Ce que vous pouvez filmer… et ce qui est interdit

Autorisé : l’intérieur et les accès privatifs

Vous pouvez filmer :

  • les pièces de vie de votre maison, votre garage, votre cave (en restant proportionné) ;
  • vos accès privatifs : portail, allée, entrée, jardin si ces zones sont bien sur votre terrain ;
  • les abords immédiats de votre porte d’entrée à condition de ne pas filmer la voie publique (cas typique des sonnettes/caméras).

Interdit (ou à proscrire) : voie publique et propriété d’autrui

Il est en principe interdit de filmer :

  • la rue, le trottoir, le parking public, même « un petit bout » ;
  • l’entrée d’un voisin, son jardin, ses fenêtres, une terrasse mitoyenne ;
  • les parties communes d’un immeuble (hall, couloirs, ascenseur) en tant que particulier : cela relève de décisions de copropriété et d’un cadre spécifique.

Astuce technique : choisissez une caméra avec masquage des zones (privacy mask) ou réglage fin de l’angle, pour exclure la voie publique et les zones voisines.

Attention aux caméras avec audio

L’enregistrement du son est souvent plus intrusif que l’image. Pour un usage domestique, il est préférable de désactiver l’audio sauf nécessité réelle. Capturer des conversations de tiers peut entraîner des contestations et des risques accrus.

Panneaux, information et droits des personnes filmées

Dès lors que des personnes sont susceptibles d’être filmées (visiteurs, livreurs, artisans, baby-sitter, aide-ménagère), la bonne pratique est d’informer clairement.

Faut-il un panneau « vous êtes filmé » ?

Dans un cadre domestique strict, la loi ne vous impose pas toujours un formalisme identique à celui d’un magasin. Mais l’information reste fortement recommandée et peut vous protéger en cas de litige : un petit panneau à l’entrée du terrain ou sur la porte (caméra/sonnette) est simple et efficace.

Pour être utile, l’information doit indiquer :

  • l’existence du dispositif (caméra) ;
  • la finalité (sécurité du domicile) ;
  • qui contacter (vous) en cas de demande relative aux images.

Et si j’emploie quelqu’un à domicile ?

Si vous avez un salarié à domicile (ménage, garde d’enfants, assistance), la caméra ne doit pas conduire à une surveillance permanente et injustifiée. Informez la personne, limitez les zones filmées (évitez les espaces de repos, sanitaires), et n’enregistrez que si c’est nécessaire et proportionné.

Durée de conservation, accès aux images et sécurité

Combien de temps garder les images ?

Principe : conserver le moins longtemps possible. Pour une maison, une durée courte est généralement suffisante (quelques jours), le temps de constater un incident. Beaucoup de systèmes proposent 24 h, 48 h, 7 jours, parfois 30 jours : choisissez la durée la plus faible compatible avec votre besoin.

Qui peut voir les images ?

Limitez l’accès :

  • comptes utilisateurs nominatif si possible ;
  • mot de passe robuste et double authentification ;
  • pas de partage « public » du flux vidéo.

Évitez de diffuser des images de personnes (réseaux sociaux, groupe de voisinage). Même en cas de vol, la diffusion peut être illégale : privilégiez un dépôt de plainte et la transmission aux forces de l’ordre.

Sécuriser une caméra connectée

  • mettez à jour le firmware ;
  • désactivez les accès inutiles (UPnP, ports ouverts) ;
  • privilégiez un enregistrement local (NVR, carte SD) ou un cloud réputé, avec chiffrement ;
  • séparez si possible vos objets connectés sur un Wi-Fi invité.

Coûts d’installation et options qui changent la facture

Le prix d’une caméra de surveillance maison dépend surtout de la qualité d’image, du stockage et du niveau de sécurité.

Fourchettes de prix (matériel)

  • Caméra Wi-Fi intérieure : environ 30 à 150 €
  • Caméra extérieure (IP65/66, vision nocturne) : environ 60 à 250 €
  • Sonnette vidéo : environ 80 à 250 €
  • NVR + caméras filaires PoE (kit) : environ 250 à 1 000 €
  • Stockage cloud : souvent 3 à 15 €/mois selon la durée et le nombre de caméras

Facteurs de prix

  • résolution (1080p vs 2K/4K), HDR ;
  • détection (mouvement, personne, véhicule) et zones d’exclusion ;
  • stockage (carte SD, NVR, NAS, cloud) ;
  • pose (fixation, perçage, alimentation, passage de câbles) ;
  • interopérabilité (alarme, domotique) et qualité de l’application.

