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Règles et normes : ce qu’il faut connaître
En France, la référence pour les installations électriques domestiques est la norme NF C 15-100. En salle de bains, elle impose des contraintes spécifiques à cause de la présence d’eau et d’humidité. L’objectif : limiter le risque d’électrocution et assurer une installation durable.
Les volumes de sécurité (0, 1, 2…)
La salle de bains est découpée en volumes autour de la baignoire et de la douche, qui déterminent quels équipements électriques sont autorisés et avec quel niveau de protection.
- Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche.
- Volume 1 : au-dessus du volume 0, jusqu’à 2,25 m de hauteur (et dans l’emprise verticale de la baignoire/douche).
- Volume 2 : bande de 60 cm autour du volume 1, jusqu’à 2,25 m de hauteur.
- Hors volume : au-delà du volume 2.
Ces volumes guident notamment le choix de l’indice de protection IP des luminaires, et parfois la basse tension (TBTS) pour certains usages.
Protection différentielle et mise à la terre
La salle de bains doit être protégée par un dispositif différentiel 30 mA, indispensable pour couper le courant en cas de défaut. La présence et la qualité de la mise à la terre sont également essentielles, notamment pour les appareils et luminaires de classe I.
Conseil pratique : si vous rénovez une salle de bains ancienne, faites contrôler le tableau électrique et les protections avant d’ajouter des luminaires ou une ventilation.
Les zones de la salle de bains et l’éclairage adapté
Un bon éclairage de salle de bains combine généralement 3 niveaux : un éclairage général, un éclairage fonctionnel (miroir/vasque) et un éclairage d’ambiance.
1) Éclairage général (plafond)
Il assure une lumière homogène pour circuler, ranger, nettoyer. Les solutions courantes :
- Plafonnier LED étanche, efficace et simple.
- Spots encastrés (plafond), utiles pour répartir la lumière.
- Rail discret hors zones sensibles, pratique si vous ne pouvez pas encastrer.
Visez une lumière suffisamment puissante : une salle de bains trop sombre devient inconfortable, surtout en hiver.
2) Éclairage du miroir (zone vasque)
C’est la zone la plus critique pour le confort : maquillage, rasage, soins du visage. Le piège : un seul spot au plafond crée des ombres marquées.
Les options efficaces :
- Appliques de part et d’autre du miroir : rendu très flatteur, peu d’ombres.
- Bandeau LED au-dessus du miroir : simple, bon compromis.
- Miroir lumineux : esthétique et pratique, attention à la qualité de la LED et à l’anti-buée si souhaité.
3) Éclairage d’ambiance (détente)
Pour une ambiance spa, ajoutez une lumière douce et indirecte :
- Rubans LED dans une niche, sous un meuble vasque, derrière un miroir.
- Spots orientables vers un mur clair pour un effet « wash ».
- Variateur (dimmer) compatible LED pour adapter l’intensité.
Comment choisir ses luminaires (IP, classe, lumens, couleur)
Indice IP : protection contre l’eau et la poussière
L’indice IP indique la résistance du luminaire. En salle de bains, on retient surtout la protection contre l’eau :
- IPX4 : protégé contre les projections d’eau (souvent requis en volume 2).
- IPX5 : protégé contre les jets (utile près d’une douche ouverte).
- IPX7 : immersion temporaire (cas particuliers).
Choisissez l’IP en fonction de l’emplacement réel et des éclaboussures possibles, pas seulement de la théorie des volumes.
Classe électrique (I, II, III)
- Classe I : nécessite une terre (équipement métallique, par exemple).
- Classe II : double isolation, pas de terre (très courant).
- Classe III : très basse tension (TBTS), utilisée dans certaines zones proches de l’eau.
Puissance utile : raisonner en lumens, pas en watts
Avec la LED, la puissance en watts ne suffit plus. Pour une salle de bains, on vise souvent :
- Éclairage général : environ 200 à 300 lux (selon la taille et les surfaces).
- Zone miroir : environ 400 à 600 lux pour un usage confortable.
En pratique, cela se traduit par un plafonnier autour de 1500 à 3000 lumens selon la pièce, et un éclairage de miroir souvent entre 800 et 1500 lumens.
Température de couleur (Kelvin) et rendu des couleurs (CRI)
- 3000 K : blanc chaud, ambiance cosy (moins précis pour le maquillage).
- 4000 K : blanc neutre, excellent pour une salle de bains polyvalente.
- 5000 K et + : blanc froid, très technique, parfois jugé « clinique ».
Pour le miroir, visez un CRI ≥ 90 si possible : les teintes de peau sont plus fidèles, ce qui change vraiment le confort au quotidien.
Idées déco et ambiances lumineuses
Style hôtel : miroir rétroéclairé + bandeau doux
Associez un miroir rétroéclairé à un plafonnier discret. Ajoutez un variateur pour passer d’une lumière fonctionnelle à une ambiance relaxante.
