Principe et types de clim sans unité extérieure

Contrairement à un split classique (une unité intérieure + un groupe extérieur), la climatisation sans unité extérieure regroupe les composants dans un seul appareil installé à l’intérieur. Pour rejeter la chaleur vers l’extérieur, elle utilise généralement deux ouvertures traversant le mur (entrée et sortie d’air) via des grilles discrètes en façade.

Les principales familles

  • Monobloc fixe « sans groupe extérieur » : appareil mural (souvent en haut de mur) ou console, avec deux traversées murales. C’est la solution la plus courante et la plus efficace dans cette catégorie.
  • Climatiseur mobile monobloc : sur roulettes, avec une gaine d’évacuation à passer par une fenêtre. Il n’est pas à confondre avec le monobloc fixe : plus simple à poser, mais généralement moins performant et plus bruyant.

Dans la suite, on parle surtout du monobloc fixe, celui qui vise réellement à remplacer un split quand l’extérieur est interdit.

Avantages : quand c’est une vraie bonne idée

La climatisation sans unité extérieure n’est pas une « solution miracle », mais elle répond à des situations très concrètes.

1) Compatible avec de nombreuses contraintes de façade

Si la pose d’un groupe extérieur est impossible (copropriété, bâtiment classé, façade sur rue), le monobloc fixe devient parfois la seule option de climatisation « installée ». Les grilles en façade sont souvent plus faciles à faire accepter qu’un gros groupe extérieur.

2) Installation plus simple qu’un split (souvent)

Pas de liaisons frigorifiques à tirer entre intérieur et extérieur, pas de support au sol, pas de gestion des vibrations du groupe. En pratique, l’installation se concentre sur :

  • le choix de l’emplacement,
  • le percement (carottage) des traversées,
  • l’évacuation des condensats,
  • l’alimentation électrique.

3) Moins d’impact sonore pour le voisinage extérieur

L’absence de groupe extérieur évite les nuisances sur cour ou sur balcon. C’est un point fort en copropriété, où le bruit des unités extérieures est une source fréquente de litiges.

Limites et inconvénients à anticiper

C’est ici que l’on passe de la promesse marketing à l’usage réel. Les inconvénients ne sont pas bloquants, mais ils doivent être clairement posés.

1) Plus de bruit à l’intérieur

Comme le compresseur et le ventilateur sont dans la pièce, un monobloc est généralement plus audible qu’un split, où la partie la plus bruyante est dehors. Pour une chambre, c’est un critère décisif : vérifiez le niveau sonore en dB(A) en mode nuit.

2) Rendement souvent inférieur à un split

À puissance équivalente, un split est souvent plus efficient (meilleur COP/EER). Un monobloc peut convenir pour une pièce, mais il peut peiner à rafraîchir de grands volumes ou des logements mal isolés.

3) Percements obligatoires et autorisations possibles

Le « sans unité extérieure » ne veut pas dire « sans travaux » : il faut percer la façade (deux trous en général). En copropriété, une autorisation d’assemblée peut être nécessaire. En secteur protégé, l’accord des architectes des bâtiments de France peut s’imposer.

4) Gestion des condensats

Comme toute clim, l’appareil produit de l’eau. Selon les modèles, les condensats sont :

  • évacués par gravité via un tuyau,
  • relevés par une petite pompe,
  • partiellement ré-évaporés.

Une mauvaise gestion des condensats peut provoquer des fuites, des odeurs ou des traces d’humidité.

Prix : combien ça coûte vraiment ?

Le budget dépend beaucoup de la configuration (mur porteur, épaisseur, accès façade, nécessité de nacelle), plus que de l’appareil seul.

Prix de l’appareil

  • Entrée/milieu de gamme : environ 900 à 1 500 €
  • Haut de gamme (silence, filtration, connectivité)
  • souvent : 1 600 à 2 500 €

Coût d’installation (ordre de grandeur)

  • Pose standard : 600 à 1 200 €
  • Carottage complexe / accès difficile / reprise électrique : 1 200 à 2 000 € et plus

À comparer : un split peut être plus cher à l’installation, mais plus performant. Le bon calcul est donc : coût total + confort + consommation.

Comment choisir le bon modèle

Pour éviter l’achat « gadget », basez-vous sur des critères mesurables.

1) La puissance adaptée à la pièce

En première approche, on raisonne en W/m², mais l’orientation, les vitrages, l’étage et l’isolation changent tout. Une pièce plein sud sous les toits n’a rien à voir avec un rez-de-chaussée ombragé. Un professionnel peut faire un dimensionnement simple mais réaliste.

2) Le niveau sonore

Visez un appareil annoncé avec un mode nuit réellement bas. Pour une chambre, c’est souvent le point qui fait la différence entre « bonne idée » et « regret ».

3) L’efficacité énergétique

Regardez la classe énergétique, l’EER/COP, et si l’appareil est réversible (clim + chauffage d’appoint). Une clim réversible sans unité extérieure peut être intéressante en intersaison, mais n’est pas toujours la solution la plus économique pour chauffer tout un logement.

