Pourquoi demander plusieurs devis cuisine ?

Le devis cuisine n’est pas qu’un prix final : c’est un document qui détaille les meubles, les matériaux, les options, la pose et les conditions de vente. Demander au moins 2 à 3 devis permet de :

  • Vérifier la cohérence des prix (un devis anormalement bas est rarement une bonne nouvelle).
  • Comparer la qualité (épaisseur des panneaux, quincaillerie, type de plan de travail, garanties).
  • Identifier les prestations incluses (pose, dépose, plomberie, électricité, finitions).
  • Négocier sur des bases concrètes (options, électroménager, remise, reprise d’ancien).

Astuce : pour comparer correctement, partez d’un même cahier des charges (implantation, dimensions, gamme d’électroménager, type de plan de travail).

Ce qu’un devis cuisine doit contenir (obligatoire et indispensable)

Les mentions légales à vérifier

Un devis sérieux comporte a minima :

  • Identité du vendeur/entreprise (raison sociale, adresse, SIRET).
  • Date du devis et durée de validité.
  • Détail des prestations, prix HT/TTC, taux de TVA.
  • Conditions de paiement (acompte, échéancier).
  • Délais de livraison et/ou de pose.

Le niveau de détail technique attendu

Pour une cuisine, un devis exploitable doit détailler :

  • Implantation et plans (idéalement un plan coté).
  • Meubles : caissons, façades, finitions, dimensions, type d’ouverture (portes, tiroirs).
  • Quincaillerie : charnières, coulisses (amortisseurs, sorties totales…), marques si possible.
  • Plan de travail : matériau, épaisseur, chants, découpes (évier, plaque), crédence.
  • Électroménager : marques, références exactes, classe énergétique si indiqué.
  • Pose : ce qui est inclus/exclu (raccordements, ajustements, finitions).

Si le devis mentionne simplement « cuisine équipée » ou « meubles + pose » sans détails, vous ne pourrez pas comparer ni vous protéger.

Comment comparer deux devis cuisine sans se tromper

Comparer poste par poste (et pas seulement le total)

Deux devis au même prix peuvent cacher des différences majeures. Faites un tableau avec ces postes :

  • Meubles (nombre, type, rangements, qualité des caissons).
  • Façades (matière : mélaminé, stratifié, laqué, bois…).
  • Plan de travail (stratifié, compact, quartz, céramique…).
  • Crédence (même matériau que le plan, carrelage, inox…).
  • Évier/robinetterie (marques, gamme).
  • Électroménager (références exactes).
  • Pose et finitions.
  • Travaux annexes (plomberie, électricité, reprises murales, peinture).

Vérifier l’équivalence de qualité

Certains points sont déterminants :

  • Épaisseur des panneaux (caissons souvent 16 à 19 mm selon gammes).
  • Type de façades (mélaminé/stratifié : robuste ; laqué : esthétique mais plus sensible aux chocs selon finition).
  • Quincaillerie (coulisses et charnières de marques reconnues, amorties).
  • Plan de travail : résistance à la chaleur, aux rayures, à l’humidité (le stratifié n’a pas le même comportement qu’un quartz ou une céramique).

Comparer les garanties et le SAV

Regardez noir sur blanc :

  • Garantie meubles et quincaillerie.
  • Garantie électroménager (souvent fabricant).
  • Conditions de SAV (délais, interlocuteur, prise en charge).

Un devis moins cher avec un SAV flou peut coûter plus cher au premier problème de charnière ou de porte mal réglée.

Prix : fourchettes et facteurs qui font varier le devis

En France, le prix d’une cuisine varie fortement selon la taille, la gamme et les matériaux. À titre indicatif (hors travaux lourds), on rencontre souvent :

  • Entrée de gamme : environ 3 000 à 7 000 € (meubles + plan, électroménager basique, pose parfois en option).
  • Milieu de gamme : environ 7 000 à 15 000 € (meilleure quincaillerie, plus d’options, plan plus qualitatif).
  • Haut de gamme : 15 000 € et plus (sur-mesure, matériaux premium, équipements intégrés, finitions).

Les facteurs de prix principaux

  • Implantation : linéaire, L, U, îlot (l’îlot et le U augmentent les volumes et la pose).
  • Matériaux : plan de travail en quartz/céramique plus cher que stratifié ; façades laquées/bois plus coûteuses.
  • Options : casseroliers, angle LeMans, colonnes coulissantes, éclairage LED, prises intégrées.
  • Pose : niveau de difficulté (murs pas droits, sols non plans, ajustements, découpes).
  • Travaux préparatoires : déplacement de points d’eau, création de circuits dédiés, ventilation/hotte.

