Signes qui indiquent une fuite d’air

Les infiltrations d’air ne se résument pas à un “petit courant d’air”. Voici les symptômes les plus courants :

  • Sensation de froid près de la fenêtre, même fenêtre fermée.
  • Rideaux qui bougent ou filet d’air perceptible à la main.
  • Différence de température marquée entre le centre de la pièce et le bord de la fenêtre.
  • Bruit extérieur plus présent (l’air passe souvent là où le bruit passe).
  • Condensation sur le vitrage ou autour du dormant, moisissures en pied de tableau (souvent lié à un pont thermique, mais aggravé par l’air parasite).
  • Facture de chauffage en hausse et chaudière/poêle qui tourne plus longtemps.

À noter : une sensation de paroi froide peut venir d’un vitrage peu performant (simple vitrage, vieux double vitrage) sans fuite d’air majeure. Le diagnostic ci-dessous permet de faire la différence.

Diagnostiquer l’origine : où l’air passe-t-il ?

Une fenêtre comporte plusieurs zones sensibles. Identifier le “chemin” de l’air permet d’appliquer la bonne correction :

1) Entre l’ouvrant et le dormant

C’est le cas le plus fréquent : joints écrasés, durcis ou manquants, ou réglage de compression insuffisant. Sur les fenêtres PVC/alu/bois à frappe, l’étanchéité dépend beaucoup de la pression exercée par les points de fermeture.

2) Entre le dormant et la maçonnerie (pourtour)

L’air peut passer au niveau des tapées, tableaux, appuis si le calfeutrement périphérique est dégradé : joint acrylique fissuré, mousse expansive mal posée, absence de compribande, ou reprise d’enduit qui s’est décollée.

3) Au niveau du bas de fenêtre / appui

Les infiltrations au bas peuvent venir d’un jeu sous l’ouvrant, d’un seuil déformé, ou d’un défaut d’étanchéité entre appui et menuiserie (souvent associé à des entrées d’air froid et parfois à des traces d’humidité).

4) Par les entrées d’air (VMC)

Dans beaucoup de logements, des entrées d’air sont intégrées en haut des fenêtres (menuiseries ou coffres de volets). Elles ne sont pas une “fuite” au sens d’un défaut : elles servent à renouveler l’air, surtout avec une VMC. En revanche, une entrée d’air mal réglée, encrassée, cassée ou non adaptée peut créer un inconfort.

5) Coffre de volet roulant

Un coffre peu isolé ou mal jointé est une source classique de courants d’air. Avant d’incriminer la fenêtre, vérifiez ce point : l’air peut sembler venir de la menuiserie alors qu’il passe par le coffre.

Tests simples pour détecter les courants d’air

Vous pouvez localiser une fuite d’air sans matériel complexe. L’idéal est de tester un jour où il y a un peu de vent et une différence de température intérieur/extérieur.

Test de la main et de la feuille

  • Main : passez lentement la main autour de l’ouvrant (côtés, haut, bas) puis autour du cadre côté mur.
  • Feuille de papier : coinçez une feuille entre ouvrant et dormant, fermez, puis tirez. Si la feuille glisse facilement sur certaines zones, la compression est insuffisante (joint ou réglage).

Test à l’encens (ou fumée légère)

Approchez un bâton d’encens (ou une source de fumée douce) des zones suspectes. Si la fumée est aspirée ou déviée nettement, vous avez localisé l’infiltration. Aérez ensuite la pièce et restez prudent avec toute flamme.

Inspection visuelle ciblée

  • Joints : craquelures, aplatissement, manque de continuité dans les angles.
  • Ferrures : gâches desserrées, poignée qui ferme mal, affaissement de l’ouvrant.
  • Pourtour : fissures dans le mastic, jour visible entre cadre et mur, mousse expansive apparente.
  • Coffre : trappe qui ferme mal, joints absents.

Pour un diagnostic complet, un professionnel peut réaliser un test d’infiltrométrie (blower door), mais ce n’est généralement pas nécessaire pour une seule fenêtre.