Étapes de mise en œuvre (sans se tromper)

  1. Définir le besoin : dissuasion, preuve, surveillance d’accès, réception de colis.
  2. Choisir les emplacements : privilégiez les points d’entrée (porte, garage, portail). Évitez les zones intimes.
  3. Vérifier le champ : assurez-vous que la caméra ne filme pas la rue ni chez le voisin. Utilisez le masquage si besoin.
  4. Choisir le stockage : local (plus autonome) ou cloud (plus simple mais payant).
  5. Installer et sécuriser : mots de passe forts, mises à jour, réseau Wi-Fi sécurisé.
  6. Régler la conservation : durée courte, effacement automatique.
  7. Informer : panneau discret à l’entrée et mention aux intervenants réguliers.
  8. Tester : de jour, de nuit, et en conditions réelles (contre-jour, pluie, notifications).

Erreurs fréquentes et risques en cas de non-respect

Erreurs courantes

  • filmer « un peu » la voie publique en pensant que c’est toléré ;
  • orienter la caméra vers une limite de propriété sans masquage ;
  • enregistrer le son par défaut ;
  • conserver des images pendant des mois sans raison ;
  • laisser un compte partagé ou un mot de passe faible ;
  • publier des vidéos de personnes identifiables sur internet.

Quels risques ?

En cas d’atteinte à la vie privée, un voisin ou une personne filmée peut demander le retrait/ajustement du dispositif et, selon les situations, engager une démarche (plainte, action civile). Au-delà des sanctions, le risque principal est le conflit de voisinage et la perte de valeur probante de vos images si l’installation est contestée.

Quand faire appel à un professionnel

Un installateur ou un électricien peut être pertinent si :

  • vous voulez un système filaire PoE (plus fiable, moins dépendant du Wi-Fi) ;
  • il faut passer des câbles, traverser des murs, ou poser en hauteur ;
  • vous souhaitez intégrer la caméra à une alarme ou une domotique ;
  • vous êtes en copropriété et avez besoin de clarifier les limites (parties communes).

Demandez un devis détaillé (matériel, main-d’œuvre, paramétrage, garantie) et faites préciser noir sur blanc l’orientation des caméras et les réglages de masquage.

Conclusion

Oui, installer une caméra de surveillance maison est légal en France, à condition de rester sur votre propriété et de respecter la vie privée des tiers. Les bons réflexes : cadrage strict, masquage des zones sensibles, durée de conservation courte, accès sécurisé, et information des personnes susceptibles d’être filmées. Avec ces bases, vous gagnez en sécurité sans créer de risque juridique ni de tensions avec le voisinage.

FAQ

Ai-je le droit de filmer la rue devant chez moi pour repérer les intrusions ?

En principe non : la voie publique ne doit pas être filmée par une caméra privée. Orientez la caméra vers vos accès (portail, allée) et utilisez le masquage pour exclure rue et trottoir.

Une sonnette avec caméra est-elle autorisée ?

Oui, si elle filme principalement votre porte/entrée et pas les voisins ni la voie publique. Réglez l’angle, activez si possible les zones d’exclusion et évitez l’enregistrement audio inutile.

Dois-je déclarer mes caméras à la CNIL ?

Pour un usage strictement personnel (caméra uniquement chez vous), il n’y a généralement pas de déclaration. En revanche, dès que l’usage sort du cadre domestique, les obligations de protection des données augmentent (information, minimisation, sécurité, durée de conservation).

Puis-je garder les enregistrements 30 jours « au cas où » ?

Il vaut mieux conserver le minimum. Quelques jours suffisent souvent pour constater un incident. Si vous gardez plus longtemps, vous devez pouvoir justifier la durée par un besoin réel.

Puis-je installer une caméra à l’intérieur pendant l’intervention d’un artisan ?

Oui, mais informez clairement l’artisan, évitez les zones sensibles (sanitaires, espaces privés), et ne surveillez pas de manière disproportionnée. L’objectif doit rester la sécurité du domicile, pas l’espionnage.