et points lumineux.
Choisir le bon matériel : IP, classe, appareillages
Indice IP : l’étanchéité à l’eau et à la poussière
L’indice de protection IP (ex. IP44, IP65) indique la résistance d’un équipement aux corps solides et à l’eau. En salle de bains, il est crucial près des volumes. Plus on se rapproche de la douche/baignoire, plus l’IP doit être élevé. Vérifiez l’IP sur la notice et sur le produit, notamment pour :
- les luminaires (plafonniers, appliques, spots) ;
- les extracteurs/VMC ;
- les chauffages (sèche-serviettes, radiateurs) ;
- les appareillages (interrupteurs spécifiques, boîtiers étanches si nécessaire).
Classe des appareils : I, II, III
La classe électrique renseigne sur la manière dont l’appareil est protégé contre les chocs :
- Classe I : nécessite une terre (appareil relié au conducteur de protection).
- Classe II : double isolation, pas de terre requise (mais reste soumis aux règles de volumes).
- Classe III : alimenté en TBTS (très basse tension de sécurité), via transformateur/alim adaptée.
Appareillage : privilégier des gammes adaptées pièces humides
Optez pour des prises/interrupteurs de qualité, avec un bon maintien des connexions, et des boîtiers d’encastrement adaptés. En rénovation, une mauvaise étanchéité des boîtes ou une entrée de gaine mal faite peut favoriser la condensation et la corrosion des connexions.
Protections obligatoires au tableau électrique
Interrupteur différentiel 30 mA
La protection différentielle 30 mA est indispensable pour les circuits de salle de bains, car elle coupe très rapidement en cas de fuite de courant (par exemple via un appareil défectueux ou de l’humidité).
En pratique, on retrouve souvent :
- un interrupteur différentiel type AC pour les circuits classiques (éclairage, prises) ;
- un type A recommandé/nécessaire pour certains équipements avec électronique (ex. lave-linge, certains chauffe-eau, variateurs, etc.).
Disjoncteurs et sections de câbles
Les calibres et sections doivent être cohérents (ex. éclairage, prises, circuits spécialisés). En salle de bains, on vise une installation claire : un circuit éclairage, un circuit prises, et des circuits dédiés si vous avez des équipements puissants (sèche-serviettes, chauffe-eau, etc.). Un tableau bien dimensionné limite les échauffements et facilite le dépannage.
Liaison équipotentielle (locale et/ou principale)
La liaison équipotentielle relie entre eux les éléments métalliques (canalisations, radiateur, baignoire métallique, etc.) et la terre pour réduire les différences de potentiel. Elle est souvent négligée en rénovation, alors qu’elle est déterminante pour la sécurité.
Où placer prises, éclairages, chauffage et VMC
Prises de courant : prudence et implantation intelligente
Évitez toute prise à proximité immédiate de la douche/baignoire. Prévoyez plutôt :
- une zone « toilette »/vasque pour sèche-cheveux, brosse à dents, rasoir ;
- des prises à hauteur pratique, hors zone de projection ;
- si besoin, une prise dédiée pour lave-linge (souvent dans salle d’eau en appartement), en respectant les volumes et un circuit adapté.
Astuce : prévoyez plusieurs prises dès la rénovation (2 à 4 selon la taille), pour éviter les multiprises, souvent sources de surchauffe et d’accidents.
Éclairage : sécurité + confort
Multipliez les sources : un plafonnier général et un éclairage de miroir. Choisissez des luminaires adaptés à l’humidité et, près des zones d’eau, un IP conforme. En douche, privilégiez des solutions prévues pour cet usage (spots encastrés compatibles et protégés).
Chauffage : sèche-serviettes et radiateurs
Le sèche-serviettes est fréquent en rénovation. Vérifiez :
- la zone d’implantation (volume autorisé) ;
- la présence d’un circuit dédié si nécessaire ;
- le respect des distances pour éviter les projections directes.
Ventilation (VMC / extracteur)
Une bonne ventilation protège la pièce et l’installation : moins de condensation, moins de corrosion, moins de moisissures. L’extracteur ou la bouche VMC doit être installé en respectant les volumes et l’IP requis, avec un câblage conforme.
