Le DPE et les fenêtres : ce qui est évalué

Le DPE vise à estimer la consommation d’énergie du logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Les fenêtres sont intégrées au calcul au même titre que l’isolation des murs/toiture, le système de chauffage, l’eau chaude et la ventilation.

Ce que le diagnostiqueur relève

  • Le type de vitrage : simple vitrage, double vitrage ancien, double vitrage à isolation renforcée (VIR), triple vitrage.
  • La menuiserie : PVC, bois, aluminium avec ou sans rupture de pont thermique.
  • La présence éventuelle de survitrage (solution intermédiaire).
  • Les dimensions et orientations : surface vitrée, exposition, apports solaires.
  • Les protections solaires : volets, stores, brise-soleil, qui influencent le confort d’été.
  • L’étanchéité à l’air et les entrées d’air : en pratique, le DPE exploite des valeurs conventionnelles, mais la cohérence avec la ventilation compte (fenêtres très étanches + VMC efficace).

Important : le DPE ne mesure pas la “sensation de froid” près d’une fenêtre. Il s’appuie sur des caractéristiques techniques et des hypothèses standardisées, ce qui explique qu’un ressenti inconfortable puisse coexister avec une note DPE correcte… et inversement.

Les indicateurs à connaître : Uw, Ug, Sw et facteur solaire

Pour parler d’isolation thermique des fenêtres, on rencontre plusieurs coefficients. Les comprendre vous aide à choisir et à justifier une amélioration.

Uw : le coefficient de transmission thermique de la fenêtre

Uw (W/m².K) caractérise la performance thermique de l’ensemble fenêtre : vitrage + cadre. Plus Uw est faible, meilleure est l’isolation. C’est l’indicateur le plus courant pour comparer des fenêtres.

Ug : la performance du vitrage seul

Ug concerne uniquement le vitrage. Un double vitrage VIR a généralement un Ug nettement meilleur qu’un double vitrage ancien. Mais attention : un vitrage performant monté sur un cadre médiocre peut limiter le gain final sur Uw.

Sw (ou g) : les apports solaires

Sw exprime la capacité de la fenêtre à laisser entrer la chaleur du soleil. Un Sw élevé peut être intéressant en hiver (apports gratuits), mais peut augmenter le risque de surchauffe en été si l’orientation est très ensoleillée et si les protections solaires sont insuffisantes.

Le rôle des ponts thermiques et de la pose

Le DPE tient compte de performances “nominales”, mais dans la réalité, la qualité de pose (calfeutrement, continuité de l’isolation, traitement du tableau) est déterminante. Une mauvaise étanchéité à l’air ou un pont thermique au niveau du dormant peut annuler une partie du bénéfice.

Quel impact des fenêtres sur la note DPE ?

Les fenêtres jouent sur deux axes : la consommation de chauffage (déperditions) et le confort d’été (apports et protection solaire). Remplacer du simple vitrage est souvent l’un des gestes qui améliore le plus rapidement la performance.

Cas où le remplacement pèse fortement

  • Simple vitrage : déperditions élevées, parois froides, inconfort marqué.
  • Menuiseries très anciennes : infiltrations d’air, joints écrasés, dormants déformés.
  • Grande surface vitrée : baie vitrée ou nombreuses ouvertures, surtout en façade froide/exposée au vent.

Cas où l’effet sur le DPE est plus limité

  • Logement déjà équipé de double vitrage récent et menuiseries correctes : le gain existe mais peut être moins spectaculaire.
  • Déperditions dominantes ailleurs : toiture non isolée, murs très peu isolés, chauffage ancien.

En pratique, les fenêtres sont un excellent levier quand elles sont réellement le maillon faible. Sinon, elles doivent s’inscrire dans une stratégie globale (isolation, chauffage, ventilation), notamment pour éviter humidité et condensation.

Quelles solutions pour améliorer l’isolation thermique des fenêtres

1) Remplacer les fenêtres (solution la plus efficace)

Le remplacement complet permet de traiter à la fois le vitrage, la menuiserie et l’étanchéité. Options courantes :

  • Double vitrage VIR : bon compromis coût/performance pour la majorité des logements.
  • Triple vitrage : pertinent en climat froid, façade nord, ou maison très bien isolée. Peut être moins utile au sud (apports solaires réduits) et plus lourd.
  • Cadre PVC : bon isolant, budget souvent maîtrisé.
  • Bois : très bon thermiquement, durable si bien entretenu.
  • Aluminium à rupture de pont thermique : esthétique et rigidité, bon niveau de performance si rupture efficace.

2) Ajouter un survitrage (solution intermédiaire)

Le survitrage peut améliorer un simple vitrage quand le remplacement est complexe (contraintes patrimoniales, budget). Attention : le résultat dépend beaucoup de l’état de la menuiserie et de l’étanchéité. C’est rarement équivalent à une fenêtre moderne performante.

3) Améliorer l’étanchéité et les accessoires

  • Remplacer les joints et régler les ouvrants.
  • Traiter les entrées d’air (sans les supprimer si elles sont nécessaires à la ventilation).
  • Volets/stores : utiles pour limiter les pertes la nuit et améliorer le confort d’été.

Coûts : prix de remplacement et facteurs qui font varier la facture

Le prix d’une fenêtre dépend de la dimension, du matériau, du type d’ouverture et de la pose. À titre indicatif (fourniture + pose), on rencontre souvent des fourchettes de l’ordre de :

  • Fenêtre PVC double vitrage : environ 400 à 900 € pièce selon dimensions et options.
  • Fenêtre bois double vitrage : environ 600 à 1 200 € pièce.
  • Fenêtre aluminium (rupture de pont thermique) : environ 700 à 1 500 € pièce.
  • Baie vitrée coulissante : souvent 1 500 à 4 000 € et plus selon longueur, nombre de vantaux, alu/PVC, vitrage.