Solutions pour corriger une fuite d’air

Les bonnes solutions dépendent de l’origine. Voici les corrections, de la plus simple à la plus “lourde”.

Remplacer ou ajouter des joints d’étanchéité

Si l’air passe entre ouvrant et dormant, commencez par les joints :

  • Joint à lèvre (souvent d’origine sur PVC/alu) : à remplacer à l’identique si durci ou coupé.
  • Joint mousse (dépannage) : facile à poser mais moins durable, utile pour un test ou une solution provisoire.
  • Joint caoutchouc/EPDM : bon compromis durabilité/efficacité.

Conseil : dégraissez le support, posez en une seule longueur quand c’est possible, et soignez les angles (pas de “trous”).

Régler la fenêtre (compression, paumelles, gâches)

Sur beaucoup de fenêtres modernes, on peut régler :

  • la compression (galets excentriques) pour plaquer davantage l’ouvrant sur le joint ;
  • l’alignement (paumelles) en cas d’affaissement ;
  • la position des gâches si la fermeture “ne tire pas” assez.

Un simple réglage peut supprimer un jour en haut ou sur le côté. Si vous n’êtes pas à l’aise, mieux vaut confier cette étape : un mauvais réglage peut provoquer un frottement, une fermeture difficile, voire une casse de ferrure.

Reprendre le calfeutrement périphérique (cadre/mur)

Si l’air passe autour du cadre, il faut assurer l’étanchéité entre dormant et maçonnerie :

  1. Retirer les joints fissurés ou décollés.
  2. Nettoyer/sécher le support.
  3. Combler correctement (selon le cas) : compribande, mousse PU maîtrisée, puis joint acrylique intérieur et/ou mastic adapté en finition.
  4. Reprendre l’enduit si nécessaire.

Attention : on cherche l’étanchéité à l’air côté intérieur, et une bonne gestion de l’eau côté extérieur. Ne bouchez pas des dispositifs d’évacuation ou de drainage de la menuiserie.

Traiter le coffre de volet roulant

Si le coffre est en cause :

  • Poser un joint de trappe et vérifier la fermeture.
  • Ajouter une isolation mince adaptée ou des panneaux isolants (en laissant fonctionner le mécanisme).
  • Calfeutrer les passages de sangle ou de câble.

C’est souvent un excellent levier de confort pour un budget modéré.

Vérifier les entrées d’air (VMC)

Si l’inconfort vient des entrées d’air :

  • Nettoyez-les (poussière = bruit et débit mal réparti).
  • Vérifiez le type (auto-réglable, hygroréglable) et l’état des clapets.
  • Ne les bouchez pas : cela perturbe la ventilation et augmente le risque d’humidité et de moisissures.

Quand envisager le remplacement de la fenêtre ?

Le remplacement devient pertinent si :

  • la menuiserie est déformée ou en fin de vie (bois pourri, PVC voilé, ferrures introuvables) ;
  • le vitrage est très peu performant (simple vitrage) et le confort reste mauvais malgré les corrections ;
  • les fuites viennent d’une pose ancienne impossible à reprendre proprement.

Coûts et facteurs de prix

Les prix varient selon le type de fenêtre, l’accessibilité, et la cause de la fuite. Ordres de grandeur (fourniture +/− main-d’œuvre selon cas) :

  • Joints adhésifs : 5 à 20 € la fenêtre (souvent provisoire).
  • Remplacement de joints adaptés : 20 à 80 € de fourniture, plus pose si besoin.
  • Réglage de fenêtre par un pro : 80 à 200 € selon déplacement et complexité.
  • Reprise de calfeutrement (pourtour) : 150 à 400 € selon l’état et les finitions.
  • Isolation de coffre de volet : 50 à 250 € selon solutions et accessibilité.
  • Remplacement de fenêtre : très variable (dimensions, matériau, vitrage, pose), généralement plusieurs centaines à plus de 1000 € par unité.

Facteurs de prix : nombre de points de fermeture, état des tableaux, présence de volets roulants, type de finition (peinture/enduit), hauteur (échafaudage), et urgence (intervention en hiver).

