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Comprendre ce qui coûte vraiment à long terme
Pour savoir si le chauffage électrique ou le gaz est le moins cher sur 10 à 20 ans, il faut regarder le coût global (souvent appelé coût total de possession) :
- Investissement initial : achat et pose des radiateurs ou de la chaudière, éventuels travaux (conduit, ventouse, raccordement gaz, électricité).
- Consommation annuelle : kWh utiles pour chauffer le logement, multipliés par le prix du kWh.
- Rendement : à l’électricité, le rendement au point d’usage est proche de 100% (1 kWh électrique ≈ 1 kWh de chaleur). Au gaz, une chaudière moderne (condensation) offre un excellent rendement, mais dépend de la qualité de l’installation et du régime de température.
- Entretien et contrôles : obligatoire pour une chaudière gaz, non obligatoire pour des radiateurs électriques (mais un entretien minimal reste conseillé).
- Durée de vie : radiateurs 15–25 ans, chaudière gaz souvent 12–20 ans selon modèle et entretien.
- Abonnements : abonnement électrique (souvent déjà nécessaire) et éventuel abonnement gaz (poste parfois sous-estimé).
- Évolution des prix : électricité et gaz ont des trajectoires différentes, avec une incertitude forte.
Autrement dit, le « moins cher » dépend de votre profil de consommation et de votre logement. Dans un logement très bien isolé, l’écart se réduit. Dans une grande maison mal isolée, la consommation domine tout.
Comparatif chauffage électrique vs gaz (sur le long terme)
Chauffage électrique : points forts et limites
- Avantages : installation simple, peu de maintenance, pas d’émissions sur site, régulation pièce par pièce (thermostats, programmations), investissement initial souvent plus faible.
- Inconvénients : coût du kWh généralement plus élevé que le gaz, risque de factures importantes en logements énergivores, nécessité d’une puissance électrique adaptée (disjoncteur/abonnement), confort variable selon la qualité des émetteurs (convecteurs anciens vs radiateurs à inertie).
À retenir : l’électrique peut être très compétitif dans un petit logement ou un logement très bien isolé, surtout avec une régulation efficace.
Chauffage au gaz : points forts et limites
- Avantages : coût du kWh souvent inférieur, adapté aux grandes surfaces, très bon confort avec radiateurs eau chaude ou plancher chauffant, chaudières à condensation performantes.
- Inconvénients : entretien annuel obligatoire, dépendance à un réseau (gaz de ville) ou à une cuve (propane), contraintes d’évacuation/ventilation, investissement initial plus élevé, émissions de CO2.
À retenir : le gaz reste souvent pertinent en maison avec réseau existant et une installation hydraulique, surtout si la consommation annuelle est importante.
Coûts à comparer : installation, entretien, durée de vie
Coût d’installation (ordre de grandeur)
Les montants varient selon la surface, le nombre d’émetteurs, la complexité et la région. Voici des repères utiles :
- Radiateurs électriques : de quelques centaines d’euros par radiateur (convecteur basique) à davantage pour des radiateurs à inertie ou connectés. La pose est souvent simple si les lignes électriques sont adaptées.
- Chaudière gaz + réseau de chauffage : la chaudière à condensation représente un budget plus élevé, auquel s’ajoutent parfois la fumisterie/évacuation, l’adaptation du réseau, le thermostat, l’équilibrage, voire la création d’un circuit d’eau chaude si le logement n’en a pas.
En pratique, si le logement est déjà équipé gaz (chaudière à remplacer), le coût d’entrée peut rester raisonnable. En revanche, créer un chauffage central complet pour remplacer de l’électrique est un projet lourd.
Entretien et frais récurrents
- Gaz : entretien annuel obligatoire de la chaudière, avec une facture récurrente. Des réparations peuvent survenir (circulateur, vanne 3 voies, échangeur, sonde, etc.).
- Électrique : pas d’obligation d’entretien, mais prévoyez le remplacement ponctuel d’un thermostat, d’un radiateur défaillant, et le dépoussiérage (meilleure convection, moins d’odeurs).