Esprit spa : lumière indirecte et matériaux naturels
Un ruban LED caché sous une tablette, dans une niche de douche ou sous le meuble vasque crée une sensation de flottement. Combinez avec des matériaux clairs (bois, pierre, beige) pour maximiser la diffusion.
Look contemporain : spots alignés et accents noirs
Des spots encastrés (IP adapté) + une applique noire mate au-dessus du miroir fonctionnent très bien. Veillez à l’uniformité : mieux vaut plusieurs points modérés qu’un seul trop puissant.
Petite salle de bains : agrandir par la lumière
- Privilégiez des surfaces claires et un miroir large.
- Évitez les luminaires volumineux.
- Choisissez une lumière neutre (4000 K) et un éclairage du miroir bien réparti.
Étapes de mise en œuvre : du plan au raccordement
- Cartographier les volumes autour de la douche/baignoire et repérer les emplacements autorisés.
- Définir les usages : maquillage/rasage, bain détente, nettoyage, enfants, etc.
- Choisir les circuits : un circuit éclairage + éventuellement un circuit dédié miroir/ambiances (pratique avec variateur).
- Positionner les points : plafonnier/spot(s), éclairage miroir, rubans/niches.
- Sélectionner les luminaires : IP, classe, CRI, température de couleur, compatibilité variateur.
- Prévoir la ventilation : une VMC efficace réduit la condensation et prolonge la durée de vie des luminaires.
- Réaliser le raccordement : coupure au tableau, connexions dans boîtes adaptées, respect des sections, tests.
Astuce : prévoyez un éclairage “nuit” très doux (ruban LED avec détecteur) pour éviter l’éblouissement lors des réveils.
Entretien et durabilité
- Nettoyage : chiffon doux légèrement humide, sans produit abrasif sur les diffuseurs.
- Condensation : si des traces apparaissent dans un luminaire, vérifiez l’IP, les joints, et la ventilation.
- LED et drivers : un driver de qualité chauffe moins et dure plus longtemps. Évitez les luminaires premier prix dans une pièce humide.
- Remplacement : privilégiez des modèles avec source remplaçable ou marque reconnue pour faciliter la maintenance.
Erreurs fréquentes à éviter
- Éclairer uniquement au plafond : ombres sur le visage, inconfort au miroir.
- Sous-dimensionner la lumière : trop peu de lumens, surtout dans les salles de bains sombres.
- Choisir un IP insuffisant près de la douche ou d’une baignoire.
- Ignorer le CRI : rendu des couleurs médiocre au miroir.
- Placer un spot trop près du miroir : zones surexposées et éblouissement.
- Oublier le variateur (ou prendre un variateur non compatible LED) : scintillement, panne prématurée.
Quand faire appel à un professionnel
Un électricien ou une entreprise de rénovation est recommandé si :
- vous modifiez le tableau électrique, ajoutez des circuits ou des protections différentielles ;
- la salle de bains est ancienne (absence de terre, conducteurs vieillissants) ;
- vous souhaitez encastrer des spots au plafond avec contraintes d’étanchéité ;
- vous refaites la douche/baignoire et devez revalider les volumes et emplacements.
Au-delà de la conformité, un professionnel vous aide à optimiser l’implantation pour éviter les zones d’ombre et à sécuriser les raccordements en environnement humide.
Conclusion
Un bon éclairage de salle de bains combine sécurité et confort : respect des volumes et de la NF C 15-100, choix de luminaires avec un indice IP adapté, éclairage du miroir sans ombres et ajout d’une ambiance douce pour la détente. En planifiant vos points lumineux et en raisonnant en lumens, température de couleur et CRI, vous obtiendrez une salle de bains à la fois fonctionnelle, flatteuse au quotidien et agréable à vivre.
FAQ
Quel IP choisir pour un luminaire dans une salle de bains ?
Cela dépend de la zone. Près d’une douche, privilégiez au minimum IPX4 (projections), voire IPX5 si le luminaire peut recevoir des jets. Hors zones exposées, un IP moindre peut suffire, mais en salle de bains un IP44 est souvent un bon standard.
Quelle couleur de lumière est la meilleure pour se maquiller ou se raser ?
Un blanc neutre autour de 4000 K, avec un CRI élevé (idéalement ≥ 90), offre un rendu fidèle des couleurs et limite les mauvaises surprises en lumière du jour.
Combien de spots faut-il au plafond ?
Tout dépend de la surface, de la hauteur sous plafond et de la puissance (lumens) de chaque spot. L’objectif est une lumière uniforme : mieux vaut plusieurs points bien répartis qu’un seul point très puissant.
Peut-on installer un variateur dans une salle de bains ?
Oui, c’est même très utile pour passer d’un éclairage fonctionnel à une ambiance détente. Il faut un variateur compatible avec vos ampoules ou luminaires LED (sinon risque de scintillement).
Miroir lumineux ou appliques latérales : que choisir ?
Les appliques latérales donnent souvent le meilleur confort (moins d’ombres sur le visage). Un miroir lumineux est esthétique et pratique, à condition de choisir un modèle avec bon CRI et puissance suffisante.