Arnaques et pièges courants : les repérer à temps

Les remises artificielles et l’urgence

Attention aux discours du type « -60 % valable seulement aujourd’hui ». Une remise peut exister, mais un vendeur sérieux vous laisse :

  • le temps de relire le devis,
  • de vérifier les références,
  • et de comparer.

Le devis incomplet (options ajoutées après)

Piège fréquent : un prix d’appel attractif, puis facturation après signature de postes comme :

  • découpes supplémentaires (plaque, évier, prises),
  • raccordements plomberie/électricité,
  • plinthes, joues de finition, fileurs,
  • dépose/évacuation de l’ancienne cuisine.

Exigez que ces éléments soient listés avec un prix, même à 0 € si inclus.

Acompte trop élevé ou modalités floues

Un acompte raisonnable dépend des pratiques, mais méfiez-vous des demandes très élevées sans garanties claires. Vérifiez :

  • à quoi correspond l’acompte (commande, fabrication, réservation de pose),
  • le calendrier de paiement,
  • les conditions en cas de retard ou de non-conformité.

Absence de visite technique ou métrés approximatifs

Sans prise de côtes sérieuse, le risque est simple : impossibilité de poser, trous mal placés, plan de travail non adapté. Idéalement :

  • une visite technique est réalisée avant commande,
  • les contraintes sont notées (arrivées/évacuations, prises, angles, faux aplombs).

Questions à poser avant de signer

  1. La pose comprend-elle les raccordements (évier, lave-vaisselle, hotte) ?
  2. Qu’est-ce qui est exclu précisément (plomberie, électricité, peinture, carrelage) ?
  3. Quelles sont les références exactes de l’électroménager et de la robinetterie ?
  4. Quel est le délai entre commande, livraison et pose ?
  5. Comment sont gérés les imprévus (murs pas droits, need de fileurs, retouche plan) ?
  6. Quels sont les documents fournis : plan côté, notice, conditions de garantie, PV de réception ?

Quand faire appel à un professionnel (et lequel)

Vous pouvez acheter une cuisine en grande enseigne et gérer la pose, mais un professionnel devient précieux si :

  • vous modifiez l’implantation (déplacement évier/plaque),
  • vous avez un îlot avec alimentation électrique,
  • vous refaites sol et murs,
  • le logement est ancien (aplombs, réseaux, ventilation).

Selon les cas, vous aurez besoin :

  • d’un cuisiniste pour la conception/coordination,
  • d’un poseur de cuisine expérimenté pour des finitions propres,
  • d’un plombier (arrivées/évacuations) et d’un électricien (circuits, normes, protections).

Bon réflexe : demandez un devis séparé pour les travaux annexes, afin de garder la maîtrise du budget.

Conclusion

Pour bien comparer une demande de devis cuisine, l’essentiel est de sortir du « prix total » et d’exiger un document détaillé : matériaux, références, prestations incluses, conditions et délais. Prenez le temps de comparer poste par poste, de vérifier les garanties et de clarifier tout ce qui pourrait être facturé après. Une cuisine réussie, c’est autant une question de conception et de qualité de pose que de budget : un devis clair est votre meilleure protection contre les mauvaises surprises.

FAQ

Combien de devis cuisine faut-il demander ?

Idéalement 2 à 3 devis, établis sur le même projet (mêmes dimensions, mêmes besoins). Au-delà, vous risquez surtout de comparer des configurations différentes.

Quelle différence entre devis cuisine et bon de commande ?

Le devis est une proposition chiffrée et détaillée. Une fois signé (avec mention « bon pour accord »), il peut valoir engagement. Le bon de commande formalise généralement la commande et les conditions de vente ; lisez attentivement les deux.

Comment savoir si le plan de travail est inclus ?

Cela doit apparaître comme une ligne dédiée : matériau, épaisseur, longueur, découpes, chants, crédence éventuelle. Si ce n’est pas écrit, considérez que ce n’est pas inclus.

Dois-je payer un acompte pour valider un devis cuisine ?

Souvent oui, surtout si la cuisine est commandée/fabriquée. Exigez un échéancier clair, un délai de livraison et des conditions en cas de retard ou de non-conformité.

Quels signaux d’alerte indiquent un risque d’arnaque ?

Remise « uniquement aujourd’hui », devis sans SIRET, absence de références produits, acompte très élevé, refus de visite technique, exclusions floues et pression pour signer.