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Comprendre la condensation sur une fenêtre
La condensation apparaît quand l’air humide entre en contact avec une surface plus froide : la vapeur d’eau se transforme alors en gouttelettes. Le phénomène est lié au point de rosée : plus l’air est humide, plus il condense facilement sur une surface froide (vitrage, dormant, pont thermique).
Une fenêtre qui condense n’est pas seulement un souci esthétique : à terme, l’humidité peut provoquer moisissures, odeurs, dégradation des joints, noircissement des tableaux, et parfois gonflement des menuiseries.
Diagnostiquer l’origine : intérieur, extérieur ou entre vitrages
1) Condensation côté intérieur (dans la pièce)
C’est le cas le plus courant. Elle indique généralement un excès d’humidité intérieure et/ou une surface de vitrage trop froide (vitrage peu performant, pont thermique, chauffage insuffisant près de la fenêtre).
2) Condensation côté extérieur (dehors)
Paradoxalement, c’est souvent un bon signe : un vitrage très isolant reste froid côté extérieur et la rosée se forme dehors, surtout le matin. Ce n’est pas un défaut, même si c’est gênant pour la visibilité.
3) Condensation entre les vitres (dans le double vitrage)
Là, c’est un signal clair de défaillance du double vitrage : l’étanchéité du vitrage isolant est rompue, l’air humide s’infiltre et condense à l’intérieur. La solution durable est le remplacement du vitrage (parfois du vantail complet selon le système).
Causes fréquentes dans une maison en France
Humidité intérieure trop élevée
Les sources principales sont la cuisine, les douches, le séchage du linge, et une forte occupation du logement. Dans un logement bien isolé mais peu ventilé, l’humidité s’accumule très vite.
- Indicateur utile : un hygromètre. Ciblez 40 à 60 % d’humidité relative (HR) en hiver.
- Au-delà de 65 % HR, la condensation devient fréquente sur les zones froides.
Ventilation insuffisante ou défaillante
Une VMC encrassée, des bouches fermées, des entrées d’air obstruées ou l’absence de ventilation (ancien logement) sont des causes majeures. La condensation est souvent plus marquée dans la salle de bain, la chambre et la cuisine.
Vitrage et menuiserie peu isolants
Un simple vitrage ou un ancien double vitrage laisse la surface intérieure refroidir, favorisant la buée. Des menuiseries aluminium anciennes (sans rupture de pont thermique) peuvent aussi condenser sur les profils.
Ponts thermiques et défauts de pose
Même avec un bon vitrage, une pose approximative peut créer des zones froides : manque d’isolation du tableau, rupture du cordon d’étanchéité, calfeutrement insuffisant, appui de fenêtre froid, coffre de volet roulant non isolé.
Chauffage mal réparti
Un radiateur absent sous la fenêtre, des rideaux épais collés au vitrage ou un manque de circulation d’air chaud créent un “mur froid” propice à la condensation.
Solutions durables (et efficaces) selon le cas
Si la condensation est côté intérieur : agir sur l’humidité et la ventilation
- Mesurez et ciblez : placez un hygromètre dans les pièces concernées. Si vous dépassez régulièrement 60–65 % HR, la priorité est la ventilation.
- Vérifiez la VMC : nettoyage des bouches, contrôle du débit, état du groupe, remplacement des gaines écrasées. Une VMC hygroréglable adaptée peut améliorer nettement le confort.
- Assurez les entrées d’air : ne bouchez pas les grilles sur les menuiseries (ou murs). Sans entrée d’air, la VMC n’extrait pas correctement.
- Adoptez des gestes “structurels” : couvercle sur les casseroles, hotte en extraction si possible, porte de salle de bain fermée pendant la douche, séchage du linge dans une pièce ventilée.
- Optimisez le chauffage : maintenez une température stable (évitez les grands à-coups). Dégagez l’espace devant les fenêtres pour que l’air circule.
Améliorer l’isolation de la fenêtre (solution durable)
Si votre vitrage est ancien, le gain peut être immédiat :
- Remplacement du vitrage (si la menuiserie le permet) : passer à un double vitrage performant (faible émissivité, gaz argon, intercalaire “warm edge”) augmente la température de surface intérieure et réduit la buée.
- Remplacement de la fenêtre : conseillé si les dormants sont déformés, si l’étanchéité à l’air est médiocre, ou si vous voulez améliorer aussi l’acoustique et la sécurité.
- Soigner la pose : la meilleure fenêtre du marché peut condenser si le tableau est un pont thermique. Une pose avec isolation périphérique et étanchéité conforme est essentielle.
Traiter les ponts thermiques autour de la menuiserie
Solutions courantes :
- Isolation des tableaux et du linteau (doublage isolant fin ou reprise plus complète selon place disponible).
- Isolation du coffre de volet roulant (kits d’isolation ou remplacement du coffre).
- Reprise de l’étanchéité à l’air (bandes, mastic adapté, compribande) pour supprimer les entrées d’air froid parasites.