Durée de vie et renouvellement
Sur 20 ans, il est fréquent de devoir remplacer une chaudière (ou au moins réaliser des réparations coûteuses). Les radiateurs électriques peuvent durer longtemps, mais les modèles bas de gamme vieillissent moins bien (thermostat imprécis, inconfort, consommation accrue).
Méthode simple pour estimer votre coût annuel (et comparer)
Pour comparer de façon réaliste, partez de votre besoin de chaleur annuel (en kWh) ou de votre historique de consommation.
Étape 1 : estimer la consommation de chauffage
- Si vous avez déjà des factures : utilisez la consommation annuelle et isolez la part chauffage (plus simple en tout électrique sans ECS électrique, plus complexe si usages mélangés).
- Sans historique : un DPE ou un audit énergétique donne une estimation. À défaut, partez d’un ordre de grandeur selon isolation/surface, mais gardez une marge d’erreur.
Étape 2 : appliquer un coût par kWh « livré »
- Électrique : coût annuel ≈ kWh chauffage × prix du kWh + (part abonnement attribuée au chauffage si vous voulez affiner).
- Gaz : coût annuel ≈ (kWh chauffage / rendement réel) × prix du kWh gaz + abonnement gaz + entretien annuel.
Point important : une chaudière à condensation est plus intéressante avec des émetteurs basse température (plancher chauffant, radiateurs correctement dimensionnés, loi d’eau bien réglée). Si la chaudière tourne trop chaud, la condensation est moindre et le rendement baisse.
Étape 3 : lisser sur 10–20 ans
Ajoutez les coûts d’investissement et de remplacement :
- Électrique : remplacement partiel de radiateurs/thermostats.
- Gaz : remplacement chaudière potentiellement une fois sur 20 ans + entretien annuel.
Cette approche donne un résultat beaucoup plus fiable que de comparer uniquement « prix du kWh électricité vs gaz ».
Quel chauffage coûte le moins cher selon votre situation ?
1) Appartement bien isolé (petite surface)
Dans un appartement récent ou rénové (isolation correcte, fenêtres performantes), la consommation est modérée. L’électrique peut être très compétitif grâce à :
- un investissement initial limité,
- l’absence d’entretien annuel,
- une régulation fine pièce par pièce.
Dans ce cas, le gaz peut avoir du mal à « rentabiliser » ses coûts fixes (abonnement + entretien).
2) Maison de taille moyenne à grande, consommation élevée
Si votre besoin de chaleur est important, le poste « énergie » pèse lourd. Le gaz de ville avec chaudière à condensation devient souvent économiquement favorable, surtout si :
- le logement est déjà raccordé,
- vous avez un réseau de radiateurs eau chaude existant,
- la régulation est moderne (thermostat programmable, robinets thermostatiques, sonde extérieure).
3) Logement mal isolé : la priorité n’est pas le combustible
Dans une passoire thermique, changer de système sans traiter l’isolation revient souvent à déplacer le problème. Avant d’opposer chauffage électrique vs gaz, vérifiez :
- combles/toiture,
- murs,
- menuiseries,
- étanchéité à l’air et ventilation.
Une amélioration d’isolation peut réduire la consommation au point de rendre l’électrique acceptable, ou de diminuer fortement le budget gaz.
4) Propane (cuve) : prudence sur le long terme
Si vous n’avez pas accès au gaz de ville, le chauffage au propane peut être confortable mais le coût dépend fortement du contrat (prix de la tonne, location/maintenance de la cuve). À long terme, la facture peut être élevée. Comparez systématiquement avec d’autres options (électrique performant, voire solutions plus sobres) avant de vous engager.
Comment réduire la facture, quel que soit le système
Optimiser un chauffage électrique
- Remplacer les vieux convecteurs par des radiateurs à inertie ou à régulation précise (thermostat électronique fiable).
- Programmer : abaisser la température la nuit et en absence (sans sur-abaisser si le logement est humide ou difficile à réchauffer).
- Zoner : chauffer selon l’usage des pièces (chambres moins chauffées que le séjour).
- Vérifier la puissance souscrite : éviter de payer un abonnement trop élevé si ce n’est pas nécessaire.