Entretien et prévention

Un minimum d’entretien prolonge l’étanchéité et évite le retour des courants d’air :

  • Nettoyez les joints 1 à 2 fois/an (eau savonneuse), sans solvants agressifs.
  • Lubrifiez les ferrures (spray adapté) et vérifiez le serrage des vis.
  • Surveillez le mastic autour du cadre : une fissure se répare plus facilement tôt que tard.
  • Contrôlez le coffre de volet et sa trappe avant l’hiver.
  • Ventilez correctement : une bonne VMC stabilise l’humidité et limite la condensation.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Empiler des joints mousse sans traiter la cause (réglage ou joint d’origine) : la fermeture force et s’use.
  • Boucher les entrées d’air : gain de confort apparent, mais risque d’humidité, moisissures et air intérieur dégradé.
  • Calfeutrer à l’extérieur avec un mastic inadapté : fissuration rapide et infiltrations d’eau possibles.
  • Ignorer un ouvrant affaissé : plus on attend, plus les ferrures souffrent et le réglage devient délicat.
  • Confondre paroi froide et fuite d’air : si le vitrage est très ancien, l’amélioration viendra surtout du remplacement ou du survitrage.

Quand faire appel à un professionnel ?

Un artisan (menuisier, poseur de fenêtres) est recommandé si :

  • vous ne parvenez pas à localiser précisément l’entrée d’air ;
  • la fenêtre ferme mal, frotte, ou nécessite un réglage des paumelles/galets ;
  • le pourtour cadre/mur est dégradé (enduit fissuré, jour important) ;
  • vous suspectez un problème au coffre de volet ou une mauvaise pose ;
  • vous envisagez un remplacement et souhaitez dimensionner correctement (vitrage, Uw, ventilation, sécurité).

Un bon diagnostic sur place permet souvent de privilégier une réparation ciblée plutôt qu’un remplacement coûteux.

Conclusion

Pour corriger des fuites d’air par les fenêtres, l’essentiel est de distinguer l’origine : joint entre ouvrant et dormant, réglage de compression, calfeutrement périphérique, coffre de volet ou entrées d’air. En procédant par tests simples (feuille, fumée, inspection), vous identifiez rapidement la zone en cause et pouvez appliquer la solution la plus efficace : remplacement de joints, réglage des ferrures, reprise des joints de maçonnerie ou amélioration du coffre. Si la menuiserie est déformée ou très ancienne, le remplacement devient la réponse la plus durable pour le confort et les économies d’énergie.

FAQ

Comment savoir si c’est une fuite d’air ou juste un vitrage froid ?

Si vous sentez un courant d’air localisé (test de la main, feuille qui glisse, fumée déviée), c’est une infiltration. Si l’air ne circule pas mais que la surface est froide, c’est plutôt un manque d’isolation du vitrage (simple vitrage, vieux double vitrage) ou un pont thermique.

Est-ce utile de mettre un joint mousse partout ?

Le joint mousse peut dépanner, mais il vieillit vite et peut gêner la fermeture. Mieux vaut remplacer le joint adapté ou régler la compression, puis utiliser un joint mousse seulement en complément ponctuel si nécessaire.

Peut-on régler soi-même une fenêtre PVC qui laisse passer l’air ?

Souvent oui (galets excentriques, gâches), avec les bons outils et en petites corrections. Si la fenêtre frotte, si l’ouvrant est affaissé ou si vous n’identifiez pas le réglage, faites intervenir un professionnel pour éviter d’endommager la ferrure.

Pourquoi l’air semble venir du haut de la fenêtre ?

Un ouvrant légèrement affaissé ou une compression insuffisante en partie haute crée un jour. Cela peut aussi venir d’une entrée d’air (ventilation) située en haut : vérifiez si elle est présente et en bon état.

Faut-il boucher les entrées d’air en hiver ?

Non. Elles font partie du système de ventilation et évitent l’humidité. Si elles créent un inconfort, on peut les nettoyer, vérifier leur modèle (hygroréglable/auto-réglable) ou améliorer l’équilibrage de la VMC, mais pas les condamner.