Ce qui fait varier le prix

  • Type de pose : en rénovation (sur dormant existant) ou en dépose totale.
  • Performances : Uw visé, vitrage acoustique, vitrage retardateur d’effraction.
  • Options : petits-bois, oscillo-battant, seuil PMR, coloris, volets roulants intégrés.
  • Contraintes chantier : accès, étage, reprise d’enduit/peinture, appuis à reprendre.

Étapes clés d’une rénovation de fenêtres réussie

  1. Diagnostic des besoins : courants d’air, condensation, bruit, confort d’été, sécurité.
  2. Mesures et choix techniques : Uw cible, matériau, type d’ouverture, ventilation (entrées d’air).
  3. Choix du type de pose : rénovation sur dormant (plus rapide) ou dépose totale (meilleure continuité thermique si bien faite).
  4. Pose et calfeutrement : compribande/mousse adaptée, bandes d’étanchéité, réglages.
  5. Finitions : habillages, reprises intérieures, étanchéité extérieure.
  6. Contrôle : ouverture/fermeture, absence de jour, test “courant d’air”, fonctionnement des aérateurs.

Astuce : demandez au poseur comment il traite l’étanchéité à l’air et les ponts thermiques sur le pourtour (tableaux). C’est souvent là que se joue la différence entre “fenêtre neuve” et “vrai gain thermique”.

Entretien et réglages : garder les performances dans le temps

  • Nettoyez et inspectez les joints 1 à 2 fois/an : un joint craquelé laisse passer l’air.
  • Lubrifiez la quincaillerie (charnières, points de verrouillage) et vérifiez les réglages.
  • Surveillez la condensation : elle signale souvent un manque de ventilation, pas seulement un problème de vitrage.
  • Bois : lasure/peinture selon exposition pour éviter le gonflement et préserver l’étanchéité.

Erreurs fréquentes qui plombent les gains (et parfois le DPE)

  • Choisir uniquement sur le prix sans vérifier Uw, la qualité de pose et la ventilation.
  • Supprimer les entrées d’air pour “ne plus avoir froid” : risque d’humidité, moisissures, air intérieur dégradé.
  • Poser un triple vitrage partout sans réflexion : surcoût, poids, apports solaires parfois moins favorables.
  • Oublier les protections solaires sur grandes baies exposées : inconfort d’été, surchauffe.
  • Rénovation sur dormant abîmé : si le support est déformé ou pourri, les infiltrations reviennent vite.

Quand faire appel à un professionnel

Un professionnel est recommandé dès que :

  • vous hésitez entre pose en rénovation et dépose totale ;
  • vous avez des signes d’infiltration d’eau, de pourriture du bois ou de fissures autour des tableaux ;
  • il s’agit de baies vitrées, de grandes dimensions ou d’un accès difficile ;
  • vous voulez optimiser la cohérence fenêtres + ventilation (VMC, entrées d’air) ;
  • vous visez une amélioration DPE dans une stratégie de travaux (priorisation, scénarios).

Demandez plusieurs devis détaillés : performance Uw annoncée, type de vitrage, traitement de l’étanchéité à l’air, gestion des finitions, et conditions de garantie.

Conclusion

Le DPE tient compte des fenêtres à travers leurs caractéristiques (vitrage, menuiserie, protections solaires) et, indirectement, la qualité d’étanchéité et la cohérence avec la ventilation. Pour améliorer l’isolation thermique des fenêtres et espérer un impact concret sur le confort et la performance énergétique, privilégiez un bon niveau de Uw, une pose soignée et une approche globale du logement. Remplacer du simple vitrage reste l’un des meilleurs investissements, à condition d’éviter les erreurs classiques et de choisir une solution adaptée à votre exposition, votre budget et vos objectifs.

FAQ

Le DPE prend-il en compte le double vitrage partout de la même façon ?

Non. Le type de vitrage compte, mais la performance globale (Uw) dépend aussi du cadre (PVC/bois/alu avec rupture) et des dimensions. Deux doubles vitrages peuvent donner des résultats différents.

Est-ce que changer les fenêtres suffit à améliorer la note DPE ?

Si vous êtes en simple vitrage ou avec de fortes infiltrations d’air, le gain peut être significatif. Si l’isolation de toiture/murs est très faible ou le chauffage très ancien, les fenêtres seules ne suffiront pas toujours à changer de classe.

Quel Uw viser pour une bonne isolation thermique des fenêtres ?

En maison individuelle ou appartement, viser un Uw bas est pertinent. Dans la pratique, un Uw autour de 1,3 W/m².K ou moins est souvent recherché, mais le bon choix dépend du climat, de l’exposition et du budget.

Le triple vitrage est-il toujours meilleur pour le DPE ?

Thermiquement, il réduit les pertes, mais il peut diminuer les apports solaires et coûter plus cher. Il est surtout intéressant en climat froid, en façade nord, ou en logement déjà très bien isolé.

Pourquoi ai-je de la condensation sur les vitres malgré des fenêtres récentes ?

Souvent, c’est un problème de ventilation et d’humidité intérieure (cuisine, salle de bain, séchage du linge). Des fenêtres plus étanches peuvent révéler un besoin d’améliorer la VMC ou les entrées d’air.