Coûts et facteurs de prix en rénovation
Le budget dépend surtout de l’état de l’existant (tableau aux normes ou non), du nombre de points à créer et des contraintes (encastrement, saignées, carrelage neuf). À titre indicatif, les postes qui font varier la facture :
- Mise en sécurité : ajout d’un différentiel 30 mA, disjoncteurs, repérage des circuits.
- Création/déplacement de prises et points lumineux : plus vous déplacez, plus il y a de saignées et de reprises.
- Équipements spécifiques : spots étanches, sèche-serviettes, VMC, miroir lumineux.
- Finitions : rebouchage, peinture, recarreler une zone, etc.
Pour éviter les surcoûts, regroupez les travaux électriques avant le carrelage et les meubles, et validez l’implantation (vasque, douche, radiateur, rangements) dès le départ.
Erreurs fréquentes (et comment les éviter)
- Installer une prise trop près de la douche : toujours vérifier les volumes et anticiper les usages (sèche-cheveux, rasoir) hors zone à risque.
- Choisir un luminaire non adapté : IP insuffisant, corrosion, risque accru. Privilégiez des modèles explicitement prévus pour salle de bains.
- Oublier la liaison équipotentielle : fréquent en rénovation partielle. Faites vérifier la continuité et le raccordement à la terre.
- Multiplier les multiprises : mieux vaut ajouter 1 ou 2 prises correctement placées.
- Mélanger les circuits sans logique : un câblage confus complique la maintenance et augmente les erreurs. Séparez éclairage, prises et appareils puissants.
Quand faire appel à un professionnel
Une salle de bains n’est pas le meilleur terrain pour « bricoler ». Faites appel à un électricien qualifié si :
- vous modifiez le tableau électrique (différentiels, disjoncteurs, répartition) ;
- vous créez ou déplacez des circuits encastrés dans des murs porteurs/cloisons sensibles ;
- vous installez des équipements proches des volumes (douche à l’italienne, spots encastrés, sèche-serviettes) ;
- vous avez un doute sur la mise à la terre et la liaison équipotentielle.
En plus de la sécurité, un pro vous aide à optimiser l’implantation et à éviter les non-conformités lors d’une vente ou d’une rénovation globale.
Conclusion
Respecter les normes électriques en salle de bains, c’est d’abord respecter les volumes de sécurité, choisir du matériel avec un indice IP adapté, et garantir des protections efficaces au tableau (différentiel 30 mA, disjoncteurs, terre et liaisons équipotentielles). En rénovation, anticipez l’emplacement des équipements et prévoyez suffisamment de prises hors zone d’eau pour éviter les solutions dangereuses. En cas de doute, faites valider votre projet par un électricien : dans une pièce humide, la conformité n’est pas une option.
FAQ
Quelle est la norme électrique à respecter dans une salle de bains ?
La référence en France est la NF C 15-100, qui définit notamment les volumes de sécurité autour de la baignoire ou de la douche, les protections différentielles et les règles de mise à la terre.
Peut-on installer une prise près du lavabo ?
Oui, si elle est hors des volumes réglementés et éloignée des projections d’eau. L’objectif est d’éviter tout usage d’appareil électrique dans une zone où l’on peut être mouillé.
Quel indice IP choisir pour un luminaire de salle de bains ?
Tout dépend de sa position par rapport à la douche/baignoire. Plus le luminaire est proche de l’eau, plus l’IP doit être élevé. Vérifiez toujours l’IP indiqué par le fabricant et la compatibilité « salle de bains ».
La liaison équipotentielle est-elle obligatoire en rénovation ?
Elle est un élément majeur de sécurité. En rénovation, elle doit être vérifiée et réalisée correctement, notamment si des canalisations métalliques ou des éléments conducteurs sont présents.
Un sèche-serviettes doit-il avoir un circuit dédié ?
Selon sa puissance et le schéma de votre installation, un circuit dédié peut être nécessaire ou fortement recommandé. Un électricien pourra confirmer le dimensionnement (câble, disjoncteur, protection différentielle) et l’implantation autorisée.