4) Filtration et qualité de l’air

Filtres lavables, filtration fine, fonction déshumidification : utile si vous cherchez aussi à améliorer le confort en période humide.

5) Esthétique et intégration

Vérifiez l’encombrement, l’emplacement des grilles en façade et la cohérence avec l’agencement intérieur (meubles, circulation d’air, rideaux).

Installation : étapes et points de vigilance

Une installation correcte conditionne 80 % du résultat.

Étapes typiques

  1. Validation réglementaire : copropriété/mairie si nécessaire.
  2. Choix de l’emplacement : mur donnant sur l’extérieur, circulation d’air, accès pour l’entretien.
  3. Carottage : deux traversées murales, avec pente et étanchéité soignée.
  4. Pose de l’appareil : fixation, mise à niveau, anti-vibrations.
  5. Évacuation des condensats : gravitaire si possible (plus fiable), sinon pompe.
  6. Raccordement électrique : ligne dédiée si requis, protection adaptée.
  7. Mise en service et tests : débit d’air, bruit, étanchéité, écoulement des condensats.

Points de vigilance

  • Étanchéité des traversées : évite infiltrations et ponts thermiques.
  • Distance aux voisins : même sans groupe extérieur, l’air soufflé/rejeté peut gêner si mal positionné.
  • Accès à la façade : en étage, le coût peut grimper (sécurité, nacelle).

Entretien et durée de vie

Un entretien régulier améliore la performance, limite les odeurs et prolonge la durée de vie.

À faire soi-même

  • Nettoyer les filtres toutes les 2 à 4 semaines en période d’usage.
  • Dépoussiérer les entrées/sorties d’air.
  • Surveiller l’écoulement des condensats (aucune fuite, pas d’odeur).

À confier à un pro

  • Contrôle annuel conseillé : échangeur, ventilateur, condensats, performances.
  • Nettoyage approfondi (bactéries, moisissures) si odeurs persistantes.

La durée de vie dépend de la qualité, de l’usage et de l’entretien, mais un appareil bien posé et entretenu peut tenir une dizaine d’années ou plus.

Erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Sous-dimensionner la puissance : l’appareil tourne en continu, consomme plus et refroidit mal. Faites estimer les besoins réels.
  • Choisir uniquement sur le prix : le bruit et l’efficacité deviennent vite pénalisants au quotidien.
  • Ignorer l’évacuation des condensats : une pente mal faite ou une pompe bas de gamme = risques de fuite.
  • Installer sur un mur inadapté (trop épais, difficile d’accès, contraintes structurelles) : travaux plus lourds et résultat dégradé.
  • Mal traiter les autorisations : en copropriété, une pose sans accord peut mener à une obligation de dépose.

Quand faire appel à un professionnel

Si certains bricoleurs expérimentés envisagent la pose, la majorité des cas justifie un installateur :

  • carottage en façade (mur porteur, isolation par l’extérieur, pierre),
  • interventions en hauteur,
  • création d’une évacuation de condensats fiable,
  • dimensionnement et choix d’emplacement pour limiter le bruit,
  • mise en conformité électrique.

Un bon pro vous aidera surtout à éviter les erreurs irréversibles : emplacement, percements, étanchéité et confort acoustique.

Conclusion

La climatisation sans unité extérieure n’est ni une solution miracle, ni un gadget : c’est une réponse pragmatique aux logements où un groupe extérieur est interdit ou impossible. Elle peut très bien convenir pour rafraîchir une pièce de vie ou un petit appartement, à condition d’accepter un niveau sonore intérieur souvent plus élevé qu’un split et de soigner l’installation (percements, étanchéité, condensats). Avant de vous décider, comparez le coût total, la performance réelle et le confort au quotidien : c’est là que se joue le bon choix.

FAQ

Une clim sans unité extérieure est-elle vraiment efficace ?

Oui, pour une pièce correctement dimensionnée et un logement pas trop défavorisé (fortes baies au sud, combles mal isolés). Elle reste souvent moins performante qu’un split, mais peut apporter un vrai confort.

Faut-il une autorisation de la copropriété ?

Souvent oui, car il y a modification de façade (grilles). Mieux vaut demander l’accord avant travaux pour éviter tout litige.

Est-ce plus bruyant qu’une climatisation split ?

En général, oui : le compresseur étant à l’intérieur, le bruit perçu dans la pièce est plus élevé. Vérifiez les dB(A) et l’existence d’un mode nuit.

Peut-on chauffer avec une clim sans unité extérieure ?

Certains modèles sont réversibles et peuvent chauffer en intersaison. Pour un chauffage principal, tout dépend de la surface, de l’isolation et du coût d’électricité.

Quelle différence avec un climatiseur mobile ?

Le mobile évacue l’air chaud via une gaine sur fenêtre et est souvent moins efficace et plus bruyant. Le monobloc fixe traverse le mur avec deux conduits et offre généralement un meilleur confort.