Si la condensation est entre les vitres : remplacer le vitrage
Il n’existe pas de réparation fiable “maison” : percer ou déshumidifier ne restaure pas l’étanchéité durablement. La solution pérenne est :
- Remplacer le double vitrage aux bonnes dimensions et performances.
- Contrôler les parcloses, cales, joints et l’état du châssis.
Si la condensation est côté extérieur : limiter la gêne
Vous pouvez difficilement l’empêcher sans dégrader l’isolation. Pour réduire l’inconfort :
- Choisir un vitrage avec traitement limitant la buée extérieure (option possible chez certains fabricants).
- Améliorer l’exposition à l’air et au soleil (élagage, auvent adapté), sans bloquer la ventilation naturelle.
Coûts et facteurs de prix
Les prix varient selon dimensions, accès, région, gamme et complexité de pose. Ordres de grandeur (fourniture + pose, constatés couramment) :
- Remplacement d’un double vitrage : environ 200 à 500 € par vitrage, plus si vitrage spécifique (acoustique, sécurité, triple, grande taille).
- Remplacement d’une fenêtre complète : souvent 450 à 1 200 € par fenêtre en PVC, 700 à 1 800 € en alu, et 800 à 2 200 € en bois, selon options.
- Révision/maintenance VMC : 100 à 250 € pour un entretien simple, davantage en cas de remplacement du groupe.
Facteurs qui font monter la facture : dépose totale, reprise des tableaux, intégration volets roulants, vitrage feuilleté sécurité, couleur/bi-coloration, interventions en étage.
Entretien et prévention au quotidien
- Aérez intelligemment : 5 à 10 minutes de ventilation traversante, même en hiver, surtout après douche/cuisine.
- Nettoyez les joints et surveillez les moisissures : un joint encrassé retient l’eau et se dégrade.
- Contrôlez les grilles d’aération : dépoussiérez et ne les obstruez pas.
- Évitez les obstacles : rideaux collés au vitrage, meubles devant les entrées d’air, radiateurs enfermés.
- Surveillez l’humidité : un hygromètre à 10–15 € permet d’ajuster vos habitudes avant que les dégâts n’apparaissent.
Erreurs courantes à éviter
- Boucher les entrées d’air pour “supprimer les courants d’air” : vous aggravez l’humidité et les moisissures.
- Se contenter d’un déshumidificateur sans traiter la cause : utile en appoint, pas une solution structurelle si la ventilation est insuffisante.
- Changer uniquement le vitrage alors que la pose est en cause : pont thermique autour de la fenêtre = condensation persistante.
- Isoler sans ventilation : plus la maison est étanche, plus la VMC devient indispensable.
- Ignorer la condensation entre vitrages : c’est un vitrage HS qui perd en isolation et en visibilité.
Quand faire appel à un professionnel
Demandez un avis si :
- La condensation s’accompagne de moisissures récurrentes sur murs et plafonds.
- Vous observez de la buée entre les vitres (remplacement du vitrage nécessaire).
- Vous suspectez un défaut de pose, des infiltrations d’air ou d’eau, ou un coffre de volet roulant très froid.
- La VMC est bruyante, inefficace ou absente : un dimensionnement et une installation conformes changent tout.
Un bon diagnostic combine mesure d’humidité, contrôle de ventilation, inspection des joints/ouvrants, et parfois thermographie pour visualiser les ponts thermiques.
Conclusion
Une fenêtre qui condense n’a pas une seule cause : tout dépend de l’emplacement de la buée. Côté intérieur, la priorité est de rééquilibrer humidité et ventilation, puis d’améliorer l’isolation du vitrage et de la pose si besoin. Entre les vitres, le double vitrage est défaillant et doit être remplacé. En agissant méthodiquement (mesure, diagnostic, travaux ciblés), vous obtenez une solution durable et vous protégez votre logement des moisissures.
FAQ
Quel taux d’humidité idéal pour éviter la condensation sur les fenêtres ?
En hiver, visez généralement 40 à 60 % d’humidité relative. Au-delà de 65 %, la buée apparaît facilement sur les surfaces froides.
Pourquoi j’ai de la condensation sur des fenêtres neuves ?
Des fenêtres plus étanches réduisent les infiltrations d’air : si la ventilation n’est pas adaptée (VMC encrassée, entrées d’air insuffisantes), l’humidité reste piégée et condense malgré le double vitrage.
La condensation entre les vitres peut-elle disparaître ?
Elle peut varier selon la météo, mais elle indique une perte d’étanchéité du vitrage isolant. La solution durable est le remplacement du double vitrage.
Un déshumidificateur suffit-il pour régler le problème ?
Il peut aider ponctuellement (travaux, période très humide), mais si la cause est une ventilation insuffisante ou un pont thermique, la condensation reviendra. Il faut traiter la source.
Le triple vitrage supprime-t-il la condensation intérieure ?
Il réduit fortement le risque car la surface intérieure est plus chaude, mais il ne compense pas une humidité trop élevée ou une VMC défaillante. Ventiler reste indispensable.