Optimiser un chauffage au gaz
- Régler la loi d’eau (si applicable) pour favoriser les basses températures et la condensation.
- Installer un thermostat performant et utiliser des robinets thermostatiques sur les radiateurs (avec équilibrage hydraulique).
- Entretenir : un entretien sérieux améliore la sécurité et maintient les performances.
- Isoler les tuyaux dans les zones non chauffées (garage, cave) pour limiter les pertes.
Dans les deux cas, 1°C de moins en consigne peut réduire sensiblement la consommation de chauffage, sans forcément dégrader le confort si l’humidité est maîtrisée et l’isolation correcte.
Erreurs fréquentes qui faussent le “moins cher”
- Comparer seulement le prix du kWh en oubliant abonnement gaz et entretien.
- Surdimensionner : trop de puissance (chaudière trop grosse, radiateurs surpuissants) peut dégrader le rendement et le confort.
- Négliger la régulation : un bon thermostat et une programmation cohérente font souvent la différence.
- Ignorer l’isolation : changer d’énergie ne compense pas des pertes massives.
- Oublier la ventilation : une VMC en mauvais état peut augmenter l’humidité, donner une sensation de froid et pousser à surchauffer.
- Choisir un système « sur le papier » sans tenir compte des contraintes réelles (place, évacuation, état du conduit, tableau électrique).
Quand faire appel à un professionnel ?
Un avis professionnel est utile (et souvent rentabilisé) dans ces situations :
- Remplacement de chaudière gaz : dimensionnement, fumisterie, conformité, réglages (loi d’eau, équilibrage), sécurité.
- Projet de passage électrique → gaz : étude de faisabilité, coût réel des travaux (raccordement, création réseau hydraulique, radiateurs, percements).
- Factures anormalement élevées : diagnostic de consommation, vérification régulation, contrôle des déperditions, optimisation des réglages.
- Logement ancien : cohérence globale (isolation, ventilation, chauffage) pour éviter humidité et inconfort.
Demandez des devis détaillés précisant : puissance, type d’émetteurs, régulation, évacuation, mise en service, et hypothèses de consommation. Un bon devis explique aussi ce qui n’est pas inclus.
Conclusion
Sur le long terme, le chauffage au gaz (de ville) peut coûter moins cher dans les logements qui consomment beaucoup, à condition d’avoir une chaudière à condensation bien réglée et un réseau hydraulique pertinent. Le chauffage électrique devient souvent le plus économique dans les petites surfaces et les logements bien isolés, grâce à un investissement faible et à l’absence d’entretien, surtout avec une régulation moderne.
Le vrai levier, quel que soit le choix, reste la réduction des besoins (isolation, étanchéité, ventilation maîtrisée) et la qualité de la régulation. Pour décider, comparez en coût global sur 10–20 ans en intégrant abonnement, entretien et renouvellement.
FAQ
Le chauffage électrique est-il toujours plus cher que le gaz ?
Pas toujours. En logement bien isolé et de petite surface, les coûts fixes du gaz (abonnement + entretien) peuvent dépasser l’écart de prix du kWh. L’électrique peut alors revenir moins cher sur la durée.
Une chaudière gaz à condensation est-elle forcément rentable ?
Elle est surtout intéressante si elle condense réellement, donc avec des températures de retour assez basses et une régulation adaptée. Dans le cas contraire, le gain de rendement diminue et la rentabilité aussi.
Quels radiateurs électriques choisir pour limiter la facture ?
Privilégiez des radiateurs avec thermostat électronique précis, programmation et éventuellement détection d’ouverture de fenêtre. Les modèles à inertie améliorent souvent le confort et évitent la surchauffe.
Dois-je prendre en compte l’abonnement gaz dans le calcul ?
Oui. C’est un coût fixe annuel qui pèse beaucoup quand la consommation est faible (petits logements, régions douces, bonne isolation).
Si je passe du gaz à l’électrique, mon abonnement électrique va-t-il augmenter ?
Souvent oui, car la puissance nécessaire pour chauffer peut imposer une puissance souscrite plus élevée, surtout si vous avez d’autres usages électriques (ballon d’eau chaude, cuisson). Cela doit être intégré dans le calcul.